"Le Tour de France fait énormément pour l'écologie" : le syndicat des coureurs cyclistes répond au maire de Lyon

Franceinfo a interrogé Pascal Chanteur, président de l'Union nationale des cyclistes professionnels, après les propos très critiques de Grégory Doucet. L'élu écologiste a accusé l'épreuve d'être "machiste et polluante".

Le peloton du Tour de France 2020 lors de la 11e étape entre Chatelaillon Plage et Poitiers le 9 septembre.
Le peloton du Tour de France 2020 lors de la 11e étape entre Chatelaillon Plage et Poitiers le 9 septembre. (ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP)

La Grande Boucle n'a pas que des adeptes. Grégory Doucet, le nouveau maire écologiste de Lyon, s'en est pris au Tour de France dans une interview accordée jeudi 10 septembre au quotidien Le Progrès (article payant). L'élu reproche à l'épreuve d'être "machiste et polluante" et assure qu’il "aurait posé des conditions dès le départ" s’il avait eu à valider le passage de la course dans sa ville, où auront lieu l'arrivée de la 14e étape samedi et le départ de la 15e étape dimanche. Des critiques sur lesquelles la société qui organise la course, ASO, jointe par franceinfo, n'a voulu "faire aucun commentaire". L'ancien coureur Pascal Chanteur, désormais président de l'Union nationale des cyclistes professionnels (UNCP), a lui pris le temps de répondre à franceinfo.

Franceinfo : Comment réagissez-vous aux propos du maire de Lyon ?

Pascal Chanteur : Certaines personnes se permettent de critiquer en méconnaissant le sujet. Monsieur Doucet met d'abord en évidence le "machisme" de l'épreuve, en rappelant qu'il n'existe pas l'équivalent chez les femmes. Il faut lui rappeler que le Tour de France a fait partie des premières épreuves sportives à organiser un Tour féminin. Il a existé de 1984 à 1989. Pourquoi cette épreuve a disparu ? Cela s'explique par les contraintes financières, il était difficile pour ASO de trouver les fonds. Les collectivités, que ce soit les régions ou les municipalités, ainsi que les partenaires privés, ne s'impliquaient pas suffisamment. Mais le problème a été pris à bras le corps, tout le monde le réclame [l'épreuve devrait faire son retour à partir de 2022]. Quant à l'écologie, l'épreuve fait énormément. 

Quelles sont les mesures mises en place pour réduire l'impact écologique de la course ?

Tout d'abord, les coureurs font attention, notamment à l'endroit où ils jettent les bidons, qui sont biodégradables. Ils le font dans une zone dédiée et s'ils manquent au règlement, ils doivent s'acquitter d'une amende. Du personnel d'ASO est également chargé de nettoyer la zone après le passage du peloton. La plupart des voitures sont désormais hybrides et la voiture numéro 1 de l'organisation, celle de Christian Prud'homme, est totalement électrique. Mais il faut savoir que la course a ses contraintes.

Une voiture de la caravane du Tour où il est écrit \"c\'est mon Tour, je respecte l\'environnement\" lors de la 2e étape à Nice le 30 août 2020.
Une voiture de la caravane du Tour où il est écrit "c'est mon Tour, je respecte l'environnement" lors de la 2e étape à Nice le 30 août 2020. (JEF BAECKER / HANS LUCAS / AFP)

Lors des longues étapes où les arrêts et les redémarrages pour les véhicules sont fréquents, il faut qu'ils aient l'autonomie adéquate pour supporter la distance et les aléas de la course. C'est un peu facile de rejeter la faute sur un événement mondial, avec une telle notoriété et une telle visibilité. On prend bonne note des remarques, car on peut toujours mieux faire, mais chacun doit se remettre en question. Je ne suis pas sûr que Grégory Doucet inflige une amende à chacun de ses concitoyens qui jettent un papier ou un mégot par terre.

Les coureurs, eux-mêmes, sont-ils sensibles à ces questions ?

Les coureurs savent que leur terrain de jeu, c'est la voie publique. Ils ont une énorme conscience écologique, car ils évoluent en pleine nature. Le Tour de France devrait accueillir Grégory Doucet ce week-end, j'espère qu'il pourra suivre l'étape, qu'il sera présent au village pour constater l'attention qui est portée à l'écologie, le travail qui est fait notamment dans les équipes et l'organisation de l'épreuve, où des femmes ont des postes importants.