"Il faut respecter le maillot jaune", exhorte le directeur du Tour de France

Christian Prudhomme demande au public de respecter l'intégrité du maillot jaune, qui s'est plaint d'avoir reçu de l'urine de la part d'un spectateur.

Le Britannique Christopher Froome, porteur du maillot jaune, le 18 juillet 2015 entre Rodez et Mende.
Le Britannique Christopher Froome, porteur du maillot jaune, le 18 juillet 2015 entre Rodez et Mende. (JEFF PACHOUD / AFP)

De l'urine lancée sur le porteur du maillot jaune, des violences physiques sur ses coéquipiers... Entre Christopher Froome et le public français, l'ambiance est électrique. A tel point que le directeur du Tour de France, Christian Prudhomme, appelle les spectateurs à "respecter le maillot jaune".

"Le comportement de certains spectateurs, une minorité heureusement, est évidemment intolérable", a déclaré le directeur du Tour, dimanche 19 juillet avant le départ de la 15e étape à Mende, en jugeant "l'atteinte à l'intégrité du maillot jaune inacceptable". Christopher Froome a déclaré vendredi avoir reçu un verre d'urine en pleine figure de la part d'un spectateur qui l'a traité de "dopé". Un autre coureur de l'équipe Sky, l'Australien Richie Porte, a affirmé avoir reçu un coup d'un spectateur mardi lors du final de la 10e étape.

"Le coureur dominateur n'a jamais été aimé"

"Je condamne la stigmatisation faite autour du maillot jaune et je condamne surtout les actes qui se sont produits ces derniers jours, a insisté Christian Prudhomme. Oui, il faut respecter le maillot jaune. Merci aux supporters, à l'immense majorité qui le font".

Le patron de la Grande Boucle avance un début d'explication : "Le coureur dominateur n'a jamais été aimé dans l'histoire du Tour de France. C'était vrai avec Jacques Anquetil, c'était vrai avec Eddy Merckx, ça se produit là encore. Mais il y a un minimum de respect à avoir." "Il y a une sorte de frustration que vivent beaucoup de gens depuis plusieurs jours et la victoire frappante, marquante, de Christopher Froome dans la première étape pyrénéenne, et le fait que ceux que l'on présentait comme ses rivaux n'étaient pas à leur place", relève le directeur du Tour.

Un "écart" entre le récit des médias et la réalité ?

"Cette frustration est accentuée par le fait que les Français que l'on espérait étaient aussi plus loin, elle est augmentée par les propos de certains experts ou pseudo-experts qui font que les journaux, les radios et les télés sont remplis de doutes et de suspicions", a poursuivi Christian Prudhomme en notant "le grand écart insensé ces derniers jours entre ce qui se passait sur le terrain et ce qu'on pouvait lire et entendre par ailleurs".

Christian Prudhomme met également en cause les médias, critiqués par Froome : "Il y a forcément une corrélation entre ce qui est dit dans les journaux, à la télévision, à la radio et ce qui se produit au bord des routes. Il y avait un décalage total jusqu'à ces dernières 48 heures entre ce qui était écrit, ce qu'on lisait partout, et la réalité des gens au bord de la route, comme toujours très sympas. Bien sûr, et c'est l'ancien journaliste qui parle, ce qu'on écrit ou ce qu'on dit a une influence sur les esprits les plus faibles qui peuvent avoir ensuite une comportement intolérable, inadmissible."