Anne Hidalgo critiquée pour avoir fait un aller-retour en Falcon pour assister au Tour de France

La maire de Paris s'est d'abord justifiée en expliquant être montée à bord d'un avion transportant des échantillons antidopage pour les coureurs. Mais cette information a été démentie.  

Anne Hidalgo à Paris, le 16 juillet 2019. 
Anne Hidalgo à Paris, le 16 juillet 2019.  (RICCARDO MILANI / HANS LUCAS / AFP)

La polémique enfle pour Anne Hidalgo, à moins d'un an des municipales parisiennes. Invitée vendredi 26 juillet, pour assister à la 19e étape du Tour de France entre Saint-Jean-de-Maurienne et Tignes, la maire de Paris s'est rendue sur place en Falcon, a révélé mercredi 31 juillet Le Canard enchaîné. L'étape ayant été écourtée à cause de la grêle, l'aller-retour entre Le Bourget et Chambéry a été effectué dans la même journée, d'après le média. 

"Son Vélib' avait sûrement un pneu crevé", raille l'hebdomadaire satirique, en référence aux convictions écologiques d'Anne Hidalgo. Sur place, elle a d'ailleurs fait la promotion du vélo dans une interview accordée au Dauphiné Libéré : "J’aime le vélo, je le pratique, et j'essaye de faire de Paris une ville de cyclistes", a déclaré la maire de la capitale.

"Eviter que l'avion ne vole à vide" 

Les critiques n'ont pas tardé. "Dépenser le bilan carbone annuel de Greta Thunberg en 24 heures, Anne Hidalgo l'a fait", a ainsi tweeté un club de réflexion créé par Antonio Duarte (un ex-prétendant à la candidature LREM, désormais soutien de Benjamin Griveaux). 

Contacté par France 3, le cabinet d'Anne Hidalgo s'est dans un premier temps défendu, estimant qu'il "n'y a pas de polémique". Selon la municipalité, le Falcon fait régulièrement des allers-retours pour transporter les fioles servant aux tests antidopage pour les cyclistes : "L'avion voyageait à vide, ce n'est pas un vol affrété spécialement. Les organisateurs du Tour de France en profitent juste pour inviter des personnalités." 

"Les échantillons sont acheminés en voiture"

Mais cette explication ne tient pas, selon le directeur du département des contrôles de l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD), Damien Ressiot, contacté par CheckNews. "Les échantillons sont acheminés chaque jour en voiture, depuis le contrôle jusqu'au laboratoire de Châtenay-Malabry, où ils sont analysés", assure-t-il, ce que confirme une autre source interne à l'AFLD au média. 

Je me rappelle, quand je couvrais le Tour pour 'L’Equipe', il y avait bien un jet privé, non pas pour les échantillons, mais pour les VIP.Damien Ressiot à CheckNews

Contacté par Le Figaro après ces dernières informations, l'entourage d'Anne Hidalgo assure avoir été informé par la société organisatrice du Tour de France, Amaury Sport (ASO), que l'avion contenait les fioles. "Qu'Anne Hidalgo soit montée ou pas, l'avion aurait fait cet aller-retour. On a répondu à une invitation, il y avait une vingtaine de personnes. La ville n'a pas déboursé un sou, il n'était pas affrété par nos soins", a-t-on affirmé au quotidien.