Roland-Garros 2021 : de retour en deuxième semaine, Serena Williams en pleine renaissance

Depuis son retour de maternité en 2017, Serena Williams court après son 24e Grand Chelem pour égaler le record mythique de Margaret Court.

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France Télévisions
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Serena Williams célèbre sa victoire au troisième tour de Roland-Garros 2021, le 4 juin. (JEAN CATUFFE / JEAN CATUFFE)

C’est ce qui s’appelle remettre les pendules à l’heure. Après une préparation pas franchement convaincante sur terre battue (deux défaites en trois matchs, pour une seule victoire contre la 572e mondiale…), Serena Williams s’est hissée en deuxième semaine de Roland-Garros pour la première fois depuis 2018. Au 4e tour, l’Américaine affrontera la jeune promesse kazakhstanaise Elena Rybakina (21e mondiale).

À 39 ans, et pour sa dix-huitième participation aux Internationaux de France, Serena Williams est donc toujours en lice pour décrocher sa quatrième couronne Porte d’Auteuil, ce qui serait surtout son 24e titre en Grand Chelem. De quoi enfin égaler le record de Margaret Court (établi entre 1960 et 1973). Un record absolu, à faire pâlir Nadal et Federer du haut de leurs 20 titres, mais surtout une quête derrière laquelle l’Américaine court depuis quatre ans.

Williams, puissance 24 ?

Après la naissance de sa fille en septembre 2017, Serena Williams a disputé quatre finales de Grand Chelem, mais aucune ne lui a souri, que ce soit à Wimbledon (2018, 2019) ou à l’US Open (2018, 2019). Pas de quoi décourager la championne américaine, qui arbore un message clair sur ses baskets depuis le début de la quinzaine : "Je ne m'arrêterai jamais".

Et l’obsession pourrait enfin payer, pour celle qui occupe déjà les trois premières places du classement des gagnantes les plus âgées d’un Grand Chelem avec ses sacres à l’Open d’Australie en 2017 (35 ans et 4 mois), et à Wimbledon en 2015 (33 ans et 9 mois) et 2016 (34 ans et 9 mois).

Sauf que depuis son retour de maternité, Serena Williams n’a ajouté qu’un seul titre à sa collection totale de 73 sacres, dont 23 en Grand Chelem. C’était en 2020 à Auckland. Au passage, la cadette des sœurs Williams est devenue la première joueuse à remporter un titre sur quatre décennies différentes.

Un premier record, mais toujours pas celui du nombre de victoires en Grand Chelem. Depuis, le sort s’acharne et les blessures se succèdent pour l’Américaine. À 39 ans, Serena Williams n’est plus l’ogre du circuit féminin qu’elle était il y a quelques années, mais son appétit reste vorace.

Et au moment où on ne l’attendait plus forcément, d’autant que la terre battue est la surface où elle brille le moins, l’Américaine se retrouve en deuxième semaine d’un Roland-Garros peut-être bien à sa portée. D’abord, parce que Williams a retrouvé son tranchant, sa forme et sa hargne Porte d’Auteuil, après ses deux sorties de route précoces à Rome et à Parme en mai.

"Quand les gens lui disent 'elle ne peut pas', cela lui donne une motivation supplémentaire, alors dites à Francesca Schiavone de le dire plus fort pour que je puisse m’assurer que Serena puisse l’entendre", prophétisait ainsi son entraîneur français Patrick Mouratoglou il y a peu sur les antennes de Sky Sports.

Briller à l'ombre des spotlights

Prophétie ou pas, Serena Williams a bien repris du poil de la bête depuis son arrivée à Paris, en témoigne sa dernière sortie face aux micros, pleine de confiance.

Aujourd’hui, en particulier, toute cette semaine même, j’avais vraiment besoin d’une victoire, de remporter des matchs difficiles, des sets. Je devais être menée et pourvoir remporter le match. Je devais me trouver moi‐même, savoir qui je suis. Personne d’autre n’est Serena Williams.

Serena Williams

en conférence de presse

La reine est de retour. Mieux encore : la plupart de ses rivales sont hors circuit. Aryna Sabalenka, Simona Halep, Naomi Osaka, Ashleigh Barty… Des principales favorites, il ne reste que la tenante du titre : la Polonaise de 20 ans Iga Swiatek. Mais, la partie de tableau étant en faveur de Williams, elle ne rencontrerait cette dernière qu’en finale. Encore faut-il y arriver.

Cinq ans après sa dernière finale à Roland-Garros, sa seule perdue, l’Américaine a tout à gagner Porte d’Auteuil cette semaine, puisque personne ne la voyait aller au bout de ce Grand Chelem, qu’elle a certes gagné trois fois, mais qui est celui qui lui réussit le moins comparé à ses six victoires à l’US Open, et à ses sept succès à l’Open d’Australie et Wimbledon. Le jardin d’Auteuil n’étant pas vraiment celui de Williams, la voir y égaler ce record qui la fuit depuis quatre ans serait une douce ironie.

Surtout, quatre ans après sa grossesse, et alors que certains n’hésitent pas à parler de déclin, cela serait un formidable pied de nez aux critiques, et une nouvelle preuve que l’on peut donner la vie et ensuite retrouver les sommets, même à 39 ans. Comme une certaine … Margaret Court qui, en 1973, a gagné l'Open d'Australie, Roland-Garros et l'US Open un an après avoir accouché. Plus récemment, on se souvient aussi de Kim Clijsters et de ses trois titres de Grand Chelem après la naissance de sa fille, en février 2008 (US Open 2009 et 2010, Open d'Australie 2011), pour ne citer que des tenniswomen.

Cerise sur le gâteau, Serena Williams deviendrait aussi la joueuse à détenir le plus de titres majeurs en simple devant Steffi Graff, les deux femmes étant pour l’heure à égalité avec 29 succès (23 Grand Chelem, 5 Masters et 1 médaille olympique pour l’Américaine). Mais cela passe par la Porte d’Auteuil, et la route est encore longue.

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