Pourquoi Marion Bartoli arrête le tennis

La numéro 1 française vient d'annoncer qu'elle prend sa retraite sportive, tout juste six semaines après avoir remporté le tournoi de Wimbledon. Explications.

Marion Bartoli après sa victoire contre Sabine Lisicki, en finale du tournoi de Wimbledon (Royaume-Uni), le 6 juillet 2013.
Marion Bartoli après sa victoire contre Sabine Lisicki, en finale du tournoi de Wimbledon (Royaume-Uni), le 6 juillet 2013. (TOM JENKINS / THE GUARDIAN / SIPA)

Stupéfaction dans les tribunes. Marion Bartoli met un terme à sa carrière sportive, à seulement 28 ans. "C'était le dernier match de ma carrière", a déclaré la joueuse de tennis française, en larmes, mercredi 14 août, après sa défaite au deuxième tour du tournoi WTA de Cincinnati (Etats-Unis) contre la Roumaine Simona Halep. Pourtant, sa victoire à Wimbledon, début juillet, semblait avoir galvanisé la numéro 1 française (et numéro 7 mondiale). Francetv info décrypte les trois raisons de cet arrêt soudain.

Parce que son corps est "à bout"

C'est la première raison donnée par Marion Bartoli. Dans un entretien à L'Equipe, elle détaille ses récentes blessures et sa souffrance physique. "Mon tendon d'Achille me fait mal. J'ai du mal à marcher sur le terrain, alors courir, c'est encore plus dur. Et mon épaule et mes hanches et le bas du dos…" raconte-t-elle, le visage épuisé.

A 28 ans, "j'ai le corps d'une joueuse de tennis qui a été utilisé pendant de nombreuses années. Mon corps est juste à bout", ajoute-t-elle. "Je suis sur le circuit depuis si longtemps, et j'ai vraiment forcé et tout donné pendant ce Wimbledon", début juillet, pour emporter la victoire sans perdre un seul set de tout le tournoi britannique. 

Parce qu'elle a atteint son "Graal absolu"

Cette victoire à Wimbledon était son "Graal absolu", comme elle l'avait déclaré au soir de son sacre (qui lui a par ailleurs permis d'empocher 1,8 million d'euros). "Elle avait travaillé toute sa vie pour ça avec son papa, son entraîneur", explique Didier Lanne, coach sur le circuit professionnel, contacté par francetv info, "une fois le but atteint, c'est dur de se recomposer". "Emotionnellement, il faut comparer ça au cas de Yannick Noah après sa victoire à Roland Garros en 1983", estime le coach.

Le joueur français a décrit lui-même le "vide" ressenti, à tout juste 23 ans. "Quand tu as atteint un objectif aussi élevé, après tu as un sentiment de vide (…) Tu peux tomber en dépression. J'étais déstabilisé. J'ai eu une descente, derrière, de deux mois, trois mois", expliquait Yannick Noah à Metro, pour les 30 ans de sa victoire. D'autres ont craqué dans des conditions similaires. Devenu numéro 1 mondial à 24 ans, à l'aise sur toutes les surfaces, le Suédois Mats Wilander a perdu de sa superbe et n'a plus gagné aucun tournoi du Grand Chelem après 1988.

Parce qu'il n'y a pas que le tennis dans la vie

Les joueurs qui s'arrêtent aussi tôt sont devenus rares. "Les joueurs ont des carrières plus longues, car le Top 100, le classement où on commence à gagner de l'argent, est serré. Ils y entrent plus tard et y restent le plus longtemps possible", explique Didier Lanne. D'où la surprise, à l'annonce de Marion Bartoli, numéro 7 mondiale à 28 ans, qui pouvait encore espérer de belles années. "C'est tôt pour arrêter, mais elle a probablement d'autres choses à vivre", estime le coach.

Marion Bartoli le confirme : "Il y a tellement d'autres choses à faire dans la vie que de jouer au tennis", a-t-elle déclaré à L'Equipe. Mais elle n'a pas encore décidé quelle voie elle allait suivre. "J'ai juste besoin d'un peu de temps pour réaliser et y penser."