Patinage : contraint à la démission de la fédération début 2020, Didier Gailhaguet fait condamner l'État

L'Etat a été condamné à verser 5 000 euros à l'ancien président de la fédération française des sports de glace (FFSG) au titre de préjudice moral.

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Didier Gailhaguet après sa démission de la Fédération française des sports de glace, en février 2020. (PHILIPPE LOPEZ / AFP)

Une victoire symbolique pour l'ancien patron du patinage français : Didier Gailhaguet a fait condamner vendredi 15 janvier l'Etat à lui verser 5 000 euros, au titre du préjudice moral, pour avoir fait "pression" pour obtenir sa démission de la fédération début 2020, à cause d'un scandale de violences sexuelles au sein de la discipline.

Une "pression" du ministère

Dans cette décision, consultée lundi 17 janvier par l'AFP, le tribunal administratif de Paris estime que la ministre des Sports Roxana Maracineanu a "exercé une pression [...] décisive" pour l'amener à démissionner, empêchant la Fédération française des sports de glace (FFSG) "de se prononcer librement sur le sujet".

Début 2020, l'ex-patineuse Sarah Abitbol début 2020 avait accusé son ex-entraîneur Gilles Beyer de viols et d'agressions sexuelles répétés, commis alors qu'elle avait entre 15 et 17 ans au début des années 1990. Didier Gailhaguet, patron historique de la FFSG, avait été rapidement pris dans la tourmente, soupçonné d'avoir protégé Gilles Beyer, puis contraint à la démission après un long bras de fer avec la ministre des Sports, Roxana Maracineanu. L'ex-tout puissant patron de la FFSG, qui estimait sa démission forcée, avait d'abord fait un recours administratif sans succès, puis avait porté l'affaire devant le tribunal administratif de Paris en juin 2020.

Préjudice moral

Le tribunal a ainsi considéré que "l'image et la réputation" de Didier Gailhaguet avaient "été atteintes", notamment car "les faits allégués n'étaient pas encore établis et ne pouvaient lui être imputés", et lui a accordé 5 000 euros de préjudice moral (il demandait 150 000 euros à ce titre).

Dans un communiqué, ses avocats Mes William Bourdon et Vincent Brengarth, ont salué une décision "exceptionnelle" qui "sanctionne l'immixtion d'une ministre (...) à des fins purement politiques". "Elle lui rend [à Didier Gailhaguet] son honneur injustement bafoué au sein de la communauté des sports de glace et plus généralement du mouvement sportif national", d'après eux. "C'est aussi la liberté des clubs, des ligues et du mouvement sportif national qui est protégée contre l'interventionnisme d'une ministre."

La justice administrative a en revanche refusé à l'ancien président de la FFSG les 152 550 euros qu'il réclamait, correspondant aux 27 mois d'indemnités qu'il aurait touchées selon lui s'il était allé au bout de son mandat.

À la suite des révélations de Sarah Abitbol, le ministère des Sports avait diligenté une enquête auprès de l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (IGESR). Son rapport égratignait le fonctionnement de la FFSG marqué par "une forte concentration des pouvoirs", notamment entre les mains de Didier Gailhaguet, source d’une "forme d’omerta".

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