Sotchi : pas de ferveur, vraiment ?

DE NOTRE ENVOYE SPECIAL | Depuis le début des Jeux olympiques de Sotchi, il y a bientôt deux semaines, beaucoup d'observateurs se plaignent du manque de ferveur autour de l'événement. Si les animations proposées aux spectateurs font effectivement souvent un bide, ce n'est pas le cas des épreuves. Le public, et surtout les supporters russes, sont au rendez-vous.

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Le "Sotchi bashing" est toujours à la mode. Après les retards dans le chantier olympique, les malfaçons dans les hôtels, la dernière tendance est à la critique de l'ambiance des Jeux olympiques. Depuis le début des JO en effet, beaucoup de spécialistes, plusieurs Jeux au compteur, évoquent un manque de ferveur autour de l'événement débuté le 7 février dernier. Une critique qui peut s'entendre, mais qu'il s'agit, aussi, de nuancer.

Le prix des places

La scène se passe au coeur du parc olympique. Une chanteuse folklorique russe tente d'enflammer la foule depuis une scène dressée dans les allées. Face à elle, trois personnes, dont un journaliste. La scène n'est pas rare à Sotchi, Adler, Krasnaya Polyana ou Rosa Khutor. Les animations mises en place par les organisateurs pour provoquer la ferveur ne semblent pas toujours fonctionner. A Sotchi par exemple, où aucune épreuve n'est organisée, la vie suit son cours, comme si les Jeux olympiques n'existaient pas. La station balnéaire garde son calme.

Ici, comme ailleurs, les mesures de sécurité, par peur d'un attentat terroriste, dissuadent peut-être la population.

Mais peut-on juger des JO sur les animations ? Certainement pas. Car les points de vente de tickets au jour le jour, disséminés sur tous les sites olympiques, ne désemplissent pas. Et malgré les prix élevés pour la population moyenne russe (jusqu'à 200 euros), les billets trouvent preneurs. Les épreuves sont ainsi surtout fréquentées par des Russes, originaires de la région ou pas, au pouvoir d'achat élevé.

Ferveur patriotique

Evidemment, ce sont donc surtout les spectateurs russes qui mettent l'ambiance lors des épreuves. Souvent maquillés aux couleurs blanc-bleu-rouge du drapeau national, ils n'hésitent pas à encourager leurs champions. Le meilleur exemple étant le hockey sur glace, au Dôme de Glace Bolchoï. La furie des spectateurs s'y déchaîne. Comme ce fut le cas à l'occasion du match contre les Etats-Unis la semaine dernière.

Dans les allées du parc olympique, il y a toujours la queue devant le pavillon de l'équipe russe. Une queue qui a l'air de ne jamais rétrécir.

Et les étrangers ?

Les difficultés d'accès et les mesures de sécurité n'incitent pas les spectateurs originaires d'autres pays à faire le déplacement. Pourtant, on retrouve à Sotchi les représentants des grandes nations qui brillent traditionnellement aux Jeux olympiques d'hiver : Etats-Unis, Canada, Norvège...

Pour autant, à de multiples exceptions près quand même, il s'agit souvent de la famille ou des amis de compétiteurs en piste. Ce qui donne tout de même une ambiance chaleureuse, notamment dans les tribunes du parc extrême ou de ski alpin, poussée par des enceintes qui crachent une musique assourdissante à longueur de journée.

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Côté français, pas de vague bleue. Les rares supporters croisés sont, pour le coup, des proches des athlètes, qui se retrouvent le soir au Club France à Rosa Khutor. Mention spéciale à la famille de Chloé Trespeuch, médaillée de bronze en snowboard cross, qui a réussi à mettre l'ambiance à elle toute seule à la fin de l'épreuve.

Les Jeux olympiques de Sotchi ne manquent pas d'ambiance. Mais il est certain que, contrairement aux infrastructures, la ferveur ne s'achète pas. Il manque sûrement un peu d'authenticité à ces Jeux, celle que pourrait amener toute une partie de la population russe mise à l'écart de cet événement planétaire.