Guy Novès : "De mon côté, il n'y a pas de haine, dans l'autre sens, c'est peut-être différent"

Guy Novès, l'ancien sélectionneur de l'équipe de France de rugby, conteste son licenciement pour "faute grave", en 2017. Et renvoie le président de la FFR, Bernard Laporte, à ses responsabilités.

Guy Novès, au conseil de prud\'hommes, à Toulouse, le 14 février 2019.
Guy Novès, au conseil de prud'hommes, à Toulouse, le 14 février 2019. (ERIC CABANIS / AFP)

L'ancien sélectionneur de l'équipe de France de rugby, Guy Novès, était devant les Prud'hommes à Toulouse, jeudi 14 février. Il conteste son licenciement fin 2017 par la Fédération française de rugby (FFR) et réclame 2,9 millions d'euros pour cette mise à l'écart par Bernard Laporte, président de la Fédération. "De mon côté, il n'y a pas de haine du tout. Mais il me semble que dans l'autre sens, c'est peut-être différent", déclare-t-il vendredi 15 février sur franceinfo. Le conseil des prud'hommes rendra sa décision le 8 avril.

franceinfo : Comment avez-vous vécu l'audience au conseil des prud'hommes ?

Guy Novès : L'audience en elle-même était évidemment très dure à supporter surtout quand on entend le tissu de mensonges évoqué par l'avocat de la Fédération française de rugby. Ça fait 14 mois que ça dure et ça fait 14 mois que je ne dis rien, que je subis une forme d'agression par le biais des médias notamment par rapport à ce que j'ai vécu.

L'avocat de la Fédération française de rugby vous accuse d'avoir un "orgueil poussé à l'extrême" et de ne pas supporter l'autorité. Est-ce vrai ?

Il faut demander aux personnes avec lesquelles j'ai travaillé pendant 30 ans ou 40 ans au Stade toulousain, trois générations de joueurs, au président M. Bouscatel qui était mon patron... Il faut demander si, lorsque j'ai travaillé 21 ans au collège de Pibrac [où il a été professeur de sport] je n'ai pas supporté ma hiérarchie. Mes élèves aujourd'hui soutiennent mon action sur les souvenirs qu'ils ont de moi. Quand on entend l'avocat qui est là pour défendre les intérêts de la Fédération, il est tout à fait logique qu'il essaie de trouver des arguments pour essayer d'enfoncer la partie adverse. C'est ce que ce monsieur [Me Joseph Aguera, avocat de la FFR] a essayé de faire tout au long de ce réquisitoire.

Au fond, c'est un réglement de comptes qui vous oppose au président de la FFR, Bernard Laporte ?

Moi je n'en sais rien, c'est son problème à lui. Lorsque l'on me renvoie, on parle d'un audit accablant. Un audit, en principe, est fait par une personne indépendante. Là, il est simplement fait par le vice-président de la FFR, Serge Simon ! Cet audit, nous l'avons réclamé par le biais d'huissiers, il n'a pas été produit. Et lors de l'audience, un des juges a demandé s'il existe, et en fait il n'existe pas.

Y a-t-il de la haine entre Bernard Laporte et vous ?

Moi, de mon côté, il n'y a pas de haine du tout. J'ai toujours eu énormément de respect vis-à-vis de ce qu'a fait Bernard Laporte dans sa carrière. Il n'y a absolument aucun problème me concernant. Mais il me semble que dans l'autre sens, c'est peut-être différent. Il faut leur poser la question. Mais moi, en ce qui me concerne, j'ai toujours été vraiment respectueux de cette hiérarchie.

Que pensez-vous des résultats de votre successeur, Jacques Brunel, avec l'équipe de France ?

Je n'ai pas grand-chose à penser, je vous laisse le soin de voir s'il y a eu deux poids, deux mesures. Ses résultats sont inférieurs aux nôtres, ceux que j'ai eus avec Yannick Bru et Jeff Dubois, licenciés aussi [le bilan de Guy Novès, en 21 matchs entre 2015 et 2017, est de 7 victoires, 13 défaites et un nul ; le bilan de Jacques Brunel est, en 10 matchs depuis 2017, de 3 victoires pour 10 défaites]. Il paraît qu'il y a une très bonne ambiance, même lorsque l'équipe de France a de moins bons résultats. On entend dire que tout va mieux, je vous laisse le soin de comprendre.