Top 14 : Montpellier, du bord du gouffre au sommet du rugby français

Vendredi soir, Montpellier n'a fait qu'une bouchée du Castres olympique en finale de Top 14 pour rafler le premier titre de son histoire.

Article rédigé par
Envoyée spéciale au Stade de France - Justine Saint-Sevin
France Télévisions
Publié
Temps de lecture : 3 min.
Les Montpelliérains célèbrent leur premier Bouclier de Brennus, le 24 juin 2022. (MATTHIEU MIRVILLE / MATTHIEU MIRVILLE)

"Retour en grâce" avions-nous titré pour qualifier le come-back montpelliérain au premier plan du rugby français avant la demi-finale gagnée contre l’Union Bordeaux-Bègles. "Une nouvelle ère pour Montpellier ?", a-t-on demandé à l’ouvreur du MHR Paolo Garbisi après le succès de son équipe en finale de Top 14 face à Castres, vendredi soir. "Je l’espère", a-t-il lancé. Car en décrochant le premier Bouclier de Brennus du club, les poulains de Philippe Saint-André sont entrés dans son histoire.  

La conclusion d’un long chemin de croix sur laquelle peu de monde aurait misé il y a de cela quelques mois. "Quand j’ai pris la décision de venir à Montpellier l’été dernier, je ne pouvais pas m’imaginer une telle fin. C’est incroyable, je n’arrive pas à réaliser à quel point ce qu’on a fait est énorme", souriait le demi d’ouverture. "On n’avait pas de titre, on vient de nulle part. Il y a 18 mois, on était avant-derniers. Et en 18 mois, on récupère deux titres", appuyait son coach quelques minutes plus tard (Montpellier a remporté le Challenge européen en 2021).  

Je sentais les joueurs souriants, déterminés. Je leur avais dit avant le match que je savais qu’aujourd’hui, les affamés, ça allait être nous. Ce soir on a été froids, sereins, prêts à en découdre.

Philippe Saint-André, entraîneur de Montpellier

en zone mixte d'après match

Pourtant, à les entendre, les Héraultais ne sont pas si surpris. Les coéquipiers de Paolo Garbisi semblent animés d’une confiance à toute épreuve, forgée par une grande solidarité. "Depuis décembre, on a enchainé dix matchs sans défaite, on a été longtemps premiers du Top 14. Peut-être qu’il n’y avait pas beaucoup de monde qui nous attendait, mais on n’a jamais perdu cette confiance. On est resté solidaire. C’est notre force. On vit très bien ensemble", abondait-il. "Pour des truffes, on s’en est pas trop mal sorti", rajoutait, taquin, Geoffrey Doumayrou.  

La victoire d'un groupe

Des valeurs que les saisons précédentes, marquées (en 2020-2021) par une place de relégable avec laquelle les Montpelliérains ont longtemps flirté, ont façonnées. "On est passé du rire aux larmes, des larmes au rire, acquiesçait le team manager du centre de formation du MHR Mathieu Austruy en sortant du Stade de France. Les années de malheur ont permis de resserrer tout le monde." Pour lui, plus récemment encore, la victoire à Nice contre l’UBB – contre qui Montpellier ne partait pas favori  a été fondatrice. 

Tous soulignent surtout la victoire d’un groupe : celle des joueurs bien sûr, mais aussi d’un staff, d’un président et d’un public. "Je suis très content pour Mohed Altrad (président du MHR) parce qu’il a été beaucoup décrié, mais il a beaucoup investi de son temps et de son argent pendant pratiquement onze ans. M’appeler il y a deux ans et demi, il fallait le faire, pour me remettre dans la partie", salue Philippe Saint-André.

"A jamais les premiers" comme le dit si bien Yacouba Camara. Les Montpelliérains ce soir remportent le premier titre du club, et entrent par la grande porte dans l'histoire, avec un grand H, du MHR.

"Je suis content pour les joueurs parce qu’ils sont exceptionnels sur leur état d’esprit, poursuit l'ancien sélectionneur des Bleus. Il y a des mecs qui arrêtent comme Guilhem Guirado, Fufu (Fulgence Ouedraogo), des jeunes joueurs, des joueurs qui ont été en difficulté, des mecs de Pro D2 comme (Alexandre) Bécognée. Il y a une osmose incroyable et j’ai un staff de 22 personnes qui travaillent à l’unisson. On a hâte de communier avec le public demain."  

On ne doute pas qu’il fêtera dignement le titre avec les autres, mais Paolo Garbisi a déjà la tête tournée vers l’avenir. "Maintenant, il faut essayer de défendre ce titre de la meilleure façon possible l’an prochain." Un nouveau chapitre à écrire.

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