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Rugby : pourquoi l'attribution de la Coupe du monde à la France est une grosse surprise

Contre toute attente, la France a obtenu l'organisation de la Coupe du monde 2023, mercredi, face à l'Afrique du Sud et à l'Irlande. Un rapport préalable préconisait pourtant d'attribuer la compétition à l'Afrique du Sud.

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France Télévisions
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Bernard Laporte, le 15 novembre 2017 à Londres, après l'annonce de l'obtention par la France de l'organisation de la Coupe du monde de rugby en 2023.  (ADRIAN DENNIS / AFP)

A la surprise générale, la France a été choisie, mercredi 15 novembre, pour organiser en 2023 la deuxième Coupe du monde de rugby de son histoire. Un succès obtenu en coiffant sur le fil le favori sud-africain et en déjouant tous les pronostics. Franceinfo revient sur cette décision en listant les raisons qui laissaient penser que Bernard Laporte et son équipe filaient vers un échec cuisant.

1Son rapport d'évaluation était défavorable

Alors que les personnalités françaises du comité d'organisation clamaient depuis des semaines avoir le meilleur dossier ("Je ne vois pas comment on peut perdre", estimait Sébastien Chabal), ce fut la douche froide le 31 octobre. World Rugby, la fédération internationale de rugby, a en effet recommandé d'attribuer la Coupe du monde 2023 à l'Afrique du Sud, dont le dossier devançait celui de la France et de l'Irlande.

L'Afrique du Sud, qui a déjà organisé la Coupe du monde en 1995, avait ainsi recueilli 78,97% de satisfaction sur un ensemble de critères d'évaluation. Contre 75,88% pour la France et 72,25% pour l'Irlande. 

2Bernard Laporte a attaqué frontalement la Fédération internationale de rugby

Ce rapport a eu le don de mettre le président de la Fédération française de rugby en colère. Bernard Laporte a immédiatement dénoncé "des anomalies". Pour sauver la candidature française, il a privilégié l'attaque"Il y a des erreurs manifestes, a-t-il expliqué dans une interview au Figaro. Comment World Rugby peut en arriver à dire que les hôtels du pays le plus visité au monde sont moins bien que ceux d’Afrique du Sud ? Comment peut-on affirmer qu’il n’y a pas assez d’hôtels à Saint-Etienne qui, pour mémoire, a accueilli il y a 18 mois des matchs de l’Euro de football. Ils se moquent de nous, là !" 

Dans une interview accordée au Midi olympique, le président de la FFR a eu des mots encore plus durs. "Sur la sécurité, on est au même nombre de points, alors qu'il y a 52 morts par jour en Afrique du Sud. C'est un truc de fou !" s'est emporté l'ancien sélectionneur du XV de France (et ancien ministre) dans Midi Olympique

Sans surprise, les saillies de Bernard Laporte n'ont pas été du goût de la fédération internationale, comme elle l’a fait savoir dans un communiqué : "Même si des réactions de déception et de forte émotion peuvent se comprendre, (…) ces commentaires sont à la fois dénués de fondement et erronés", a-t-elle assuré, tout en faisant valoir une "recommandation claire, complète et objective". 

3Les projections de vote étaient pessimistes

A quelques heures du vote, le compte était loin d'être bon pour la France. Selon les estimations de L'Equipe, mercredi 15 novembre, la France ne pouvait compter, avant la décision, que sur 6 votes acquis sur 39, contre 12 pour l'Afrique du Sud et 7 pour l'Irlande.

C'est donc à la surprise générale que la France a décroché un total de 18 voix, contre 13 pour l'Afrique du Sud et 8 pour l'Irlande. Sur le plan comptable, c'est un véritable exploit qu'a réalisé la délégation française. Sans que l'on puisse l'expliquer.

Bonus : son clip folklorique était étrange

Bernard Laporte voulait marquer les esprits et pour y arriver, il a mis le paquet sur les clichés et le folklore. Avant son discours devant les décideurs du rugby mondial, le 25 septembre, il a diffusé le film de la candidature française. Ze french touch, le nom de la vidéo de la candidature France 2023, explique la notion de "french touch" : "le beau geste, au bon moment". On y voit le chef Guy Savoy, une danseuse du Moulin Rouge ou l'ancien joueur de rugby Sébastien Chabal.

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