Rugby Championship : à un an de la Coupe du monde en France, les puissances de l'hémisphère Sud n'en mènent pas large

Le Rugby Championship s'est achevé samedi par une nouvelle consécration des All Blacks (leur 18e en 27 éditions), mais ces derniers ne font plus aussi peur. Comme leurs adversaires.

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Le Néo-Zélandais Rieko Ioane pris dans la nasse sud-africaine à Johannesbourg, le 13 août 2022.  (PHILL MAGAKOE / AFP)

Pour un observateur non attentif, voir la Nouvelle-Zélande remporter le Rugby Championship, c'est constater que la terre est ronde. Cela relève de l'évidence. Sur le papier, en effet, le XV à la fougère a bel et bien gagné le tournoi de l'hémisphère Sud pour la cinquième fois en six ans, le 18e titre en 27 éditions. Sur le pré, en revanche, cela a plus ressemblé à un chemin de croix qu'à un parcours de santé.  A moins d'un an de la Coupe du monde qui aura lieu en France (8 septembre au 28 octobre 2023), les quatre super puissances situées sous l'équateur ont globalement affiché un niveau inquiétant. Ou rassurant si l'on se trouve dans l'hémisphère Nord. Tour d'horizon des forces, et surtout des faiblesses, en présence. 

La Nouvelle-Zélande a les idées noires

Le long nuage blanc qui strie habituellement le ciel de l'île a viré au gris ces derniers mois. Il a même déversé quelques éclairs sur son équipe et son entraîneur. Déjà fragilisés par deux défaites en test-matchs contre l'Irlande au printemps, les Blacks ont débuté leur tournoi par un revers contre l'Afrique du Sud (26-10), puis par un premier revers historique à domicile contre l'Argentine (25-18). Fond de jeu inexistant, confiance en charpie, il n'en fallait pas plus pour réclamer la tête du sélectionneur Ian Foster. Mais, à quelques mois de la Coupe du monde, la fédération néo-zélandaise a préféré miser sur la continuité plutôt que de tenter un coup de balai risqué. Elle a néanmoins appelé à ses côtés Joe Schmidt, vainqueur de trois Tournois des six nations avec l'Irlande (dont un Grand Chelem) et de deux Champions Cup avec le Leinster.

La suite immédiate a donné raison aux dirigeants : malgré l'épée de Damoclès qui menaçait de trancher à chaque match, les Kiwis ont remporté leurs trois derniers matchs et gagné le tournoi. Sans être transcendants, certes, mais au moins ont-ils renoué avec ce qu'ils savent faire de mieux : gagner. Mais qu'en sera-t-il pour ce match d'ouverture de la Coupe du monde que tout le monde attend face à la France ? 

L'Afrique du Sud, la puissance sans la maîtrise

C'est une rengaine connue. Les Boks sont les plus forts physiquement mais peinent dans le jeu. Parfois, souvent même, cela suffit et l'Afrique du Sud finit par étouffer l'adversaire avec des schémas simplistes, limite restrictifs, mais terriblement efficaces. Cela a bien failli encore fonctionner cette fois mais les partenaires du monstrueux Lukhanyo Am ont dû laisser le titre aux Blacks pour un point de bonus. La question est désormais de savoir si les champions du monde en titre vont s'enfermer dans leurs certitudes et continuer dans cette voie, quitte à ce qu'elle soit sans issue, ou bien vont-ils proposer, en France dans un an, un jeu un peu plus ambitieux pour surprendre ceux qui les attendent uniquement dans le défi physique ? 

L'Argentine, gare à la bête blessée

On avait quitté les Pumas la queue entre les pattes, fin 2021, avec 8 défaites en 9 matchs, et une seule victoire aux dépens de la moribonde Italie. Moins d'un an plus tard, le chaton a laissé la place à un bien plus gros félin et il rugit à nouveau. Michael Cheika a pris la place de Mario Ledesma et les résultats ont tout de suite suivi. Et quels résultats ! Sous la direction de Santiago Carreras, révélation au poste d'ouvreur, les Argentins ont ainsi laminé l'Australie (48-17) lors de la 2e journée avant de créer la sensation du tournoi en s'imposant chez les All Blacks (18-25) la semaine suivante.

Ces performances, aussi spectaculaires soient-elles, n'ont pas été sans retour de bâton. L'Argentine est encore une équipe qui apprend et les leçons sont parfois cuisantes, comme le rappelle la défaite (53-3) face à une revancharde Nouvelle-Zélande... 

L'Australie, réservoir à sec 

Jadis pourvoyeur de certains des plus beaux joyaux de la planète ovale dans les années 80-90 (Campese, Eales), l'Australie peine à s'appuyer sur des joueurs de classe mondiale pour rivaliser avec les toutes meilleures nations. Oui, il y a bien le génial Quade Cooper mais le numéro 10 a vu son tournoi s'arrêter après 47 minutes, tendon d'Achille en compote. Son successeur à l'ouverture, Noah Lolesio, ayant lui aussi été contraint de jeter l'éponge sur blessure, l'Australie a dû faire appel à Bernard Foley, sorti du formol et de trois ans sans sélection, pour tenter de colmater les brèches. Sans succès. 

Si les Wallabies ont payé cher le tribut de la haute compétition, ces blessures mettent en lumière un élément qui sera sans doute déterminant lors de la Coupe du monde en France : celui de la profondeur de banc. Sur plus d'un mois de compétition, les forfaits ne pourront pas être évités et l'équipe qui possède les meilleurs remplaçants a peut-être au moins autant de chances d'aller loin que celle qui a les meilleurs titulaires. Fabien Galthié en a certainement déjà bien conscience, tout comme il sait que la distance de niveau entre les deux pôles n'a jamais été aussi courte. 

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