Coupe du monde de rugby : le Canada se démarque avec une femme à la tête de son équipe

Le Canada ne fait pas partie des favoris dans cette Coupe du monde de rugby au Japon mais il marque l'histoire de ce sport grâce à sa manager. 

Alana Gattinger lors d\'un entraînement au Japon pour la Coupe du monde de rugby 2019. 
Alana Gattinger lors d'un entraînement au Japon pour la Coupe du monde de rugby 2019.  (CHRISTOPHE SIMON / AFP)

Le Canada ne fait clairement pas partie des meilleures équipes de rugby dans cette Coupe du monde 2019 mais il va marquer, à sa manière, l’histoire du rugby mondial grâce à Alana Gattinger.

Son nom est inconnu du grand public, inconnu de la quasi-totalité des amateurs de rugby et pourtant cette femme de 30 ans révolutionne ce sport et ce Mondial de rugby : elle est la première femme à occuper le poste de manager d’une équipe qualifiée pour cette compétition. 

Un poste clé 

Le poste de manager chez les professionnels est vraiment un rôle clé dans la réussite d’une équipe, non seulement pour la logistique mais aussi dans les relations avec l’entraîneur et les joueurs. Un travail d’autant plus compliqué quand il y a 31 joueurs et une vingtaine de membres dans le staff comme c’est le cas pour une Coupe du monde. En clair, le manager c’est le patron. Alana Gattinger est donc la patronne. Elle occupe ce poste depuis deux ans après être arrivée en tant que stagiaire à la fédération canadienne en 2012.      

Au départ, Alana Gattinger ne connaissait pas grand chose à ce sport. Un sacrilège dans un milieu réputé machiste. La jeune femme a dû tout apprendre sur le rugby : les règles du jeu, les codes dans ce monde si particulier. Elle a aussi dû gagner la confiance des joueurs et des entraîneurs dont le nouveau sélectionneur arrivé lui aussi en 2017 à la tête des Canucks, le surnom de l’équipe canadienne.

Kingsley Jones, le sélectionneur gallois du Canada, explique que la manager a été d’un soutien remarquable pour l’équipe et cela a plutôt bien fonctionné : le Canada a été la dernière formation à se qualifier pour la Coupe du monde.

Un exemple pour la jeune génération 

Alana Gattinger assure avoir de la chance de travailler au Canada, un pays plus ouvert aux femmes dans le sport même si on est très loin de la parité et qu'il existe également des discriminations salariales : "Je suis une femme et j’ai des responsabilités. Je ne pense pas que cela se passe comme ça partout dans le monde mais le Canada est un pays où les droits des femmes et l’égalité sont des réalités. Je suis fière de représenter tout ça", explique t-elle à la BBC.  

Je suis vraiment chanceuse de travailler dans un groupe où il n’y a pas de différences entre hommes et femmes, où chacun se respecte.Alana Gattingerà la BBC

La manager espère que son exemple va inspirer des jeunes filles et leur montrer que rien n’est impossible malgré les obstacles. Et pourquoi pas montrer aussi l’exemple pour d’autres fédérations de rugby dans le monde. Dans la délégation française, parmi les 51 personnes présentes au Japon, seule une femme fait partie du voyage : la photographe officielle des Bleus !