Les violences en Ukraine s'invitent aux JO de Sotchi

DE NOTRE ENVOYE SPECIAL | Les événements de ces dernières heures en Ukraine, et notamment les violents affrontements qui ont fait des dizaines de morts depuis mardi à Kiev, provoquent l'inquiétude dans la délégation ukrainienne présente aux Jeux olympiques de Sotchi. Le CIO a refusé que les athlètes portent un brassard noir, et la majorité des athlètes veut désormais rentrer au pays.

(Phil Noble Reuters)

"Contraire à la Charte olympique ". Le Comité international olympique (CIO) n'aura pas mis longtemps à répondre, négativement, à la demande de la délégation ukrainienne. Cette dernière souhaitait que ses athlètes puissent porter autour du bras un bout de tissu noir, rendant ainsi hommage aux 25 victimes tombées lors des affrontements entre manifestants et forces de l'ordre dans la nuit de mardi à mercredi au centre-ville de Kiev. Même si l'événement est universel, les règles qui régissent les Jeux olympiques sont très strictes, et le CIO veille à ce qu'aucune référence politique ne vienne s'immiscer dans les compétitions. Quitte à se montrer très (trop ?) strict.

La délégation réduite au minimum

Ces dernières heures, beaucoup d'athlètes ukrainiens les ont passées dans l'angoisse, branchés sur les réseaux sociaux, essayant de parler avec leurs proches, dont certains participent quotidiennement aux manifestations. Mercredi, malgré là aussi l'opposition du CIO, qu'a été contraint de reconnaître l'information jeudi matin, une trentaine d'entre eux ont décidé de rentrer chez eux. Il ne resterait à Sotchi qu'une douzaine d'athlètes, ceux qui n'ont pas encore concouru dans leur spécialité. Ils voulaient porter un brassard noir pour montrer leur "profonde douleur ".

Parmi eux, la patineuse Natalia Popova qui a bien participé au programme court ce mercredi soir au Palais Iceberg. En revanche, la skieuse Bogdana Matsotska, qui devait participer au slalom vendredi, a jeté l'éponge. Son père et entraîneur a publié un message sur son compte Facebook, affirmant qu'ils quittaient Sotchi par solidarité avec les manifestants de Kiev.

Ou encore Dmytro Mytsak, jeune skieur qui a disputé le slalom géant : "Nous recevons du soutien de la part du public russe, et je suis reconnaissant pour ça ". La situation en Ukraine est particulièrement suivie en Russie, les images, pour la plupart pro-forces de l'ordre, tournent en boucle sur les chaînes de télévision officielles. Le président russe Vladimir Poutine a appelé ces dernières heures son homologue ukrainien Viktor Ianoukovitch. Les deux hommes étaient assis côté à côte lors de la cérémonie d'ouverture des JO le 7 février dernier.

Sergueï Bubka dans le débat ---------------------------Mercredi, une personnalité de poids au sein du monde olympique s'est exprimée, sur son compte Twitter. Sergueï Bubka, l'ancien perchiste de légende, a appelé au respect de la "trèce olympique", affirmant que "le dialogue est une force, la violence une faiblesse".L'ancien champion, qui fut aussi député au Parlement ukrainien sous les couleurs du Parti des Régions, celui de l'actuel président contesté Viktor Ianoukovitch, ne s'est pas arrêté là. Il a affirmé dans un autre message que "*nos athlètes travaillent dur à Sotchi, mais pacifiquement et avec honneur* ".Mercredi soir, [le site Internet du comité olympique ukrainien](http://noc-ukr.org/en/news/8498/) affichait un message, appelant "*à trouver un chemin vers l'avant pour l'Ukraine* ", et affirmant que les athlètes feraient "*de leur mieux pour tenter d'honorer la mémoire (des victimes de violences)* ". Sergueï Bubka, lui, refuse de s'opposer au départ des athlètes qui le souhaitent.