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Les stars du confinement (4/5) : Les commentateurs "vintage" redonnent des couleurs

S’il y a une entreprise qui ne connaît pas la crise en ce moment, c’est bien l’INA, l’Institut National de l’Audiovisuel, mémoire vivante de la télévision française. Rediffusions de France/RFA 82, des finales de l’Euro 84 et de la Coupe du Monde 98, sans oublier les grandes étapes du Tour de France de ces dernières décennies, la télé de confinement aura fait la part belle aux images d’archives, faute d’événements en direct. L’occasion de réentendre les grandes voix des années 80 et 90, comme celles de Thierry Roland ou Patrick Chêne.
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France Télévisions
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 (PIERRE ANDRIEU / AFP)

"L’autre jour, mon fils m’a envoyé un SMS: j’étais en simultané sur Eurosport et la chaîne L’Equipe ! Et d’ailleurs, comment ça se passe pour les droits d’auteur ?" Au bout du fil, Patrick Chêne jubile et semble même ne pas en revenir. Le commentateur-vedette du Tour de France de 1989 à 2000 sur France télévisions en compagnie de Robert Chapatte puis Bernard Thévenet squatte de nouveau les après-midis télé des amateurs de sport, vingt ans après avoir officié pour la dernière fois sur la Grande Boucle. Et la voix chaleureuse de Patrick, devenu vigneron dans le Vaucluse (il est propriétaire du "Domaine Dambrun" au pied du Mont Ventoux) s’est bonifiée avec les années dans l’esprit du public. "Je reçois vraiment beaucoup de messages de sympathie en ce moment, surtout venant d’une génération qui me considère comme la voix du Tour", confie Patrick, 64 ans depuis peu, ému par tous ces témoignages.

Pour l’ancien présentateur du JT de 13 h et ex-directeur des sports de France télévisions, l’explication est simple : "Faute de directs pendant le confinement, c’est "télé nostalgie", les fans de sport ont besoin de leur Madeleine de Proust et les chaînes de sport privilégient les Tours des années 80 et 90 parce qu’à l’époque, les coureurs, sans leurs casques, étaient beaucoup plus reconnaissables que maintenant et puis, il n’y avait pas encore les oreillettes! Ça change tout le vélo! Sans vouloir tomber dans le piège du "c’était mieux avant", on assistait quand même à beaucoup plus de rebondissements car les coureurs pouvaient faire des erreurs tactiques. Aujourd’hui, ils ne décident plus de rien!", regrette Patrick, comme s’il était toujours en position commentateur, avec casque et micro. "Je parlais à l’antenne exactement comme dans la vie. C’est peut-être aussi pour ça que je suis rentré dans le salon des gens." 

Louis de Funès et Thierry Roland, stars du confinement 

Cette liberté de ton et cette spontanéité, Dominique Grimault, ancien rédacteur en chef de "Va y avoir du sport" et de "Stade 2", entre autres, les retrouve aussi avec grand plaisir dans les commentaires de son ami Thierry Roland, disparu en 2012. Car pour le football également, confinement rime avec "best of" des grands moments, auxquels est associée la voix du foot et de l’équipe de France des années 1970 à 2000, forcément. En termes de rediffusions ces dernières semaines, Thierry Roland n’est d’ailleurs pas loin de faire match nul avec Louis de Funès! En tout cas, comme beaucoup de téléspectateurs, Dominique Grimault a goûté de revoir tous ces grands classiques du cinéma et du foot français, garantis sans VAR.

"L’épopée des Verts de 76, les années Platini, le sacre européen de l’OM en 93 ou la finale de la Coupe du Monde 98, on est tous comme des enfants devant ces matches qui appartiennent au patrimoine national et on revit les mêmes émotions, sans être abreuvés de statistiques en permanence. Il n’y a que le résultat qui ne change pas et, parfois, on aimerait bien pourtant, comme à Séville en 82 !" Les récentes disparitions de Michel Hidalgo et Robert Herbin, deux grandes figures du foot français, ont aussi fait rouvrir la boîte à souvenirs et mis l’INA encore un peu plus à contribution. "J’espère en tout cas que ce confinement aura permis aux plus jeunes qui n’ont que les noms de Mbappé et Zidane à la bouche de découvrir des joueurs comme Platini, Tigana et Bossis, un formidable défenseur, sous-coté à l’époque." Ici Montaigne, à vous Cognacq!

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