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Les basketteurs français, une popularité à toute épreuve

A quelques jours des Jeux olympiques de Londres, l'équipe de France de basket n'a jamais été aussi populaire auprès de ses supporters.

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France Télévisions
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Tony Parker signe des autographes lors de l'inauguration d'un gymnase à Charenton-le-Pont, le 22 septembre 2010. (CHARLES PLATIAU / REUTERS)

Depuis le 27 juin, l'équipe de France de basket sillonne les routes de l'Hexagone dans le cadre de la tournée "On the Road to London". Elle affronte d'ailleurs la redoutable équipe d'Espagne dimanche 15 juillet, à Paris.

Les basketteurs tricolores, qui se préparent pour les Jeux olympiques de Londres (du 27 juillet au 12 août), ont enchaîné les matchs aux quatre coins de la France. Pau, Boulazac, Toulouse, Orléans, Gravelines… A chacune de ces étapes, matchs, entraînements et séances de dédicaces permettent aux Bleus de constater à quel point ils sont appréciés de leur supporters, de plus en plus nombreux. Tentatives d'explication de cette popularité grandissante.

Un Euro réussi et l'effet NBA

"A chaque fois qu’on joue en France, c’est toujours à guichet fermé", se félicite Julien Guéreneau, attaché au service communication à la Fédération française de basket-ball (FFBB). "Cette popularité grandissante, on l'avait déjà sentie avant l'Euro. Mais il s'est vraiment passé quelque chose après les championnats d'Europe. Les joueurs étaient déjà populaires auprès des licenciés, ils le sont désormais auprès du grand public", constate celui qui est également rédacteur en chef de Basket-Ball Magazine.

A l'été 2011, les Bleus avaient atteint la finale de l'EuroBasket 2011 avant de s'incliner face à l'Espagne (85-98). Un bon parcours, qui a nécessairement eu des retombées sur la cote de popularité des tricolores. Mais cette performance n'est pas la seule explication de l'engouement autour de Tony Parker et ses coéquipiers. Parmi les supporters, toujours plus nombreux dans les tribunes, on note de plus en plus de jeunes, attirés par la présence de joueurs NBA, la principale ligue de basket nord-américaine, dans les rangs de l'équipe française. "Les plus jeunes s'intéressent énormément à la NBA, c'est ce qui explique la popularité des joueurs du championnat américain lorsqu'ils viennent jouer en France", explique Jean-Marc Olivier, président de l'Union nationale des clubs de supporters de basket (UNCSB).

Une tendance confirmée par Fabrice Auclert, journaliste et fondateur du site internet Basket USA : "Sur notre site, 60% de nos 60 000 visiteurs uniques ont entre 12 et 24 ans. Les jeunes demandent des autographes à Batum et à Parker, pas à Causeur, pourtant désigné MVP de la Pro A cette saison [meilleur joueur du championnat de France]. Sur les affiches de la tournée, la fédération a d'ailleurs mis en avant les joueurs qui jouent en NBA."

L'affiche de la tournée des Bleus avant les JO de Londres. Diaw (en bas à g.), Batum (au centre), Parker (en bas à dr.) et Noah (en haut à dr.) jouent tous en NBA. De Colo (en haut à g.) qui vient de s'engager avec les Spurs de San Antonio, les rejoindra la saison prochaine. (FÉDÉRATION FRANÇAISE DE BASKET BALL)

Des joueurs accessibles

Il serait cependant réducteur de limiter cette popularité grandissante à ces seuls aspects sportifs. "L'engouement autour des Bleus n'est pas basé que sur leurs résultats, mais aussi sur la personnalité des joueurs", tient à préciser Julien Guéreneau, de la FFBB. Si les basketteurs français ont la cote, c'est aussi parce qu'ils ont su rester proches de leurs supporters. "La cote de popularité de l'équipe de France de basket repose avant tout sur l'accessibilité de ses joueurs. Après un match, il est plus difficile d'obtenir un autographe d'un footballeur que d'un basketteur", explique Jean-Marc Olivier, président de l'UNCSB.

Un sentiment partagé par Fabrice Auclert, qui ne peut lui aussi s'empêcher d'établir une comparaison avec les Bleus : "Les basketteurs français sont hyper disponibles, que ce soit après les matchs, lors des séances d'entraînement ou pour des séances de dédicaces. On les voit sur tous les plateaux de télévision. Et contrairement à une autre équipe de France, ils sont souriants."

"L'union au sein du groupe France n'est pas feinte"

Autre atout des basketteurs français : la bonne ambiance qui règne au sein de l'équipe. Les joueurs s'entendent bien, et le public le ressent. "Clairement, la cohésion de ce groupe est sincère. C'est d'ailleurs l'un de leurs atouts : les joueurs renvoient à leur public l'image d'un groupe sympa, qui s'entend bien", estime Fabrice Auclert.

"Quatre joueurs du groupe France (Turiaf, Parker, Diawara et Diaw) ont été champions d’Europe junior en 2000, en Croatie. C’est peu de dire qu’ils se connaissent bien et s'apprécient. L'union au sein du groupe n'est pas feinte, c'est une réalité. Les joueurs passeraient leur été ensemble même si il n'y avait pas l'équipe de France", confirme Julien Guérineau à la FFBB.

• L'importance des réseaux sociaux

Preuve de cette bonne ambiance, l'ailier Nicolas Batum a récemment envoyé sur Twitter des photos de ses coéquipiers en train de dormir dans le bus, pour le plus grand bonheur de ses abonnés. Un jeu qui a donné lieu à un concours sur le réseau social, afin d'élire la meilleure photo.

Fabrice Auclert pense d'ailleurs qu'internet et les réseaux sociaux ont joué un rôle important dans la popularité des Bleus, notamment avec une websérie lancée par la Fédération sur quotidien des joueurs au cours de leur tournée "On the Road to London" : "C'est un peu l'équivalent de ce qui avait été fait avec Les yeux dans les Bleus pour les footballeurs, et ça permet de vivre toute la prépa avec les joueurs jusqu'aux JO", explique Fabrice Auclert. Le 4e épisode a été mis en ligne le 12 juillet :

Avec une moyenne de 25 000 vues par épisode, la série marche plutôt bien. Et sur Facebook, la page officielle de la FFBB compte presque 66 000 likes, beaucoup plus que celle des fédérations d'athlétisme (15 904), de rugby (22 833) ou de tennis (28 231). La FFBB semble donc avoir réussi à créer une vraie communauté derrière ses Bleus, permettant aux internautes de se sentir proches des joueurs.

Des supporters indulgents

Pourtant, comme leurs collègues footballeurs, les basketteurs français ne sont pas toujours exempts de tout reproche. Le récent forfait de Joakim Noah pour les JO avait ainsi soulevé de nombreuses interrogations. Alors que le joueur annonçait au staff des qu'il ne pourrait pas se rendre à Londres en raison d'une blessure à la cheville, une vidéo diffusée sur internet le montre à Hawaï, vantant les mérites de la naturothérapie, une technique médicale non reconnue par la Fédération. Mais la polémique ne prend pas.

Et que dire de "l'affaire" Tony Parker, blessé à l'œil après une bagarre en boîte de nuit au mois de juin ?  L'épisode est rapidement oublié, alors qu'on peut supposer qu'il aurait eu beaucoup plus de retentissement si il avait concerné un joueur de l'équipe de France de foot. "C'est Tony Parker, explique Fabrice Auclert, il est passé pour la victime. Il a très bien géré cette affaire en étant transparent et en donnant une conférence de presse pour annoncer lui-même sa blessure."

Inébranlable, la popularité des basketteurs tricolores ? Fabrice Auclert est convaincu que oui. Il croit savoir qu'une mauvaise performance de l'équipe aux JO de Londres serait sans conséquence : "On ne leur en voudra pas, affirme le journaliste. Les supporters savent que Noah est absent, que Parker est blessé… Si les Bleus parviennent à s'extraire de leur groupe, ce sera déjà pas mal."

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