VIDEO. Jeux paralympiques : Théo Curin au pied du podium en 200 m nage libre

Une très belle performance pour cet athlète âgé de 16 ans amputé des quatre membres.

FRANCE INFO

Théo Curin exprime sa déception malgré sa très belle performance. "On ne peut pas être content d'une quatrième place, c'est rageant", lâche le tout jeune nageur de 16 ans, qui a terminé au pied du podium lors de la finale du 200 m nage libre, aux Jeux paralympiques de Rio.

Pour sa première participation aux Jeux, ce champion précoce, amputé des quatre membres quand il était enfant, n'a pas à rougir de son chrono dans une course dominée par la méga star brésilienne Daniel Dias. Mais ce jeune lycéen est exigeant avec lui-même : "Je me suis rapproché du podium et j'aurais bien aimé monter dessus."

On peut faire des belles choses, même avec des morceaux en moins.

Théo Curin

AFP

Méningite foudroyante à l'âge de 6 ans

Une fois la déception passée, Théo a su relativiser : "Dans l'eau, c'était top, j'étais vraiment bien. C'était une course de rêve, je me suis éclaté." Cet espoir de la natation n'osait pas le dire mais son objectif, c'était la médaille. Amputé des quatre membres à l'âge de six ans après une méningite foudroyante, ce garçon au sourire extra large est un exemple de courage : "En 2006, la maladie m'a attaqué les vaisseaux sanguins. Pour lutter contre sa progression il a fallu m'amputer petit à petit. (...) Mais je suis là et je vais aux Jeux !"

Le déclic pour la natation, il l'a eu grâce à Philippe Croizon, premier Français amputé comme lui des quatre membres à avoir traversé la Manche à la nage. "Un jour, il m'a invité chez lui et je suis allé le rejoindre dans l'eau. Sauf que j'ai eu peur, ça ne m'a pas plu. Je me suis alors entraîné petit à petit en allant à la piscine et je me suis inscrit dans un club handisport", se souvient-il.

Quand j'ai quelque chose en tête, je veux le faire tout de suite et bien. Ca m'a permis de progresser très rapidement

Théo Curin

AFP

Mascotte de l'équipe de France

A force de travail, de persévérance et de musculation, il parvient à faire 15 m, 25 m, 50 m... Et intègre à 13 ans le pôle France handisport de Vichy, dans le centre de la France, où il peut s'entraîner tout en poursuivant ses études. Une progression "énorme", "rapide", qu'il explique par sa "détermination". La vie d'"avant" la maladie, il n'en a plus de souvenirs.

Théo a appris à vivre avec son fauteuil, et aussi avec des prothèses de jambes qui lui ont "changé la vie". Véritable mascotte de l'équipe de France, le benjamin de la délégation est toujours disponible pour répondre aux journalistes. Il aimerait que sa médiatisation serve à "montrer aux valides qu'on est des athlètes à part entière".

Le nageur français Theo Curin juste avant la finale du 200 m nage libre aux Jeux paralympiques, le 8 septembre 2016, à Rio de Janeiro au Brésil.
Le nageur français Theo Curin juste avant la finale du 200 m nage libre aux Jeux paralympiques, le 8 septembre 2016, à Rio de Janeiro au Brésil. (CHRISTOPHE SIMON / AFP)