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Invictus Games : l'équipe de France apte au service

Dans la veine des Jeux Olympiques, les Invictus Games ont été créés par le prince Harry pour promouvoir la cause des militaires blessés en exercice. Après une première édition à Londres en 2014, la compétition aura lieu cette fois-ci à Orlando (Floride) du 8 au 12 mai prochain. La France sera représentée par une délégation de trente athlètes, meurtris dans leur chair ou dans leur tête, et qui ont fait du terrain de sport leur nouvel espace de combat.
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France Télévisions
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Sous une petite pluie fine en forêt de Fontainebleau, une dizaine d’hommes s’entraînent au tir à l’arc, l’une des dix disciplines présente à ces Invictus Games. Parmi eux, Florian Cieplak, 31 ans, tout nouveau champion de France handisport en salle d’arc à poulies. Pour lui qui manie l’arc depuis l’adolescence, tout a changé en 2012 lors d’un contrôle fluvial. Alors gendarme mobile en Guyane, une balle lui sectionne deux nerfs et une artère au niveau du biceps droit.

Depuis, il a perdu force et motricité au niveau de son bras et de sa main et a dû se réadapter. Désormais contraint d’exerce un emploi sédentarisé de bureau, le sport est pour lui devenu une échappatoire indispensable : « Ca me permet de me libérer, de lâcher la pression mais ça m’a aussi aidé à retrouver un égo et à me reconstruire. » Et à voir son large sourire, nul doute que la reconstruction a été bénéfique. Aux Invictus, il sera aligné sur trois épreuves : le tir à l’arc – sa discipline phare – mais aussi le volley assis et le rameur en salle.
 

Sur la piste d’athlétisme de la halle caporal Alain Mimoun, Franck Robin enchaîne les tours sur la piste. Comme Florian, il a été blessé par balle en Guyane, lors d’une mission d’orpaillage en 2011. Touché à la moelle épinière, il devient paraplégique mais refuse de s’abattre sur son sort. « On fait un métier où on sait que la blessure existe. La vie continue et elle n’est est pas moins belle. » Puisqu’il lui faut désormais s’adapter à sa nouvelle condition, Franck Robin découvre le « handbike » (vélo avec les mains) huit mois après sa blessure et fait sienne cette nouvelle discipline. Double médaillé d’or aux Invictus Games 2014 en course en ligne et contre la montre, il vise au moins un podium cette année et voit même plus loin : « Je suis le cinquième ou sixième Français dans cette discipline, les Jeux paralympiques c’est un rêve, une étoile qui brille. »

De son côté, Marion Blot, l’une des quatre femmes de l’équipe de France, espère que les Invictus lui permettront de retrouver un sport la faisant jouer au haut niveau. Joueuse de football en Nationale 2 au TFC et en équipe de France militaire, elle doit renoncer à ses ambitions en 2011 lorsqu’elle se blesse au genou : « C’était une blessure banale au départ mais à cause d’une erreur médicale c’est devenu grave ». Elle subit au total cinq opérations, déclenche deux maladies neurologiques et se retrouve un temps en fauteuil roulant. Aujourd’hui elle est de nouveau sur ses deux jambes mais n’a pas retrouvé toute sa motricité. A Orlando, elle s’essaiera à la natation, l’athlétisme mais aussi le rameur et l’haltérophilie.

Plus qu’une passion, le sport est pour tous ces hommes et ces femmes un moyen de se reconstruire après la blessure. Parfois visible, parfois invisible, elle n’en reste pas moins un handicap avec lequel il faut désormais vivre. Chacun avec son histoire, tous vont tenter de porter haut les couleurs de la France, comme en 2014.

A Londres, les quatorze Français avaient remportés 20 médailles mais pour le capitaine Thierry Rousseaux, chef de la division blessés militaires et sports, l’objectif comptable n’est pas une priorité : « Nous n’avons pas fixé d’objectif de médaille. L’objectif pour eux est de se surpasser et on verra ensuite. » Une consigne qu’a totalement intégré l’expérimenté Franck Robin : « Il y a bien sûr un côté sportif dans les Invictus, mais il faut aussi voir l’aspect fraternel. »

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