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Hockey sur gazon : les Bleus de l'ombre à la lumière

Depuis le début de la Coupe du monde en Inde, les Bleus de l'équipe de France de hockey sur gazon voient petit à petit leur notoriété progresser. Le résultat d'un travail de longue haleine mené par toute une fédération mais aussi et surtout appuyé par de très bonnes prestations sur le terrain. Qualifiés pour les quarts de finale 28 ans après leur dernier Mondial, les tricolores gagnent en reconnaissance. De bon augure avant l'objectif numéro un : le podium à Paris en 2024.
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France Télévisions
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"On peut savourer car ce n'était pas fait!" À peine la rencontre face à la Chine terminée (victoire 1-0 des Bleus), la voix du directeur technique national (DTN) Bertrand Reynaud se fait l'écho d'un succès important pour l'équipe de France de hockey sur gazon. Un de ceux qui mettent en lumière une discipline méconnue, presque encore anonyme (12 000 licenciés). Pourtant la qualification des Bleus en quarts de finale de la Coupe du monde est historique : jamais depuis 28 ans la France ne s'était retrouvé dans le top 8. Pas plus qu'elle n'avait pris part à une édition du Mondial.

Mission Paris 2024

Pour retrouver trace d'une dernière participation aux Jeux Olympiques, il faut encore remonter plus loin : c'était en 1972 à Munich. Une éternité... Alors le clan français a savouré comme il se doit l'attribution des JO à Paris en 2024. L'objectif est devenu clair: se faire une place sur le podium à domicile dans six ans. Pour cela, la Fédération s'est bâti un plan de construction nommé "ambition hockey 2024". Un projet de grande ampleur qui vise à impliquer tous les acteurs (joueurs, staff, DTN, clubs...). Mais le premier étage de la fusée - Bertrand Reynaud ne le cache pas - ce sont les performances actuelles en Coupe du monde :

"On a pris beaucoup de risques, on a été chercher des entraîneurs, des experts, on leur a donné des moyens de travailler, 130 jours de préparation, les mecs se sont donnés à fond, on a des bénévoles et des dirigeants qui se démontent pour aller chercher des partenaires... Tout ce qui nous arrive aujourd'hui est génial, c'est une super récompense. On écrit une histoire qui plaît pas mal et on commence à en voir les retombées. C'est un investissement et quand on le réussit, c'est sympa !"

La jeunesse, le meilleur atout de l'équipe de France ?

Après quatre matchs dans la compétition (défaite 2-1 contre la Nouvelle-Zélande, nul 1-1 contre l'Espagne, victoire 5-3 contre l'Argentine et face à la Chine), le grand public a appris à faire connaissance avec les jeunes ((la moyenne d'âge n'excède pas 25 ans, NDLR) tricolores engagés en Inde. Vice-champions du monde U21 en 2013, beaucoup de Bleus font leurs véritables débuts internationaux en seniors.

Timothée Clément est l'un d'eux. Benjamin de la sélection (18 ans), il a marqué le seul et unique but de la rencontre face aux Chinois. Quelques jours plus tôt, il avait ouvert son compteur contre la Roja. Une réalisation qu'il avait dédiée à Kylian Mbappé sur Twitter, lui aussi plus jeune joueur français lors du Mondial en Russie. L'attaquant du PSG n'avait pas manqué de lui répondre. Une première connexion entre deux promesses de leur sport.

Un bond important à venir au classement mondial

En atteignant les quarts de finale, la France va faire un bond au classement mondial. Actuellement 20es les Bleus seront aux portes du top 10 après le 16 décembre, jour de la finale. Une première bonne nouvelle en vue d'une qualification aux Jeux de Tokyo en 2020. "À ce rythme-là on peut quitter le premier chapeau pour rentrer dans celui du milieu", précise le DTN. Une progression qui a son importance : lors des finales des Hockey Series - sorte de ligue internationale - qui auront lieu au Touquet en juin 2019, si les Bleus terminent à l'une des deux premières places ils s'assureront un barrage contre une nation "abordable" afin de rejoindre la capitale nippone l'année suivante.

Défi XXL face à l'Australie

Avant de rêver JO les hommes de la légende néerlandaise Jeroen Delmee - triple médaillé olympique (1996, 2000 et 2004) et en charge de l'équipe de France depuis un an - auront une machine à gagner sur leur route mercredi (14h30). Face à l'Australie, double championne du monde en titre, les Bleus devront réaliser un exploit encore plus grand que contre les champions olympiques argentins. "Ils ont un match en moins dans les jambes et ça ça va quand même compter", prévient Bertrand Reynaud. "L'Australie me semble être dans ce tournoi l'équipe la plus forte. Ils ont corrigé la Chine sans problème mais ils ont eu du mal à battre l'Irlande lors du premier match (2-1). L'Angleterre a tenu une mi-temps (3-0) et la Chine a explosé (11-0) mais elle était déjà qualifiée. Ça ne va pas être évident, il faudra faire preuve de lucidité, de solidarité aussi. Après si on arrive à passer un quart-temps, deux quart-temps et que l'on arrive à garder une bonne distance au score, il y a moyen de faire quelque chose. On sait que ça va être compliqué mais on ne va pas commencer le match en se disant qu'on a déjà perdu, ça c'est clair. Ça dépendra des ressources des joueurs."

"On s'entraîne autant que certains sportifs surmédiatisés mais on ne nous connaît pas" déclarait il y a quelques jours le capitaine tricolore Victor Charlet. En cas de victoire contre l'Australie, ce ne sera probablement plus le cas.

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