Vidéo "C'est l'asphyxie dans le football amateur", déplore Frédéric Thiriez, candidat à la présidence de la FFF, qui veut lancer "un plan d'urgence"

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L'ancien président de la Ligue de football professionnel (LFP) propose "40 millions d’euros pour nos 15 000 clubs", par le biais d'un "prêt garanti par l'Etat".

"C'est l'asphyxie dans le football amateur et nous regardons ailleurs", déplore samedi 6 février sur franceinfo le candidat à la présidence de la Fédération française de football Frédéric Thiriez, qui annonce vouloir lancer "un plan d'urgence" pour le foot amateur. L'ancien président de la Ligue de football professionnel (LFP) propose "40 millions d’euros pour nos 15 000 clubs", par le biais d'un "prêt garanti par l'Etat".

franceinfo : Noël Le Graët brigue un quatrième mandat. Il disait sur franceinfo, qu'avec la crise, il faut de la continuité. Vous vous voulez la rupture ?

Frédéric Thiriez : En écoutant le président Le Graët ce matin, j'avais l'impression d'entendre ‘Dormez, braves gens, tout va bien. Je suis là.’ Eh bien non, tout ne va pas bien dans le football. Tout va mal et il faut donc du changement et du renouveau. Je ne parle même pas du football professionnel. Heureusement, la Ligue a réussi à trouver un accord provisoire avec Canal. Mais je parle du football amateur. Le football amateur, c’est nos deux millions de jeunes et moins jeunes qui jouent, nos 15 000 clubs, nos 400 000 bénévoles. C'est l'asphyxie dans le football amateur et nous regardons ailleurs. Le foot amateur crie au secours et nous regardons ailleurs. Qu'est ce qui a été fait pour le football amateur ? Rien.

Noël Le Graët dit que le foot amateur n'a jamais été autant soutenu qu'aujourd'hui. C'est près d'un tiers du budget de la Fédération ?

Alors, j'ai l'impression que le président est un peu fâché avec les chiffres. L’aide au football amateur, c’est 50 millions d'euros à peu près, pour un budget de la Fédé qui est de 256 millions précisément. C'est bien loin de la moitié. C'est même pas un cinquième. Il faut faire évidemment plus.

La Fédération dit 'j'ai donné dix euros par licencié au club amateur'. D'abord, la fédé n'a pas donné dix euros par licencié, elle en a donné sept, le reste étant fourni par les ligues et les districts, c'est-à-dire déjà le football amateur. Et comment les sept euros ont-ils été financés ? Ils ont été pris sur le Fonds d'aide au football amateur, c'est-à-dire, que c'était des sommes qui devaient, de toutes façons, revenir au football amateur. Donc, la fédération a pris d'une main, ce qu’elle donnait de l’autre. Moi, je veux lancer d'abord un plan d'urgence de sauvetage des clubs amateurs. Quarante millions d’euros pour nos 15 000 clubs. Quarante millions d'euros financés comment ? Tout simplement par un prêt garanti par l'Etat. Je suis étonné que la Fédération ne le fasse pas et que le président sortant dise encore aujourd'hui qu'il n'a pas besoin d'emprunter. La Fédération de tennis l'a fait. La Fédération de rugby l'a fait. La ligue professionnelle de foot l'a fait. Faisons-le. Ça se rembourse en six ans et c'est tout à fait possible de le faire.

"Sur nos 15 000 clubs, je ne sais pas combien survivront à la crise sanitaire."

Frédéric Thiriez

à franceinfo

Grâce à eux, on a un maillage territorial extraordinaire, mais beaucoup vont mettre la clé sous la porte. Plus de licences, plus de cotisations, perte des sponsors, découragement des bénévoles, baisse des subventions publiques, ça va très mal. Donc, ne disons pas dormez braves gens, tout va bien. Ca va très mal.

Dans votre programme pour la présidence de la Fédération française de football, vous dites qu'il faut "développer le rôle social du football en France", comme "moyen irremplaçable d'éducation". Qu'est-ce que vous comptez changer sur le terrain à ce niveau-là?

Le football amateur, c'est deux choses : sur le plan sportif, d'abord, c'est la source de nos meilleurs et de nos plus beaux joueurs, nos plus belles joueuses. N'oublions jamais d'où on vient. On vient du football amateur, première raison de l'encourager et de l'aider. Deuxième raison, ce rôle irremplaçable du football en termes d'éducation, de lien social, d'apprentissage des valeurs, du vivre ensemble, mais aussi de la discipline et du respect de l’autre. Je dis parfois que le football est devenu le ciment de notre société, dans les quartiers difficiles, mais aussi dans les zones rurales défavorisées. Il faut absolument que nos hommes politiques, au niveau gouvernemental, reconnaissent ce rôle social du football. C’est pour ça que je propose un plan de développement du football amateur.

Qui fera partie de votre équipe ?

Je ne vais pas vous dévoiler le 11 de départ alors que le départ se situe le 11 février. Bon le capitaine, ce sera moi. En revanche, travaille beaucoup avec moi, Basile Boli. Pourquoi Basile ? Parce que Basile représente ce que le football amateur peut apporter de meilleur dans la société et puis mon comité de soutien sera présidé par Luis Fernandez, avec beaucoup d'anciens internationaux. En France, on ne tient pas compte des anciens. On ne les consulte jamais. On ne les fait pas travailler et ils ne demandent que ça. Imaginez que des grands joueurs internationaux qui ont porté le maillot bleu aillent dans les districts, dans les clubs amateurs, dans les écoles, prêcher la bonne parole. Ça, ce serait formidable, et ça fait partie du plan de développement que je veux promouvoir.

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