Transfert à Manchester United : pourquoi Anthony Martial vaut-il si cher ?

Selon la presse sportive, l'attaquant monégasque aurait été vendu entre 50 et 80 millions d'euros à Manchester United. Un chiffre étonnant pour un joueur de 19 ans, qui n'a pas encore fait ses preuves.

Anthony Martial, le 3 mai 2015, à Monaco.
Anthony Martial, le 3 mai 2015, à Monaco. (VALERY HACHE / AFP)

C'est la bombe de cette fin de mercato estival. Manchester United a officialisé, mardi 1er septembre, le transfert de l'attaquant monégasque Anthony Martial pour quatre ans. Si les spéculations sur le montant de la transaction oscillent entre 50 et 80 millions d'euros, selon la presse sportive, une chose est sûre : le club anglais a cassé sa tirelire pour s'offrir le Français de 19 ans.

Un fait étonnant quand on sait que l'attaquant monégasque n'a marqué que 11 buts en 52 sélections de Ligue 1, et qu'il n'a toujours pas joué un match avec l'équipe de France. Alors pourquoi les Red Devils ont-ils autant déboursé pour Anthony Martial ? 

Parce que les droits télévisés ont fait flamber le foot anglais

La Premier League est le championnat le plus riche du monde, et pour briller, les clubs n'hésitent pas à dépenser des sommes faramineuses lors des marchés des transferts. Cette hyperpuissance du football anglais est en partie due au montant astronomique des droits télévisés. Pour diffuser le championnat au Royaume-Uni sur la période 2016-2019, Sky et BT ont mis sur la table la somme record de 6,92 milliards d'euros, soit 2,3 milliards par an, selon L'Equipe. C'est trois fois plus que la Ligue 1 en France !

Si l'on prend la tranche basse de 50 millions d'euros, le transfert d'Anthony Martial coûtera quand même au Red Devils presqu'un tiers des droits télévisés que le club a perçus en 2014. Ils sont estimés à 162,3 millions d'euros, selon le cabinet Deloitte

Mais Manchester United anticipe aussi sur ses nouveaux revenus : à partir de mai 2017, le dernier de la Premier League touchera 136 millions d'euros de droits TV, contre 210 millions pour le champion, note L'Equipe. De plus, la vente des droits à l'étranger, qui n'est pas encore clôturée, devrait encore augmenter les recettes. 

Parce que les prix explosent à la fin du mercato

Au Royaume-Uni, le dernier jour du mercato constitue un évènement. La chaîne Sky y consacre 24 heures d'antenne, avec des présentateurs hystériques. Le moindre selfie d'un joueur dans sa voiture génère une rumeur de transfert. Parce que la pression des fans est considérable ce dernier jour, les clubs ont pratiquement l'obligation d'être présents sur ce marché, même si les prix s'envolent.

Ainsi, Manchester United, qui s'est fait chiper l'attaquant du Barça Pedro par Chelsea quelques jours plus tôt, a fait exploser les enchères sur le dossier Anthony Martial. La valeur du Monégasque était estimée à 8 millions d'euros en mai, d'après le site de référence Transfermarkt. Elle a grimpé quand il a prolongé son contrat, en juillet, et s'est littéralement envolée lorsque Manchester, à qui il manquait un attaquant, est revenu à la charge dans les dernières heures du mercato. Les dirigeants monégasques, qui n'avaient pas besoin de le vendre, ont fait monter les enchères, jusqu'à ce que l'offre de MU soit impossible à refuser. Ce qu'on appelle dans le jargon du marché des transferts un "panic buy". Un achat de panique.

Parce que Manchester United veut faire de Martial
le nouveau Thierry Henry 

Avec le transfert de Martial, les Red Devils font le pari d'un joueur qui va continuer à grandir. "Anthony est un attaquant talentueux, jeune et polyvalent, avec un gros potentiel", explique le manager néerlandais de Manchester, Louis Van Gaal, selon le Guardian (en anglais).

Anthony Martial est considéré par les spécialistes comme le nouveau Thierry Henry, une icône en Angleterre. Dans quatre ans, Manchester United espère ainsi capitaliser lors de la revente de Martial. "Les gros achètent maintenant des talents pour maximiser ensuite leur potentiel, analyse Rob Wilson, économiste à l'université de Sheffield Hallam. Les montants deviennent tellement élevés pour recruter des stars qu'ils doivent regarder ailleurs."