Remerciée par l'Olympique lyonnais, une jeune joueuse de football poursuit le club pour discrimination sexuelle

Après avoir été évincée, une joueuse du centre de formation poursuit le club en justice pour discrimination sexuelle. Sa mère raconte à franceinfo qu'elle n'a jamais signé de contrat.

Le ballon de la finale du Mondial de football féminin.
Le ballon de la finale du Mondial de football féminin. (?THIERRY LARRET / MAXPPP)

Une jeune footballeuse du centre de formation des féminines de l'Olympique lyonnais (OL) a fait face à son ancien club devant un tribunal lundi 26 août. Cette jeune fille de 17 ans poursuit l'OL pour discrimination sexuelle et demande sa réintégration. Après une saison à Lyon, elle n'avait pas été conservée à l'été 2018. Le tribunal de grande instance de Lyon rendra sa décision le 9 septembre.

"Salie et trompée"

À l’été 2017, la jeune Myriam intègre le centre de formation lyonnais, mais tout se fait oralement, raconte sa mère. "On nous a promis que Myriam était engagée au sein de l'Olympique lyonnais pour trois ans. À aucun moment on nous a proposé de signer quoi que ce soit. Nous étions plusieurs parents dans le même cas à n'avoir jamais rien signé, ça m'a rassurée, je me suis dit que c'était normal", explique Sophie.

Myriam porte le maillot de l’OL pendant la saison 2017-2018, une année difficile. Elle accuse son coach de harcèlement sexuel. Cet entraîneur, qui démissionne dans la foulée, a depuis été mis en examen pour "atteinte sexuelle" sur une autre joueuse mineure.

À l’été, Myriam doit quitter l’académie pour des raisons sportives uniquement, dit le club. Le choc est violent pour sa mère Sophie qui se sent "salie et trompée", et se demande "comment elle a pu se faire avoir".

En n'ayant rien signé, on s'est retrouvées complètement démuniesSophie, la mère de Myriamà franceinfo

Les garçons du centre de formation ont bien plus de garanties légales que les filles, selon Slim Ben Achour, avocat de Myriam. "Un garçon bénéficie d'un contrat, d'une convention dans laquelle tout est banalisé, son hébergement, sa formation, sa scolarisation, alors que tout ça n'existe pas pour les filles", explique l'avocat qui a pu étudier certains contrats. D'après lui, au sein de ce club, "les filles sont corvéables à merci puisqu'elles ne disposent pas de garanties posées par le cadre".

L'académie de l'OL a un fonctionnement discriminatoirel'avocat Slim Ben Achourà franceinfo

L’OL reconnaît une différence de statut entre les filles et les garçons. Le club fait savoir que c'est à cause des règlements de la ligue et de la fédération. Cet argument ne tient pas pour maître Slim Ben Achour. "Il y a des normes supérieures dans la Constitution française, dans les normes internationales, qui interdisent la discrimination sexuelle", explique l'avocat qui est convaincu que l'OL sera "nécessairement condamné pour discrimination sexuelle au centre de formation"

Depuis cette double affaire de harcèlement et de plainte pour discrimination, la famille de Myriam assure que les portes d’autres centres de formation lui sont fermées. Une double peine qui incite la jeune joueuse à insister pour réintégrer l’OL et réaliser son rêve de football professionnel.