Quatre anecdotes sur Alfredo Di Stefano, footballeur légendaire du Real Madrid

L'attaquant hispano-argentin est mort, lundi, après une crise cardiaque. 

Alfredo Di Stefano, le 12 juin 1956 à Paris. 
Alfredo Di Stefano, le 12 juin 1956 à Paris.  (AFP)

L'ancien joueur hispano-argentin avait fêté ses 88 ans, vendredi. Alfredo Di Stefano est mort après une crise cardiaque, lundi 7 juillet. Voici quatre anecdotes sur le légendaire attaquant du Real Madrid, club dont il était président d'honneur. 

Il a failli signer au FC Barcelone

Alfredo Di Stefano est l'icône du Real Madrid, dont il avait porté les couleurs durant 11 saisons entre 1953 et 1964, empochant au passage cinq coupes d'Europe et deux Ballons d'or. Mais il a bien failli ne jamais rejoindre Los Blancos.

En 1953, c'est le FC Barcelone qui recrute l'attaquant après un accord avec River Plate, le club argentin qui possédait les droits légaux sur Alfredo Di Stefano. Mais le Real négocie en parallèle avec les Millonarios, où évolue le jeune attaquant à l'époque. "Une bizarre manœuvre fédérative avec l'aval franquiste a décidé que Di Stefano jouerait de manière alternée une saison dans chaque club", raconte le site officiel du Barça, qui finit par renoncer au joueur, contre dédommagement.

Il a joué pour deux sélections nationales différentes 

Ils ne sont pas nombreux dans ce cas-là. Mais Alfredo Di Stefano a joué pour deux pays différents en compétition internationale : l'Argentine en 1947 et l'Espagne de 1957 à 1961. 

Né à Buenos Aires, Alfredo est d'abord sélectionné avec l'Albiceleste pour le championnat sud-américain en Équateur en 1947. L'attaquant marque six buts dont un triplé contre la Colombie, et l'Argentine va jusqu'en finale. Puis "la Flèche blonde" est naturalisée Espagnol. Et c'est donc avec la Roja qu'il est sélectionné pour les éliminatoires de la Coupe du monde 1958 puis en 1962. 

Cette année-là, l'Espagne aligne deux autres naturalisés d'origine hongroise : Ferenc Puskás et László Kubala, qui lui a porté trois maillots de sélections nationales différents : le tchécoslovaque, le hongrois, et enfin l'espagnol. 

Il a été enlevé par des rebelles castristes au Venezuela 

Le 26 août 1963,  Alfredo Di Stefano est enlevé par des membres du Front national de libération du Venezuela. Alors que le Real est à Caracas pour disputer la Petite coupe du monde des clubs, de faux policiers interpellent l'attaquant dans sa chambre d'hôtel pour "une histoire de trafic de drogues". C'est dans la voiture qu'ils lui annoncent qu'ils sont membres de la FALN, une organisation paramilitaire castriste.

Ils lui signifient son enlèvement, lui bandent les yeux et parcourent une quarantaine de kilomètres, selon le quotidien sportif Marca (PDF en espagnol). Il est relâché quelques jours plus tard devant l'Ambassade d'Espagne au Venezuela, où il manque de s'évanouir, assailli par les journalistes alors qu'il n'a pas fermé l'œil depuis trois jours, assis sur un inconfortable canapé, la peur au ventre.

Il marquait des buts comme il faisait l'amour 

C'est l'une de ses citations les plus connues, selon Europasur.es (en espagnol) "Marquer des buts, c'est comme faire l'amour : tout le monde sait faire, mais personne ne le fait comme moi."

L'homme qui avait gardé franc parlé et accent argentin dénonçait régulièrement le football business. Et de tacler : "Le vrai football s'est arrêté le jour où le premier coiffeur a mis les pieds dans un vestiaire."