"Mon père nous apprenait le foot en cachette" : l'incroyable destin de Nadia Nadim, réfugiée afghane devenue attaquante au PSG

La footballeuse danoise d'origine afghane vient de signer au PSG et va disputer son premier match à domicile, samedi, sous les couleurs de son nouveau club. 

Nadia Nadim lors d\'un entraînement à Utrecht le 22 juillet 2017.
Nadia Nadim lors d'un entraînement à Utrecht le 22 juillet 2017. (DANIEL MIHAILESCU / AFP)

"C’est vraiment au Danemark, dans le camp de réfugiés, que je suis tombée amoureuse du football. C’était comme une obsession, je voulais devenir footballeuse".... À 31 ans, Nadia Nadim vient de signer un contrat avec le Paris Saint-Germain et disputera samedi 2 février face à Montpellier son premier match à domicile avec son nouveau maillot. Une joueuse de football pas comme les autres, dont le destin a été marqué par la guerre en Afghanistan, les camps de réfugiés et la passion du ballon rond.

L'incroyable destin de Nadia Nadim - un reportage de Fanny Lechevestrier
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Nadia ne se départit jamais de son sourire, même lorsqu'elle raconte son histoire, celle d’une petite fille afghane de 10 ans, dont le père, haut gradé dans l’armée, est exécuté par les talibans en 2000. Elle explique la fuite avec sa mère et ses quatre sœurs via le Pakistan, puis l’Italie, avant d’arriver par hasard au Danemark, dans un camp de réfugiés. C’est là qu'a grandi sa passion pour le football, auquel son père l'avait initiée. "Mon père nous apprenait les rudiments en privé. On y jouait même un peu à l’intérieur de la maison ou dans le jardin, cachées par les murs, parce qu'en Afghanistan on n’avait pas le droit de faire du sport et les filles ne pouvaient rien faire. C'est au Danemark que l'histoire a commencé", relate la jeune femme.

Un symbole et un modèle 

Cette passion a mené Nadia Nadim jusqu’en sélection du Danemark. Elle y est même devenue la première joueuse née à l’étranger à porter le maillot danois. Et rapidement, elle est érigée comme un symbole d’intégration réussie dans son pays d’adoption, un modèle aussi pour les femmes afghanes. Une image qu’elle assume pleinement.

C’est pour ça que j’accepte les interviews, pour partager mon histoire, pour montrer que c’est possible.Nadia Nadimà franceinfo

"Peu importe finalement le contexte si quelqu’un vous donne une seconde chance. Et pour les filles en Afghanistan ou dans d’autres pays où elles ne peuvent pas faire de sport, pas aller à l’école, je veux jouer un rôle pour que cela change, en parlant, en essayant d’agir", ajoute Nadia. 

Devenir médecin pour aider les autres

L’attaquante du PSG mène de front des études de médecine pour devenir chirurgienne. Il ne lui reste qu'un semestre à valider au Danemark. Un métier auquel elle tient pour pouvoir, explique-t-elle, rendre l’aide qu’elle a reçue. "Jouer au football, c’est une passion, mais c’est quelque chose que je fais pour moi. Or, je veux aussi pouvoir aider les autres. Et devenir médecin, c’est une belle façon, je pense, d’y parvenir, d’avoir un impact positif sur la vie des gens, affirme Nadia. On peut tous aider à notre façon, par des petites choses parfois. Je le sais parce que je l’ai moi-même vécu", raconte-t-elle.

J’ai été tout en bas, au plus mal, mais on m’a aidée et cela a changé ma vie et celle de ma famille.Nadia Nadimà franceinfo

Nadia dit son plaisir de vivre aujourd'hui à Paris. "Personne ne m’oblige à rien. C’est mon choix d’être là, de jouer au football dans cette ville dont je rêvais depuis longtemps, s'exclame-t-elle, toujours en souriant. Je rencontre de nouvelles personnes, je découvre une nouvelle culture, j’apprends une nouvelle langue. À quoi pourrais-je rêver de mieux ?" Le rêve, ce mot revient souvent chez la joueuse danoise. Elle signe d’ailleurs tous les autographes aux enfants par les termes "dream big""rêve en grand"