Premier League : Harry Kane et Manchester City au centre des attentions, lutte enragée pour l'Europe... Cinq questions sur la reprise de la saison

La Premier League reprend ses droits à partir de vendredi, avec une affiche entre Arsenal et Brentford.

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Sadio Mané lors d'un match de pré-saison avec Liverpool le 8 août. (PHILIP BRYAN / PROSPORTSIMAGES / AFP)

Le promu Brentford reçoit Arsenal (21h), vendredi 13 août, en ouverture de l'exercice 2021-2022 de Premier League. Course à l'Europe effrénée, transfert record, promus attractifs et retour du public : franceinfo: sport vous résume la reprise du football dans le Royaume en cinq questions.

Avec le Citizen Kane, qui pourrait stopper Manchester City ?

Il n’est pas encore là, mais son nom revient avec insistance dans le nord de l’Angleterre : Harry Kane, meilleur buteur du dernier exercice (23 buts) pourrait poser ses valises à Manchester City. Voir le buteur attitré de la Perfide Albion rejoindre le champion en titre, déjà doté d’un effectif pléthorique, a de quoi faire frémir les défenses de l’île, elles qui pensaient avoir un semblant de répit avec le départ d'un Sergio Agüero en fin de parcours, à Barcelone.

Si Kane n’est pas encore Cityzen, Jack Grealish, lui, l’est bien. La nouvelle star du football anglais a dépassé le précédent record de Paul Pogba, en devenant le joueur le plus cher du Royaume (118 millions d’euros). De quoi renforcer la densité du groupe de Pep Guardiola, dont le onze remplaçant pourrait à lui seul concourir pour le titre (Laporte, Fernandinho, Mahrez, Ferran Torres, Gabriel Jesus, Bernardo Silva…).

Comment les Skyblues pourraient donc perdre leur couronne, eux qui ont mis tout le monde dans le rétroviseur à l’hiver, alignant 19 matchs sans défaite (17 victoires et deux nuls), pour ne jamais être rejoints ? Avec son flegme habituel, Pep Guardiola n’a pas eu à chercher un lointain exemple pour enlever un peu de pression à son groupe. "La saison dernière, Liverpool était inarrêtable et tout le monde pensait que ce serait pareil cette saison, c’est une bonne leçon pour nous. Rien n’est jamais acquis. Nous pouvons avoir des blessures, des mauvaises passes, et c’est pourquoi nous devons toujours être vigilants", a averti le technicien espagnol.

Jack Grealish sous ses nouvelles couleurs à Manchester City. (ADRIAN DENNIS / AFP)

Liverpool et Manchester United prêts à ravir la couronne ?

Liverpool, justement, repart à la conquête du trône d’Angleterre qu’il avait offert à la ville des Beatles après 30 ans de sevrage forcé. Usé par une année exceptionnelle (champion d’Angleterre et finale de Ligue des champions), le club phare de la Mersey a fait durer la gueule de bois, pas aidé par une défense décimée avec Virgil van Dijk, Joe Gomez et Joël Matip à l’infirmerie, obligeant Jürgen Klopp à redescendre d’un cran son capitaine Jordan Henderson et Fabinho.

Une équipe sur les rotules, cassée en deux, qui a perdu l’euphorie de sa soif de titre, et qui doit se régénérer. L’arrivée du Français Ibrahima Konaté de Leipzig devrait offrir une vraie alternative en défense à Liverpool, qui a néanmoins réussi à prolonger pour au moins un an l’ossature du groupe champion en 2019. Il faudra cependant sans doute faire sans Sadio Mané (Sénégal) et Mohamed Salah (Egypte) lors de la Coupe d'Afrique des Nations (CAN) en janvier, mois charnière dans la course au titre en Angleterre.

On repart à l’Est pour revenir à Manchester. En difficulté pour suivre la frénésie de son voisin honni, United a privilégié la qualité à la quantité cet été. Deux recrues phares ont rejoint Old Trafford : Jadon Sancho et Raphaël Varane, dont l’officialisation est imminente. Dauphins de City la saison passée mais sans jamais pouvoir lutter pour le titre, les Red Devils sont sur le palier de la saison qui les rapproche de leur lustre d’antan. Paul Pogba toujours là, Bruno Fernandes à la manoeuvre, Luke Shaw et Harry Maguire excellents pendant l’Euro : ce United là corrige tous ses points faibles d’année en année.

Paul Pogba, le milieu de terrain de Manchester United. (LINDSEY PARNABY / AFP)

Quels prétendants pour la course à l’Europe ?

Si les trois sus-cités semblent promis aux places menant directement en Ligue des champions, beaucoup d’équipes devraient se mêler à cette lutte invraisemblable pour les joutes européennes. Jugez plutôt : Chelsea, Arsenal, Tottenham, Everton, Leicester, Leeds, West Ham voire même Wolverhampton ou Aston Villa. Il y a beaucoup (trop) de prétendants pour peu d’élus. La saison dernière, il y avait six points d’écart entre le 4e (Chelsea) et le 8e (Arsenal).

Vainqueur de la dernière Ligue des champions, Chelsea semble un candidat naturel au top 4, surtout si Romelu Lukaku, qui revient dans l’ouest de Londres après son premier passage entre 2011 et 2014, fait oublier les prestations décevantes de Timo Werner. Derrière, Leicester, qui vient de perdre Wesley Fofana sur blessure jusqu'en 2022, Tottenham, pendu aux désirs de son buteur, et Arsenal, qui a fait sauter la banque pour l’international anglais de Brighton Ben White (60M d’euros), tenteront de bousculer le "Big Four" actuel.

Brentford peut-il être le nouveau promu séduisant ?

Ces dernières années, le championnat anglais a pris la bonne habitude de révéler un promu au jeu surprenant, souvent tourné vers l’offensive, et qui sauve sa place dans l’élite de la très concurrentielle Premier League. En 2019, Wolverhampton et sa colonie portugaise avait terminé 7e, se qualifiant pour la Ligue Europa dès son accession. La saison suivante, encore plus inattendu : Sheffield United, 9e dès sa remontée. Sous la patte de Chris Wilder, l’équipe du Yorkshire avait gravi deux échelons en quatre ans, avant d’être rétrogradée en Championship cette année. La saison dernière, la surprise fut moindre connaissant Marcelo Bielsa mais tout de même : l’homme à la glacière a amené Leeds dans la première moitié du tableau, révélant au passage un joueur comme Kalvin Phillips.

Une équipe suivra-t-elle cette trace lors de l’édition 2021-2022 ? Trois promus s’y frotteront : Brentford, Norwich et Watford. Le premier, vainqueur en finale des playoffs de Championship de Swansea, a tout de la belle histoire. Comptant parmi la palanquée de clubs londoniens évoluant dans les divisions inférieures, Brentford retrouve l’élite pour la première fois depuis… 1947, soit 74 ans d’attente ! Si les prédictions les annoncent bas, les "Bees" (abeilles) ont tout pour surprendre, à commencer par leur buteur Ivan Toney, recordman l’an passé du nombre de buts en deuxième division (31), et deux recrues prometteuses : Kristoffer Ajer et Frank Onyeka.

Mais tout ce petit monde va devoir très vite s’adapter à l’exigence de l’élite, ce qui ne semble pas faire peur au téméraire boss des Bees, Thomas Frank : "Nous allons attaquer la ligue. Nous sommes un bourdon : nous ne sommes pas conçus pour léviter, mais nous avons quand même pu voler jusqu’à la Premier League et nous ferons tout notre possible pour continuer à voler aussi haut que possible."

Ivan Toney, l'attaquant de Brentford, peut-il continuer sur sa lancée en Premier League ? (MI NEWS / NURPHOTO / AFP)

Le Covid peut-il faire frémir la surpuissante Premier League ?

C’est la question qui fâche : la pandémie de Covid-19 viendra-t-elle endiguer la fureur des supporters anglais, vider les stades et entacher les performances d’un astérisque ? A priori, la réponse est non. Vides depuis mars 2020, les stades vont pouvoir faire le plein dès vendredi et l’ouverture de la saison entre Brentford et Arsenal, les mesures d’interdiction de stade liées au Covid-19 étant pratiquement toutes levées depuis le 19 juillet. Les personnes souhaitant assister aux rencontres seront contrôlées aléatoirement à l'entrée des stades et devront montrer une preuve de vaccination contre le Covid-19 ou un test négatif récent, a indiqué mardi la Premier League. La BBC précise que le gouvernement anglais, qui a pour l’instant refusé de mettre en place un pass sanitaire obligatoire, se laisse jusqu’à septembre pour décider s’il sera requis pour l’entrée au stade.

Du côté des joueurs, la situation n’est pas alarmante mais plusieurs clubs ont reçu des alertes, notamment Arsenal, qui a dû annuler son voyage aux États-Unis après la détection de plusieurs cas positifs. Manchester United, Aston Villa et Chelsea ont quant à eux été contraints d'annuler des matchs amicaux. Sur 3118 tests effectués entre le 2 et le 8 août, neuf nouveaux cas de Covid ont été détectés au sein des clubs de Premier League, joueurs et staffs confondus. La Premier League a annoncé qu'elle maintiendra son rythme de tests, à raison de deux fois par semaine.

En Angleterre, la vaccination n'est pas obligatoire pour les joueurs de l'élite, mais "encouragée", a indiqué à l'AFP un porte-parole de la Premier League. L'obligation de vaccination pour tous les joueurs et tous les spectateurs à partir du 1er octobre est étudiée par le gouvernement, mais jugée inapplicable par plusieurs clubs. Dans un premier temps, alors que le championnat démarre le 13 août, les joueurs et les membres du staff devront toujours se faire tester deux fois par semaine, mais avec des tests rapides. Les tests PCR ne seront donc plus nécessaires.

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