"Les Blancs pensent être supérieurs et ils croient l'être" : Lilian Thuram se défend après ses propos polémiques

L'ancien footballeur, connu pour son engagement dans la lutte contre le racisme, assure que sa phrase a été "sortie de son contexte". Il s'exprimait dans le journal italien "Corriere dello Sport" après les cris de singe de supporters contre un joueur noir, en Sardaigne.

Lilian Thuram à Paris, le 4 avril 2018. 
Lilian Thuram à Paris, le 4 avril 2018.  (CHRISTOPHE SIMON / AFP)

Ses propos font beaucoup réagir, il se défend. L'ancien défenseur de l'équipe de France, Lilian Thuram est au cœur d'une polémique après ses déclarations dans le journal italien Corriere dello Sport (en italien), mercredi 4 septembre, alors qu'il s'exprimait sur les cris de singe lancés par des supporters italiens contre l'attaquant de l'Inter Milan Romelu Lukaku. 

Le champion du monde 1998 a estimé dans le journal "qu'il fallait prendre conscience qu'il existe du racisme dans la culture italienne, française, européenne et plus généralement dans la culture blanche". Et d'ajouter qu'il était "nécessaire d'avoir le courage de dire que les Blancs pensent être supérieurs et qu'ils croient l'être. C'est quelque chose qui dure malheureusement depuis des siècles". 

Une "dérive du combat antiraciste" 

Ses propos ont beaucoup fait réagir. Dans un communiqué, la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra) parle d'une "dérive du combat antiraciste dans lequel Lilian Thuram s'est toujours investi". "Cette assignation, qui crée un monde avec les Blancs d'un côté et les Noirs de l'autre, n'est pas acceptable si on prétend, comme souhaite le faire Lilian Thuram, combattre le racisme", indique la Licra. 

Plusieurs personnalités d'extrême droite ont également condamné ses propos, comme le président des Patriotes Florian Philippot, qui estime qu"on est ici pile poil dans la définition du racisme"

Jean Messiha, membre du bureau national du Rassemblement national (RN) qui brigue l'investiture du parti pour les municipales à Paris, affirme que les propos de Lilian Thuram s'apparentent à une forme de "suprémacisme noir". 

Moins virulent, le chroniqueur de France Inter Thomas Legrand a, lui, parlé d'une "essentialisation maladroite" après avoir tweeté dans un premier temps : "Ça c'est du racisme !". 

Vikash Dhorasoo et Rokhaya Diallo le défendent 

Sur RTL, jeudi 5 septembre, Lilian Thuram a assuré que "la phrase a été sortie de son contexte".  "On a fait un amalgame de mes réponses sans mettre les questions", a-t-il expliqué, arguant qu'il voulait pointer du doigt le "complexe de supériorité sur les Noirs" des supporters imitant des cris de singe dans les stades. "Cette polémique me touche, je pense que ça ferait plaisir à beaucoup de personnes de me mettre dans la catégorie 'racistes'", conclut-il. 

De nombreuses voix se sont élevées pour défendre le sportif. L'association SOS Racisme a répliqué au communiqué de la Licra pour s'ériger contre le "procès à Lilian Thuram". "Il est inacceptable de le traiter de communautariste et de raciste. Nous connaissons son combat et ses valeurs", écrit Dominique Sopo, le président de SOS Racisme. 

La journaliste et militante Rokhaya Diallo et l'ancien footballeur lyonnais Vikash Dhorasoo ont également volé à son secours. Ce dernier estime que le fait de critiquer Lilian Thuram consistait en réalité à relayer les thèses de l'extrême droite sur le "racisme anti-Blanc".