Salzbourg-Lille : si près mais si loin, mais que manque-t-il au LOSC pour enfin gagner en Ligue des champions ?

Pour leur deuxième match de Ligue des champions de la saison, les Lillois ont perdu à Salzbourg (1-2) mercredi soir, en donnant l'impression de ne toujours pas être en mesure de s'exprimer sur la scène la plus prisée d'Europe.

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L'entraîneur de Lille, Jocelyn Gourvennec, n'a pu que constater les dégâts après la défaite à Salzbourg le 29 septembre en Ligue des champions (1-2). (JOE KLAMAR / AFP)

"On a fait trop d'erreurs. On a perdu trop de ballons, il nous fallait plus de maîtrise. Il y avait la place et c'est ça qui est rageant". Sans chercher d'excuse sur les deux penalties concédés, reconnaissant les erreurs des siens, Benjamin André a parfaitement traduit le sentiment paradoxal qui dominait après la défaite de Lille à Salzbourg (1-2) en phase de groupes de la Ligue des champions mercredi 29 septembre.

D'un côté, l'issue de la rencontre a semblé logique, tant l'équipe autrichienne a dominé les Dogues dans quasiment tous les compartiments du jeu, le pressing et l'animation offensive en tête. De l'autre, un seul but a séparé les deux formations au coup de sifflet final et le jeu s'est arrêté après 30 minutes de domination claire de la part des Nordistes, enorgueillis par la réduction du score de Burak Yilmaz sur coup franc (62'). "Il y avait la place" – encore plus si l'on se dit que toutes les forces n'ont pas été jetées dans la bataille –, mais que manque-t-il exactement au LOSC pour briser la spirale ?

Un nouvel élan sous Gourvennec

Après quasiment quatre années, de redressement jusqu'à la consécration nationale, l'ère Christophe Galtier a pris fin à Lille cet été. Le départ du technicien vers un nouveau défi, à Nice, a laissé le tout frais champion de France se choisir un nouveau capitaine de navire. Claudio Ranieri, Lucien Favre, Laurent Blanc... Plusieurs noms ont circulé et c'est le moins clinquant qui a débarqué. Visage connu en Ligue 1 pour des expériences diverses entre Guingamp et Bordeaux, Jocelyn Gourvennec a dû reprendre le flambeau d'un prédécesseur qui faisait l'unanimité, récupérant une équipe ayant déjà maximisé son potentiel sur la scène nationale.

11 matchs se sont écoulés depuis sa prise de fonction et une étrange impression perdure. Comme si l'entraîneur soufflait sur les braises de l'ère Galtier pour retrouver la dynamique qui s'est brisée à son arrivée. En Ligue 1, son équipe a déjà perdu autant de fois en huit journées que sur toute la saison précédente (trois fois). Contre Salzbourg mercredi soir, cela s'est manifesté par une confiance aveugle au dispositif en 4-4-2 qui avait mené Lille au titre de champion de France, et ce du coup d'envoi au coup de sifflet final, malgré les problèmes posés par le pressing adverse dans le coeur du jeu.

Aucun ajustement explicite à louer. Les idées sont empruntées, au même titre que les mots. Avant de céder contre Salzbourg, le discours était aussi convenu que prévisible en conférence de presse : "À nous de jouer notre jeu pour leur poser des problèmes". Les semaines passent, même doudoune, même gestuelle : la main devant les yeux après le but encaissé. Les deux victoires consécutives contre Reims et Strasbourg (2-1) avaient signé un léger mieux, mais c'était encore insuffisant pour prétendre à une victoire en C1. L'intéressé préfère positiver : "On a tres bien débuté le match. On a réussi à sortir de leur pressing. Si techniquement et dans nos choix nous sommes meilleurs, on ne parle plus du penalty. Il nous manque de la justesse dans les derniers mètres. Ce pénalty les remet dans le match."

Plus de profondeur d'effectif

À la décharge de l'entraîneur, l'effectif dont il dispose n'est pas aussi pléthorique que celui des autres représentants du foot français. Le seul attaquant de pointe de profession à sa disposition a désormais 35 ans et son efficacité n'est plus la même que la saison passée. Aux côtés de Yilmaz, les ailes posent également problème. Jonathan Ikoné et Jonathan Bamba ne sont plus des titulaires indiscutables. Il y a également trois latéraux à gauche, mais un seul à droite, et il n'est même pas aligné pour affronter Salzbourg (Djalo a été préféré à Çelik). "Les entrants ont apporté leur fraîcheur. Un effectif plus dense va nous aider à hausser le niveau", positive encore Gourvennec, qui attend toujours le retour de Renato Sanches.

Mais si l'on compare l'effectif de cette saison à celui de 2020-21, il n'y a pas eu de grand chambardement. Rien à voir avec les fenêtres estivales précédentes, seuls Mike Maignan et Boubakary Soumaré ont quitté le Nord parmi les titulaires qui ont mené Lille vers son sacre en Ligue 1. "On a surperformé la saison précédente", prévenait le président Olivier Létang au début du mois. Certains diront qu'ils partagent cette analyse, d'autres diront qu'il ne s'agit ni plus ni moins d'un coup d'extincteur préventif, pour baisser les attentes des supporters...

Un match clé pour ne pas complexer

À en juger par le dénouement des précédentes campagnes de Ligue des champions des Dogues (derniers de leur groupe en 2012-13 et 2019-20), nouer des rêves fous parait démesuré. Lille n'a plus gagné dans la compétition depuis novembre 2012, contre le BATE Borisov (2-0 à l'extérieur). Une éternité. Si les prestations ont souvent été pertinentes, encourageantes, c'est bien la frustration qui s'est installée petit à petit.

À l'image de la courte défaite à domicile contre Chelsea à l'automne 2019 (1-2), il n'a parfois pas manqué grand chose pour se libérer. Mais à force de voir la victoire se refuser à lui, le LOSC va finir par nourrir un complexe en C1... s'il n'est pas déjà là car son pourcentage de victoires dans la compétition n'est que de 15% (6/40). Sur toutes les équipes ayant joué au moins 40 matchs au plus haut niveau européen, seuls le Steaua Bucarest (4) et le Dinamo Zagreb (5) ont remporté moins de rencontres que Lille.

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