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Real-Atletico, des voisins si différents

Adversaires en finale de Ligue des champions samedi au stade de la Luz à Lisbonne, le Real Madrid et l’Atletico Madrid ne partagent que la capitale espagnole. Standing, styles de jeu, politique sportive, tout diffère.
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France Télévisions
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Gareth Bale et Filipe Luis au coude à coude

La Maison Blanche vs les Matelassiers

Neuf Ligue des champions à zéro, trente-deux Liga à dix, dix-neuf Coupes d’Espagne à dix. Le palmarès parle pour le Real, club des quartiers riches de Madrid portant un maillot blanc immaculé. Dans l’ombre de son imposant voisin, l’Atletico a tenu la comparaison dans les années 70 (3 championnats, 2 coupes, 1 finale de C1) avant de retomber dans l’anonymat. Les rayures rouge et blanche de sa tenue, couleur des matelas en Espagne au XXe siècle, racontent ses origines modestes. Face au majestueux Santiago Bernabeu s’élève le rustique Vicente-Calderon. Aux mouchoirs blancs des Merengue répondent les clameurs furieuses des Rojiblancos les soirs de grands matches. ""La motivation de ce club, c'est de jouer ici, et non pas contre qui nous jouons", tranche Simeone.

Vidéo: Le Real Madrid prépare sa finale 

Simeone, le feu vs Ancelotti, la glace

Diego Simeone et Carlo Ancelotti  partagent le goût du costard, de la tactique et de la victoire. Les mêmes fins, mais pas les mêmes moyens. L’Argentin est un leader hors-pair, teigneux et aboyeur. "Il arrive à nous convaincre qu'on peut battre n'importe qui", explique son milieu de terrain Gabi. L’Italien incarne lui la force tranquille, une main de fer dans un gant de velours. Le premier vit les matches, saute, court, console son joueur Arda Turan quand il sort blessé, le second serre brièvement le poing sur un but de son équipe et laisse transparaître peu de sentiment sur son visage. A Simeone on donne du "Cholo", surnom des chefs de gang mexicains aux Etats-Unis, à Ancelotti du "Mister" pour saluer sa classe et son palmarès. Avec deux Ligues des champions (2003, 2007), des titres de champion de France, d’Italie, d’Angleterre et de nombreuses coupes à son palmarès, "Carletto", 54 ans, est plus rôdé que son homologue madrilène, de dix ans son cadet. Même si ce dernier a conquis une Ligue Europa, une Supercoupe d’Europe, une Coupe d’Espagne et une Liga depuis 2012.

Bloc compact vs individualités

Certes, Diego Costa et David Villa ont marqué à eux deux plus de la moitié des buts de l’Atletico en championnat (40 sur 77). Mais à la base du succès du deuxième club de la capitale il y a un bloc équipe compact étouffant l’adversaire. La patte Simeone. Avant l’arrivée du technicien argentin, les Rojiblancos marquaient beaucoup mais prenaient trop de buts pour viser le haut du classement. Sous ses ordres, ils sont devenus les plus imperméables d’Espagne avec 26 buts encaissés en 38 matches de Liga. "L'Atletico est forte en tant qu'équipe et non en tant que groupe d'individus. Nous allons jouer contre une équipe très  solide, qui travaille très bien ensemble, témoigne Carlo Ancelotti. C'est  une équipe très compacte même lorsqu'elle attaque." A l’inverse, le voisin madrilène a fait feu de tout bois, porté par sa BBC (63 réalisations sur 104 pour Benzema, Bale, Cristiano Ronaldo en championnat) mais a encaissé 38 buts. "Ils ont de meilleurs joueurs individuellement", reconnaît sans mal Simeone. Si les deux clubs brillent en contre-attaque, l’Atletico a une grosse corde à son arc : les coups de pied arrêtés, sur lesquels il a marqué six de ses onze derniers buts en Liga. L’arme des faibles pour certains, l’arme fatale pour d’autres.

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