Ligue 2 : Nancy relégué en National dans le chaos, ou comment le club au chardon s’est fané

L’AS Nancy Lorraine sera reléguée en National pour la première fois de son histoire après l'arrêt définitif de son match contre Quevilly (0-3) pour des jets de fumigènes, vendredi. 

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Le public de l'AS Nancy Lorraine dépité par les résultats du club. (CEDRIC JACQUOT / MAXPPP)

Ça fait bien longtemps que le Chardon de l’AS Nancy Lorraine ne pique plus grand monde. Coupé de ses racines avec une vente malheureuse, le club n’est plus que l’ombre de celui qui avait remporté une Coupe de France avec Michel Platini en 1978 et une Coupe de la ligue en 2006.

Retombée dans l’anonymat de la Ligue 2 depuis plusieurs années, l’ASNL poursuit sa lente agonie et évoluera en National la saison prochaine, après son match arrêté vendredi 22 avril contre Quevilly-Rouen à cause de jets de fumigènes des supporters lorrains, alors que les Nancéiens étaient menés 3-0 sur leur pelouse. Sans même attendre la décision de la Ligue sur la suite de ces événements, l'ASNL a annoncé sa relégation. Retour sur les évènements qui ont plongé Nancy dans un hiver sans fin.

2017, la relégation de trop

A l’ouest, il y avait le Stade Rennais, le club en rouge et noir qui monte et qui descend. A l’est, Nancy lui a longtemps renvoyé l’image dans le miroir de champion des ascenseurs entre l’élite et l’étage inférieur. De l’an 2000 jusqu’à maintenant, l’ASNL a passé 13 saisons en Ligue 2. Sous le joug de Pablo Correa, Nancy s’est pourtant installé près de dix ans dans l’élite avec à la clé une Coupe de la Ligue en 2006 et une 4e place historique lors de la saison 2007-2008.

Le coach emblématique des Nancéiens fera son retour entre 2013 et 2017 pour ramener le club en Ligue 1. Ça ne durera qu’une seule saison. Le 20 mai 2017, au soir d’une victoire pour l’honneur contre Saint-Etienne (3-1), Nancy retombe à l’échelon inférieur. Le début du calvaire.

2020 : une vente qui déracine le Chardon

Approché début 2020 par le City Football Group (propriétaire émirati de Manchester City entre autres), l'AS Nancy Lorraine pense alors rejoindre ce groupement de clubs. Mais les Emiratis préfèrent finalement l'ESTAC Troyes à l'ASNL, dont le président Rousselot veut se défaire, fatigué par 27 ans de présidence et de rustines financières à répétition pour éviter la relégation administrative. L'emblématique dirigeant nancéien cède enfin la main pendant l’hiver 2020.

Jacques Rousselot a tout connu avec Nancy. Des épopées européennes, des titres et des relégations. Après une première vente avortée en 2018 et un premier passage de relais à Jean-Michel Roussier, le président historique de l’ASNL tient enfin ses repreneurs. Pour une dizaine de millions d’euros, le club lorrain est racheté par New City Capital, un consortium d’investisseurs sino-américains qui détient déjà les clubs d’Ostende (D1 belge), Barnsley (D2 anglaise), Den Bosch (D2 néerlandaise), Esbjerg (D2 danoise) et Thoune (D2 suisse).

Cette vente déstabilise le club dont le président Gauthier Ganaye, un trentenaire qui habite dans le nord et qui préside aussi le club d’Ostende, brille souvent par son absence. Sans patron et sans racine, le club perd pied à tous les étages. Sur le terrain, l’équipe patine. Nancy est au bord du gouffre.

Une saison en enfer

8e à l’issue de la saison 2021, Nancy ne s’attend pas à tomber si vite dans le précipice. Artisan de la montée de Barnsley en deuxième division anglaise, l’entraîneur allemand Daniel Stendel est appelé à la rescousse par les actionnaires pour relancer l’équipe. Dix journées plus tard, l’ASNL n’a toujours pas gagné un match et occupe la dernière place du classement de Ligue 2. Stendel est écarté et remplacé par Benoît Pedretti qui va assurer un intérim …de plus de trois mois.

Entraîneur de la réserve en début de saison, l’ancien international ne sent pas à sa place et le fait savoir à sa direction. Il quitte le banc mi-janvier. La patate chaude arrive alors dans les mains d’Albert Cartier, un ancien de la maison. Lanterne rouge depuis la 5e journée, Nancy ne décolle toujours pas et reste sur une victoire lors de ses onze derniers matches quand Quevilly-Rouen-Métropole débarque à Marcel-Picot.

Mais à l’image de la saison, le match de la dernière chance vire au cauchemar. Nancy coule à pic et se retrouve mené 3-0 avant la pause. Une pluie de fumigènes provoque deux interruptions de match avant la mi-temps. Le match est définitivement arrêté pour des raisons de sécurité. Le rideau tombe. Sans même attendre une éventuelle décision de la Ligue sur la suite des événements, l'ASNL a annoncé d'elle-même sa relégation. Si l’avenir du club s'écrira en National, une première à ce niveau depuis la création de l'ASNL en 1967, il est plus incertain que jamais.

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