"On nous prive de stade, de télé... On va déprimer !" : paroles de supporters de foot en manque de matchs

Les négociations autour de l'avenir des droits télé font craindre le pire aux supporters, déjà privés de stade depuis trois mois et le début du second confinement.

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Radio France
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Le stade Bollaert-Delelis, principal stade de football de Lens, le 28 septembre 2019. (ROMAIN BERCHET / FRANCEINFO)

Nicolas tient un hôtel à quelques minutes du stade Bollaert-Delelis, à Lens. Une des cathédrales du foot français aujourd'hui plus vide que jamais. La perspective d'un écran noir les soirs de Ligue 1 l'inquiète au plus haut point. "Peu importe le championnat, en première ou en seconde division, Lens aura toujours son public derrière explique Nicolas. Là, c’est tristounet, même dans les clubs amateurs, les gens doivent être chez eux. Ils n’ont pas le droit d’aller supporter. C’est compliqué".

Après la liquidation de Mediapro, qui avait décroché l'essentiel des lots des droits télé, et les manœuvres entre les diffuseurs potentiels et la Ligue de football professionnel (LFP) autour d'un nouvel appel d'offre, les supporters sont inquiets. Déjà soumis au couvre-feu, à Lens comme ailleurs, ils s'interrogent : y aura-t-il du foot à à la télé après le 31 janvier ? Et les clubs vont-ils s'en sortir ? Après cinq ans d'absence, les Sang et Or ont retrouvé la Ligue 1 cette saison. Mais pour Nicolas, cette joie a donc laissé place à l'inquiétude quant à l'avenir du club : "Beaucoup trop d’argent a été investi. Maintenant, ils s’en rendent comptent. En plus, avec la crise, les soucis de droits télé et les supporters qui ne remplissent pas les stades, c’est un gros manque à gagner. La question économique se pose dans beaucoup de clubs, et certainement plus qu’à Lens qu'autre part."

300 km pour voir un match... dans une chambre d'hôtel

Loïc supporte l'OM mais habite près de Paris. Frustré de ne plus voir son équipe, il est allé en voiture jusqu'à Lens mercredi soir, avant le Trophée des champions, un PSG-Marseille disputé à Lens : "On a fait 300 kilomètres sur un coup de tête. On s’est dit que ce serait bien que l’on y aille. On a pris la route pour aller les supporter. J’ai chanté une petite heure avec les supporters, vers le bus...  et je suis rentré à l’hôtel, malheureusement, pour regarder le match sur la télé."

La goutte d'eau qui fait déborder le vase, pour Loïc, c'est le fiasco du groupe Mediapro, avec sa chaîne Téléfoot : "Tout est question d’argent pour Loïc, sauf que l’on ne pense pas à nous. Eux, ils veulent se faire de l’argent, mais nous, on paye les pots cassés. Toute la semaine on travaille, on met de l’argent de côté pour pouvoir aller les voir jouer au stade, pour pouvoir payer l’abonnement et les regarder à la télé." Pour Loïc, ne plus aller au stade et supporter son équipe, c'est déjà trop : "Il ne faut pas nous couper tout ça. La vie est dure, au bout d’un moment, il faut arrêter ! Il va falloir trouver une solution, on nous prive de stade, de télé. Si on nous coupe tout, on va déprimer"

En attendant, Loïc l'assure. Il se déplacera le temps qu'il faudra, même s'il faut faire 500 kilomètres pour aller chanter à l'entrée d'un stade.

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