Lille : "Des supporters" qui "frappent leurs propres joueurs, ça dépasse l'entendement"

Le président de l'association du Losc, Patrick Robert, a dit dimanche sur franceinfo espérer "des sanctions très fermes" après que des supporters ont envahi la pelouse du stade de Lille pour s'en prendre aux footballeurs lillois.

Des supporters du Losc envahissent la pelouse du stade Pierre Mauroy à Lille (Nord), le 10 mars 2018.
Des supporters du Losc envahissent la pelouse du stade Pierre Mauroy à Lille (Nord), le 10 mars 2018. (AFP)

"C'est la surprise, la désolation. Moi ça me sidère", s'est indigné Patrick Robert, président de l'association du Losc dimanche 11 mars sur franceinfo. À Lille (Nord), samedi soir, des supporters ont envahi la pelouse du stade Pierre-Mauroy à la l'issue de la rencontre de ligue 1 de football contre Montpellier. Ils s'en sont pris physiquement aux joueurs. Patrick Robert qui préside l'organisme regroupant l'ensemble des sections du Losc hors groupe professionnel estime qu'on était "carrément dans la guerre" et espère "qu'il y aura des sanctions très fermes". La Ligue de football professionnel (LFP) a annoncé que ce dossier sera mis en instruction dès jeudi soir devant ses instances disciplinaires.

franceinfo : Quelle est votre réaction après l'envahissement du terrain par des supporters lillois qui ont frappé des joueurs ?

Patrick Robert : C'est la surprise, la désolation, ce n'était pas seulement une manifestation, c'était un commando. Moi ça me sidère. Ça fait 47 ans que je suis au club, 15 ans que je suis président [de l'association du Losc], je n'ai jamais vu une chose pareille. Je n'ai jamais vu des supporters ou des pseudo-supporters frapper leurs propres joueurs. Ça dépasse un peu l'entendement. Là, on était carrément dans la guerre. Il y a un peu d'abattement. Maintenant, je ressens de la colère, je pense qu'il faut en finir avec ça.

Que pensez-vous de ces supporters ?

Pour moi ce sont des gens qui n'ont rien à faire dans un stade de football. C'est un lieu de rassemblement, c'est un lieu où il ne doit pas y avoir de violences. C'est peut-être un discours d'ancien combattant, mais ça me désole. Je crois qu'il va y avoir des suites à cette affaire, parce que c'est intolérable. Le club peut porter plainte. Il y aura pas mal d'identifications à l'aide de nos caméras de sécurité. Ces gens-là, mis à part quelques capuches, ont agi à visage découvert. Ce sont des abonnés. J'espère qu'il y aura des sanctions très fermes.

Que souhaitez-vous comme sanctions ?

Des interdictions de stade tout simplement. Ensuite il peut y avoir d'autres dépôts de plainte par la Métropole européenne de Lille qui est propriétaire du stade et par des joueurs qui ont pris des coups. Tout le monde est encore un peu sidéré. À partir de demain [lundi] on pourra en savoir plus. Pour le club, la Ligue ne peut pas laisser passer cela. Il y aura une amende et ça peut aller jusqu'au match joué à huis clos avec sursis, j'imagine. Il y a l'image de Lille qui commence à être bien dégradée depuis le début de saison et c'est cela qui m'afflige un peu. Bien que tout soit mis en œuvre par nos services de sécurité qui sont exemplaires, mais vous savez 150 à 200 personnes qui sont animées de ce genre de volonté peuvent passer outre. Aujourd'hui, nos stadiers ne sont pas surhommes, ils ne sont pas 5 000.