Ligue 1 : l'OM broie (encore) du noir contre Lens et s'enfonce dans la crise

Après la défaite contre la lanterne rouge nîmoise (1-2), l’atmosphère était électrique mercredi 20 janvier au Vélodrome pour le match en retard des Olympiens contre Lens (9e journée de Ligue 1). Une ambiance pesante que ne sont pas venues calmer les banderoles véhémentes des supporters exposées dans le stade. Inoffensifs pendant 90 minutes, les hommes d’André Villas-Boas ont connu un troisième revers de rang face à des Nordistes plus inspirés (0-1). L’OM s’empêtre dans la crise.
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France Télévisions
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Morgan Sanson (OM), tête basse après la défaite de son équipe contre Lens le 20 janvier 2021 (NICOLAS TUCAT / AFP)

Il y a encore quelques semaines, ce match en retard de la 9e journée de Ligue 1 entre Marseille et Lens était perçu comme une aubaine dans le clan olympien. Une occasion en or de revenir à hauteur des premières positions au classement, et même, pourquoi pas, prendre les devants. Forcément au soir du 20 janvier, le vertige est immense. Cette nouvelle défaite contre Lens (0-1) sur un but de Banza (59e), après les deux concédées contre Nîmes (1-2) et le PSG lors du trophée des champions (1-2), vient définitivement lever le voile sur le niveau actuel de l'OM. Sans inspiration, sans aucun esprit de révolte, les coéquipiers de Steve Mandanda ont sombré, littéralement. Au point de voir les places qualificatives pour la prochaine Ligue des champions s'éloigner encore un peu plus.

Des statistiques qui illustrent un gros malaise

Parfois les statistiques en disent plus long que mille mots. En première période, Marseille n'a frappé qu'une seule fois au but. Il s'agit, ni plus ni moins, de son plus faible total lors des 45 premières minutes d'un match de Ligue 1 à domicile depuis qu'Opta analyse la compétition (2006/07). Encore une ? L'OM a encaissé au moins un but lors de ses 12 derniers matchs disputés au Vélodrome en championnat, sa plus mauvaise série dans l'élite depuis janvier-septembre 2005 (13).

Tensions entre joueurs et dirigeants, banderoles incendiaires... la crise couve

Les esprits les plus taquins diront que les records sont faits pour être battus, positivement comme négativement. Mais le contexte est encore plus inquiétant. L'humiliation – vécue comme tel dans le clan olympien – contre la lanterne rouge de la Ligue 1 samedi 16 janvier a fait des remous sur la Canebière. Une réunion houleuse entre les dirigeants et les joueurs a fait trembler les murs de la Commanderie. Et ce climat de crise s'est étendu aux supporters, qui réclament depuis plusieurs semaines la tête du président du club, Jacques-Henri Eyraud.

Ce mercredi, les banderoles affichées dans les travées du stade Vélodrome pour l'entrée des joueurs sont venues ajouter à cette défiance générale. "Vous nous faites honte" dans le virage Nord ; "Vous êtes dégueulasses" dans le virage Sud... De l'autre côté, un maillot bleu était encadré de deux phrases : "Mouillez le ou cassez-vous !" et "Ne le donne pas, respecte-le". Ce dernier message était probablement destiné à Florian Thauvin, qui avait échangé son maillot avec l'attaquant du Paris SG Kylian Mbappé à la pause du Trophée des Champions entre les deux équipes, il y a une semaine. L'image avait été très critiquée par une partie des supporters de l'OM.

"On ne dégage plus cette force collective" regrette Mandanda

L'incapacité du défenseur marseillais Duje Caleta-Car à mettre des mots sur les raisons de la contre-performance de son équipe fait craindre le pire. Même son capitaine Steve Mandanda, d'ordinaire lucide pour analyser les prestations des siens, semblait perdu au micro de la chaîne Téléfoot. "Je ne sais pas, on ne dégage plus cette force collective qu'on avait la saison dernière", tentait-il vaguement d'expliquer. "Il faut qu'on se remette en question, qu'on assume tout ce qui va se passer derrière. Il y a beaucoup de choses à changer."

Plus que jamais, le coach André Villas-Boas est dans le viseur et particulièrement en danger. "On est à fond avec lui", a sobrement commenté le portier des Bleus, l'un des rares Olympiens au niveau ce soir. "Je ne suis pas ici pour emmerder la direction", a précisé le Portugais après le coup de sifflet final. "Ils n'ont pas besoin de me virer, je prendrais mes responsabilités si c'est ce qu'ils veulent mais jusqu'à présent on a toujours discuté en bonne intelligence". 

S'il est difficile de deviner la tournure des événements à l'heure actuelle, une chose semble sûre : une nouvelle défaite samedi 23 janvier contre le voisin monégasque viendrait créer un nouveau gros séisme à Marseille.

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