Incidents à l'OM : huit supporters en détention provisoire en attendant le procès

Les faits s'étaient déroulés ce samedi 30 janvier. Des supporters Marseillais avaient dégradé le centre d'entraînement de la cité phocéenne. Suite à ces incidents, huit supporters ont été mis en détention provisoire. Six autres ont été placés sous contrôle judiciaire en attendant le procès, reporté au 24 février 2021. Ils encourent au maximum 5 ans de prison et 75 000 euros d'amende.
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Ils voulaient "dire (leur) mécontentement", mais nient pour la plupart toute action violente. Dans le box pour cette audience de comparution immédiate, 14 hommes. Tous sont âgés de 19 à 37 ans, venant pour certains de Mâcon, de la Haute-Marne ou de la région parisienne. Sauf Dorian, qui affirme ne "pas supporter de foot, pas du tout", tous reconnaissent être supporters de l'Olympique de Marseille.

Chacun essaie désormais de se justifier concernant les fait. C'est le cas de Faisal, 23 ans, déjà condamné pour vol avec effractions : "Samedi, j'étais en centre ville. J'ai croisé un copain qui m'a dit qu'il y avait une fête d'avant-match. Là-bas, quand je suis arrivé j'ai compris que ce n'était pas la même chose." De son côté, Mohamed, saisonnier de 23 ans, était venu spécialement de Bourgogne pour "manifester, pour dire notre mécontentement contre la direction du club". Julien, boulanger à Aix-en-Provence, jure quant à lui qu'il n'est "pas rentré une seule seconde dans la Commanderie", en poursuivant : "Je suis pas venu pour faire quoi que ce soit, je suis venu pour chanter, dire mon mécontentement", assure-t-il, vêtu d'un sweat-shirt à capuche "Ultras Marseille, since 1984".

L'examen des faits a été renvoyé au 24 février à la demande d'une majorité de prévenus. En attendant cette nouvelle audience, huit ont été placés sous mandat de dépôt face à un risque de réitération des faits, a justifié la présidente alors que le PSG est attendu dimanche à Marseille. Six autres ont été placés sous contrôle judiciaire avec interdiction pour les non-Marseillais de venir dans la cité phocéenne et interdiction de manifester.

"D'autres auteurs" sont encore recherchés

Le procureur avait pourtant requis la détention pour tous. "On veut casser le portail, on veut pénétrer, il y a des coups échangés (...) C'est une attaque en règle dès le départ, hyper-violente", avait-il fustigé, indiquant au passage chercher "d'autres auteurs" parmi les quelque 300 supporters présents samedi devant le centre d'entraînement, où 25 interpellations avaient eu lieu.

Rassemblés derrière une immense banderole "Cassez Vous" et portant des drapeaux "Dirigeants Dehors", les manifestants avaient commencé par se masser devant les grilles de la Commanderie, allumant pétards, feux d'artifice et fumigènes. Ils en avaient par la suite, lancé un grand nombre au-delà des murs d'enceinte et trois arbres à l'entrée ont fini calcinés. En passant par des champs voisins, une partie de ces supporters sont ensuite entrés dans l'enceinte du centre "y compris dans le bâtiment du groupe professionnel", selon l'OM. Selon les dirigeants du club, les dégradations dans les bâtiments s'élèvent à "plusieurs centaines de milliers d'euros". Le club a porté plainte dès dimanche.

A l'audience lundi, seul Romain, 19 ans, en BTS immobilier, a reconnu être entré dans la Commanderie et s'être "acharné" contre un véhicule. Son avocat Me Christophe Pinel a reconnu "à quel point le cumul de cerveaux peut entraîner une paupérisation de l'intelligence". Même si la présidente a bien séparé chaque situation, Me Nicolas Besset, qui défend quatre des prévenus, a regretté des décisions "incompréhensibles". D'autant que pour lui, "ceux qui ont véritablement commis des actes répréhensibles sont encore en liberté".

Ils sont pour la plupart poursuivis pour avoir "participé sciemment à un groupement, (...) en vue de la préparation (...) de violences volontaires contre les personnes ou de destructions ou dégradations de biens", pour les dégradations en réunion du centre d'entraînement du club de L1, et pour la dégradation d'une voiture de police, selon la procureure Dominique Laurens.

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