Liga : champion dès le retour de Carlo Ancelotti, comment le Real Madrid a parfaitement géré l'après-Zidane

Le Real Madrid a remporté son 35e titre de champion d'Espagne, samedi, grâce à sa victoire face à l'Espanyol Barcelone (4-0).

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Carlo Ancelotti célébré par ses joueurs après la victoire du Real Madrid contre l'Espanyol Barcelone (4-0), samedi 30 avril 2022. (GABRIEL BOUYS / AFP)

Une formalité pour conclure une promenade de santé. Le Real Madrid a retrouvé le sommet du championnat d'Espagne en décrochant, samedi 30 avril, le 35e titre de son histoire en Liga. Ce sacre incontestable, acquis à quatre journées de la fin, n'avait pourtant rien d'une évidence l'été dernier.

Le départ de Zinédine Zidane et un parfum de fin de cycle laissaient planer une phase de reconstruction pour les Merengues. Mais le retour de Carlo Ancelotti sur le banc a refait de la formation madrilène une machine à gagner, et même écraser la concurrence.

Avec une avance très confortable sur le FC Séville et le FC Barcelone, difficile de se dire qu'Ancelotti a évité un éventuel déclassement du Real Madrid. L'été dernier, dans la capitale espagnole, personne n'avait imaginé un tel scénario. Deuxième de Liga la saison passée derrière son voisin, l'Atlético, sorti en demi-finale de la Ligue des champions, Zinédine Zidane n'avait pas signé une sortie infamante pour son dernier exercice.

Mais le Real n'avait pas remporté le moindre trophée de la saison, une première depuis 2010. On disait surtout des Merengues qu'ils étaient vieillissants, en perte de vitesse et incapables de se renouveler. La succession de Zidane, manquée dans les grandes largeurs lors de son premier départ en 2018 et l'intermède Santiago Solari, s'annonçait d'autant plus difficile.

Dire que certains pensaient Ancelotti fini...

La signature de Carlo Ancelotti, pourtant vainqueur de la Ligue des champions avec le Real en 2014 et dont "ZZ" était le disciple, n'avait d'ailleurs que très mollement rassuré. Presque à l'image de son ex-nouvelle crémerie, l'entraîneur transalpin était vu comme dépassé, sur la voie du "has been" après des passages sans grand relief dans des clubs de moindre calibre (Naples, puis Everton). Pour faire du neuf, Madrid faisait avec du vieux en somme.

C'était trop vite oublier le profil aussi bien de ce club que de son technicien. Oui, le Real s'est appuyé sur un noyau dur presque inchangé et qui a fini par prendre de l'âge. Mais il avait aussi su anticiper certains de ses maux par des recrutements de moyen terme comme Vinicius, Militão, Mendy ou Rodrygo. Et si Ancelotti n'est pas un projet d'avenir, l'Italien s'est fait le spécialiste des cycles courts et vertueux depuis plus d'une décennie. Chelsea (2009-2011), Paris (2011-2013), Real (2013-2015), Bayern (2016-2017) : partout où "Carletto" passe, les palmarès se garnissent.

Benzema magnifié

Alors, à défaut d'avoir une foule de grands noms du coaching disponibles, le Real Madrid s'est appuyé sur son ADN pour gagner, son seul objectif chaque saison. Une génétique partagée par ces mêmes cadres du vestiaire (Kroos, Modric, Courtois…) encore bien présents, et ravis de retrouver un technicien maître dans l'art de la communication avec ses joueurs. Avec Carlo Ancelotti, la Maison blanche s'est octroyée des garanties à défaut de certitudes. Celles-ci ont fini par vite se matérialiser.

Karim Benzema et Carlo Ancelotti lors du match entre le Real Madrid et le Paris Saint-Germain, en huitièmes de finale de la Ligue des champions, le 15 février 2022 au Parc des Princes. (JOSE BRETON / NURPHOTO via AFP)

Pendant que le FC Barcelone pataugeait en début de saison et que l'Atlético tendait vers sa propre caricature pour assurer sa propre succession, le Real Madrid aura connu le luxe d'une année sans nuage. Les Madrilènes n'ont guère connu qu'une courte semaine de turbulences fin septembre. La troupe d'Ancelotti n'a pas forcément étincelé tactiquement, remportant la moitié de ses matchs en Liga par seul un but d'écart (12 sur 25). Mais cette confiance quasi inébranlable en ses forces l'a éloigné de l'inconstance et transformé la saison en un long fleuve tranquille. En 34 journées, le Real n'en aura passé qu'une seule hors du trône.

Un titre dans chacun des cinq grands championnats : historique "Carletto"

Carlo Ancelotti aura aussi réussi l'un de ses tours de force, mettre dans les meilleures dispositions ses individualités pour punir l'adversaire. Comme il l'avait fait lors de son premier passage à Bernabeu avec Cristiano Ronaldo, l'entraîneur de 62 ans a fait de Karim Benzema le leader technique locomotive de tout son collectif. Déjà responsabilisé par Zinédine Zidane après le départ de "CR7" vers la Juventus, l'avant-centre français signe la plus belle saison de sa carrière, bien aidé par la liberté que lui laisse son entraîneur pour peser.

À ses côtés, Vinicius joue le rôle d'étincelle et a progressé à pas de géant en quelques mois. Le duo a inscrit 60 des 108 buts du Real en compétitions officielles, mettant en pièces les défenses d'Espagne et du continent, bien que désormais averties du danger.

Des joueurs au sommet pour une recette inchangée, le pari Carlo Ancelotti est réussi. Cerise sur le gâteau, il vient réparer un impair, le titre de 2015 que son Real avait vu s'envoler dans le sprint final. La couronne de 2022 offre à l'Italien une première Liga pour garnir sa moisson historique : le voilà premier technicien à avoir remporté au moins une fois chacun des cinq grands championnats. Et un possible doublé avec la Ligue des champions est plus qu'envisageable après l'exceptionnelle demi-finale aller et la courte défaite concédée sur la pelouse de Manchester City (4-3). Sans s'être laissé le temps de perdre son rang, le Real est pourtant bien de retour.

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