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Platini dément tout "arrangement" pour donner au Qatar la Coupe du monde 2022

Dans une enquête publiée mardi, "France Football" affirme que l'attribution de la compétition à l'émirat aurait été notamment influencée par Michel Platini.

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France Télévisions
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Michel Platini, le président de l'UEFA, lors d'une conférence à Dubaï (Emirats Arabes Unis) le 28 décembre 2012. (MARWAN NAAMANI / AFP)

Le Qatar doit accueillir la Coupe du monde de football en 2022. Pourtant, le pays n'est pas une terre du ballon rond : il est 112e au classement mondial de la Fédération internationale de football (Fifa). Comment expliquer alors l'attribution de cette compétition à l'émirat ? Dans une enquête publiée mardi 29 janvier, France Football affirme que Michel Platini au cœur d'un accord entre la France, la Fifa et le Qatar, aurait influencé la décision.

Le président de l'UEFA dément formellement. "Croire que mon choix se serait porté sur Qatar-2022 en échange d'arrangements n'est que pure spéculation" affirme Michel Platini. "Je ne m'interdis pas d'attaquer en justice toute personne qui mettra en doute mon intégrité dans ce vote".

Francetv info revient sur les principaux points de cette affaire.

Réunion autour de Sarkozy

D'après le bi-hebdomadaire, un déjeuner secret s'est tenu à l'Elysée le 23 novembre 2010, à l'initiative de Nicolas Sarkozy. Le président de l'époque avait réuni Michel Platini, président de l'UEFA (l'Union des associations européennes de football), le prince du Qatar, Tamin bin Hamad al-Thani, et Sébastien Bazin, représentant de Colony Capital, alors propriétaire du PSG et en très grande difficulté financière.

Toujours selon France Football, c'est là que s'est décidé le rachat du club de foot parisien par le Qatar et le lancement d'une chaîne qatarie pour affaiblir Canal+. Avec quelle contrepartie ? "Que Michel Platini ne donne pas sa voix aux Etats-Unis, comme il l'avait envisagé, mais au Qatar" pour l'organisation de la Coupe du monde en 2022, écrit le magazine.

"Comme je l'ai déjà répété, le Président Sarkozy ne se serait jamais permis de me demander de voter pour Qatar 2022 car il sait que je suis un homme libre", conteste cependant le principal intéressé, rappelant que dans un souci de "transparence", il avait lui-même révélé au médias l'existence du dîner en question "quelques semaines avant le vote".

Une attribution surprise

Six semaines plus tard, le 2 décembre, la Qatar devient le pays hôte de l'événement. Une décision prise "à la surprise générale", indique France Football. D'autant plus que "lors de sa visite d'inspection, la Fifa [n'avait] pas franchement caché son pessimisme vis-à-vis d'un projet qui cumule quelques handicaps", écrivait Slate. Parmi eux : les températures caniculaires qui peuvent monter en été jusqu'à 50°C. Sans compter que les supporters ne pourront pas boire de bière puisque le Qatar n'autorise pas la vente de boissons alcoolisées.

Un Qatari brandit une reproduction de la Coupe du monde de football, à Doha, le 3 décembre 2010. (MARWAN NAAMANI / AFP)

11 millions pour Zidane ?

Le footballeur français avait soutenu la candidature du Qatar. Et, pour cela, il aurait reçu 11 millions d'euros, indique France Football reprenant le chiffre qui avait circulé à l'époque selon de nombreux médias comme Europe1 ou encore Sport24. Des affirmations qui avaient valu une mise au point du champion du monde. "On a parlé de dix, onze, douze, treize millions d'euros... Je vais le dire clairement : c'est n'importe quoi. Ce n'est pas le quart de ces sommes", avait-il assuré dans un entretien à L'Equipe en février 2011.

D'autres personnalités ont été ambassadeurs du dossier qatari. Parmi elles, Christian Karembeu ou encore Pep Guardiola (qui va devenir entraîneur du Bayern de Münich). Les sommes seraient montées jusqu'à 25 millions d'euros pour ce dernier, selon France Football.

Corruption généralisée à la Fifa ?

Dans son dossier de 22 pages, France Football livre notamment le témoignage de Guido Tognoni, un ancien membre de la Fifa. Ce dernier, écarté par l'association en 2003, décrit l'organisation "comme une petite mafia". Selon lui, "tout ce qui se passe à la Fifa depuis des dizaines d'années, c'est la culture du sport pourri". D'après cet ancien responsable qui a passé treize ans au sein de la Fifa, il est "difficile de parler d'achat de voix, mais plutôt d'organisation de voix grâce à des accords et des échanges de bons procédés".

"Les soupçons de corruption qui pèsent sur le comité exécutif de la FIFA n'aident pas à éclaircir cette affaire", avait écrit à l'époque le site Les Dessous du sport.

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