VRAI OU FAKE Foot : le Brésilien Marquinhos a-t-il snobé le président Jair Bolsonaro lors de la Copa America ?

Des internautes l'affirment, vidéo à l'appui. Mais une autre séquence, plus longue et filmée sous un autre angle, leur apporte un démenti.

Le président brésilien Jair Bolsonaro au milieu des footballeurs brésiliens vainqueurs de la Copa America, le 7 juillet 2019, au stade Maracana de Rio de Janeiro (Brésil).
Le président brésilien Jair Bolsonaro au milieu des footballeurs brésiliens vainqueurs de la Copa America, le 7 juillet 2019, au stade Maracana de Rio de Janeiro (Brésil). (CARL DE SOUZA / AFP)

Une victoire et une polémique. Après douze années de disette, le Brésil a remporté sa neuvième Copa America, à domicile, en battant le Pérou (3-1), dimanche 7 juillet au stade Maracana de Rio. Une controverse est cependant venue ternir le triomphe de la Seleçao. Une vidéo devenue virale semble en effet montrer le défenseur brésilien Marquinhos qui snobe le président de son pays, le très contesté Jair Bolsonaro, lors de la remise des médailles. Alors, vraie ou fake news ?

Dans cette courte séquence, on voit le président brésilien pivoter sur sa droite, alors que le cadre de la Seleçao arrive à sa hauteur, sur sa gauche. Plutôt que d'attendre que Jair Bolsonaro se retourne vers lui, Marquinhos poursuit son chemin, sans s'arrêter et sans un regard au chef de l'Etat. Jair Bolsonaro jette finalement un coup d'œil au champion, au moment où celui-ci tombe dans les bras d'un autre officiel.

Marquinhos a bien serré la main de Jair Bolsonaro

Mais une autre vidéo, filmée sous un autre angle et plus en longueur, apporte un tout autre éclairage à la scène. On voit d'abord Marquinhos serrer la main de Jair Bolsonaro, lequel lui tapote l'épaule en retour. Puis le président brésilien se tourne vers le footballeur qui devance Marquinhos dans la file, Coutinho, et lui offre la médaille d'or des vainqueurs.

Au même moment, l'officiel qui précède Jair Bolsonaro remet à Marquinhos sa médaille. Jair Bolsonaro, qui a déjà félicité Marquinhos et n'a pas de raison de lui décerner une deuxième médaille d'or, se tourne donc vers le porteur du plateau de médailles, afin d'être prêt à décorer un autre joueur. Et Marquinhos, qui a déjà sa médaille autour du cou et a déjà salué son président, poursuit son chemin. 

Face à l'ampleur prise par l'affaire, Marquinhos a tenu à démentir les intentions que nombre d'internautes lui prêtaient. "Pour l'amour de Dieu, non. J'y suis allé, je l'ai salué, puis je suis revenu chercher la médaille avec la personne qui était devant lui. Cela n'a posé aucun problème", a tranché le défenseur du PSG, cité par le média brésilien Globo.  

Et Marquinhos d'insister pour faire taire les critiques : "Je pense que le président est notre plus haute autorité dans le pays. La Copa America se jouant ici, je ne vois pas de problème à sa présence à la fête, il représente le pays. Dans d'autres pays, les choses se passent aussi de cette façon. Pas de problème."

La président brésilien fête le titre avec les joueurs

Car quand Jair Bolsonaro est descendu sur la pelouse à la fin du match, un grand nombre de supporters l'ont sifflé, pendant que d'autres l'ont acclamé, en criant "Mito" ("le mythe"), le surnom que lui donnent ses partisans. En voyant le président arriver, certains joueurs eux aussi ont commencé à crier "Mito". Le chef de l'Etat a posé au milieu de l'équipe victorieuse, le trophée à la main, un grand sourire aux lèvres.

Cette Copa America disputée au Brésil a donné à Jair Bolsonaro une autre occasion de plastronner. La fédération argentine s'était d'ailleurs plainte de ses "manifestations politiques". Lors de la demi-finale entre l'Argentine et le Brésil, mardi à Belo Horizonte, le dirigeant brésilien a entamé un mini tour d'honneur, protégé par un important dispositif de sécurité, s'arrêtant à plusieurs reprises pour saluer de près des groupes de supporters. L'un deux lui a remis un drapeau du Brésil, qu'il a fait tournoyer énergiquement dans les airs. 

Mardi, Jair Bolsonaro avait toutefois été plus acclamé que hué. Dimanche au Maracana, les sifflets étaient bien plus marqués.