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Ligue des nations : en difficulté défensivement et peu inspirée en attaque, la France concède le nul en Croatie

Trois jours après la défaite contre le Danemark, les Bleus n’ont pas réussi à faire mieux qu’un match nul à Split, lundi, face à la Croatie (1-1).

Article rédigé par Denis Ménétrier, franceinfo: sport - De notre envoyé spécial à Split
France Télévisions - Rédaction Sport
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min
Le Français Aurélien Tchouameni et le Croate Luka Modric, le 6 juin 2022, lors du match de Ligue des nations entre les deux équipes, à Split (Croatie). (FRANCK FIFE / AFP)

A ce rythme-là, Didier Deschamps va faire des cauchemars en pensant à l'alignement de sa défense. Dans un système à trois défenseurs ou à quatre (le choix fait par le sélectionneur lundi 6 juin), l'équipe de France ne parvient pas à gérer son dos et les espaces qu'elle peut y laisser. C'est arrivé deux fois face au Danemark, et une fois de plus contre la Croatie lundi, lors du match nul concédé par les Bleus au stade Poljud de Split (1-1), en Ligue des nations.

Alors que les Bleus se dirigeaient vers une victoire petits bras après le but d'Adrien Rabiot (52e), Benjamin Pavard s'est mis à défaut par deux fois sur la même action, avec deux mauvais alignements d'affilée. Dans la foulée de l'action, Jonathan Clauss, à peine entré en jeu, a fauché Andrej Kramaric dans la surface et ce dernier a transformé le penalty (83e). La panique a alors pris le dessus en fin de rencontre dans la défense française, qui s'en est finalement bien sortie avec un match nul.

De ce match, Deschamps aura de nombreux éléments à retirer, comme l'incapacité de son équipe, qui pourrait se transformer en mauvaise habitude, à conserver son avance au score. Comme face au Danemark, les Bleus ont marqué au retour des vestiaires après une première période bien terne. Sur un jeu dos au but habile, Wissam Ben Yedder a trouvé un Adrien Rabiot ailier gauche, position inhabituelle pour le milieu et conséquence du passage en 4-2-3-1.

Maignan décisif

Défensivement, le système éprouvé lors de la Coupe du monde en Russie, n'a pas vraiment convaincu. Les Bleus sont passés près de la correctionnelle à plusieurs reprises. Sans un retour de Presnel Kimpembe devant Ante Budimir (18e) et deux arrêts de Mike Maignan (71e, 87e), ils auraient pu s'incliner pour la première fois de leur histoire face aux Croates. La maladresse de Luka Sucic dans le temps additionnel devant les buts français a été le dernier coup de chaud de la soirée (90+2e).

En attaque, les Bleus ont une nouvelle eu trop peu d'idées. Un bon Christopher Nkunku a pensé un instant ouvrir le score et son compteur chez les Bleus, mais son but a été refusé pour une position de hors-jeu (31e). Quelques minutes plus tard, Moussa Diaby, en bonne position, a buté sur Dominik Livakovic (39e), avant que ce dernier ne détourne une frappe lointaine d'Aurélien Tchouaméni (40e). En deuxième période, Antoine Griezmann, rentré en jeu à la 62e minute, s'y est essayé deux fois en contre-attaque, sans succès (76e, 88e). C'est trop peu pour une équipe championne du monde qui se devait de réagir après sa défaite face au Danemark.

Quand le duo Kylian Mbappé-Karim Benzema est absent, comme ce soir, ou en panne d'inspiration, les solutions de repli sont prometteuses pour l'avenir mais pas encore décisives au niveau international. Il faut dire qu'en effectuant dix changements dans son 11 de départ par rapport au Danemark, pour la seconde fois en dix ans, Deschamps a mis en place une équipe peu habituée aux joutes des sélections (16 capes en moyenne par joueur au coup d'envoi).

Les Bleus en position délicate avant l'Autriche

Cette inexpérience a été flagrante sur plusieurs séquences, avec des pertes de balle et des erreurs techniques grossières face à un adversaire beaucoup plus mordant à l'impact. Les Bleus auraient pu couler face aux 33 869 spectateurs d'un stade Poljud qui a fait du bruit, et qui aurait même pu être beaucoup plus bouillant si le Torcida, le groupe des ultras de l'Hajduk Split, le club local, ne boudait pas la fédération croate et la sélection nationale. Mais c'est aussi en vivant ce type de rencontres que les néo-internationaux vont continuer de grandir.

Depuis le début du rassemblement, Deschamps a expliqué qu'il souhaitait voir le plus de joueurs possible lors des quatre matchs de juin. Il a désormais de quoi cogiter, avec des réponses plus ou moins encourageantes selon les postes. En revanche, la France a perdu le sens de la manière acquis ces derniers mois et se retrouve déjà dans une position très compliquée dans cette Ligue des nations, compétition qu'elle a remportée en octobre dernier. Pour conserver son titre, elle devra quasi obligatoirement s'imposer vendredi à Vienne, contre l'Autriche.

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