Football féminin : les joueuses prennent position contre la D1 à dix équipes

D1 à dix, manque de moyens financiers, D2 à l'arrêt... Les footballeuses professionnelles demandent plus de considération de la part des instances de la FFF afin de revaloriser le football féminin français face à ses voisins européens. 

Article rédigé par
Shéhérazade Ben Essaid - franceinfo: sport
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Amandine Henry (Olympique Lyonnais) et Kadidiatou Diani (PSG Feminin) lors du championnat de France féminin, match de football D1 Arkema entre le Paris Saint-Germain et l'Olympique Lyonnais le 20 novembre 2020, au stade Parc des Princes à Paris. (STEPHANE ALLAMAN / STEPHANE ALLAMAN)

"On nous demande de jouer à dix contre les meilleures équipes du monde...". Samedi 15 mai, les capitaines de clubs de D1 et D2 ont rédigé une tribune publiée par L'Équipe pour manifester leur opposition à la suppression de deux clubs en D1 dès la saison prochaine (10 clubs au lieu de 12). Un projet évoqué lors d'un comité exécutif de la Fédération française de football (FFF), début mai. 

"Nous n'avons pas atteint le haut niveau pour nous faire la passe à dix. Nous vivons et vibrons pour un foot performant et percutant, combatif, compétitif et fédérateur", ont-elle affirmé, avec le soutien de leurs clubs et de leurs entraîneurs.euses.

"Des décisions de bons sens doivent être prises"

Ce projet fait suite à l'arrêt de la saison de deuxième division annoncée le 23 avril, en raison de la crise sanitaire. En effet, si les relégations en D2 sont maintenues, les montées en D1 sont suspendues, les équipes n'ayant pas pu disputer la moitié des matches de la compétition. Mécaniquement, la D1 passerait à dix clubs. 

"Une D1 privée de deux clubs et une D2 bridée, c'est un football qui recule. Des décisions de bon sens doivent être prises pour permettre à notre sport d'exister sans hésiter, de s'affirmer sans balbutier, de se projeter fièrement dans l'avenir", ont poursuivi les footballeuses professionnelles.

Elles pointent du doigt l'exception française du football féminin qui "manque encore de puissance" à l'heure où les championnats européens "se développent à grande vitesse". C'est le cas des championnats d'Angleterre et d'Espagne qui ont tous les deux atteint la finale de la Ligue des Champions (Chelsea - Barcelone, dimanche 16 mai). C'est la première fois depuis 2007 qu'aucun club français (ou allemand) n'atteint la finale de C1, mettant ainsi fin à la dictature de l'Olympique lyonnais, tenant du titre pendant cinq années consécutives.

Derrière les locomotives du PSG et de l'OL, aux budgets importants, les sections féminines font face à de nombreuses difficultés de financement. Les clubs considérés comme amateurs, avaient même menacé de faire grève en septembre pour protester contre des inégalités de financement avec les formations liées à des clubs professionnels.

Les Anglais et les Espagnols ont refait leur retard

De leur côté, Anglais et Espagnols déploient des moyens financiers pour développer le sport et la compétitivité des équipes, notamment via les droits télévisuels. La BBC et Sky Sports ont acheté les droits télévisuels des trois prochaines saisons du championnat féminin anglais pour 8,1 millions d'euros et Mediapro possède les droits du football féminin espagnol pour 9 millions d'euros sur trois ans. La ligue féminine de football espagnole deviendra même professionnelle dès la saison prochaine avec seize clubs au total, pour se rapprocher du modèle de la Liga masculine.

Des progrès européens qui inspirent les françaises, qui espèrent que le football féminin français saura relever son niveau et son image. "Conjuguer le football au féminin et au futur, c'est avoir le sens de la créativité et du long terme. Notre sport grandit pas à pas, palier par palier. Lui faire manquer une marche pourrait revenir à sacrifier une génération entière. Donnons-lui plutôt les moyens d'entrer dans l'Histoire."

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers D1 féminine

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.