Le montant des mises des paris sportifs ont "plus que doublé" par rapport à la Coupe du monde 2014

Le directeur des marchés à l’Autorité de régulation des jeux en ligne (Arjel), Clément Martin-Saint-Léon, a expliqué, vendredi sur franceinfo, que la France rattrapait son retard par rapport à ses voisins en Europe.

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Les opérateurs de paris sportifs sont les grands gagnants de cette Coupe du monde de football, un domaine où la France "rattrape son retard" sur ses voisins européens, selon Clément Martin-Saint-Léon. Invité de franceinfo vendredi 6 juillet, le directeur des marchés à l’Autorité de régulation des jeux en ligne (Arjel) a confirmé que cet évènement est un jackpot pour les opérateurs avec des mises "plus que doublées" par rapport à l'édition 2014.

franceinfo : Plus de 360 millions d'euros ont été misés en France pour ce premier tour de la Coupe du monde. Est-ce beaucoup plus que lors des dernières compétitions ?

Clément Martin-Saint-Léon : On a plus que doublé le montant des mises par rapport à 2014 et même par rapport à l'Euro 2016 sur l'ensemble de la compétition. La France est en train de rattraper son retard par rapport à ses voisins européens sur la place des paris sportifs, dans les jeux et dans les loisirs en général. Lorsque le marché s'est ouvert à la concurrence en 2010, les autres pays comme l'Espagne, l'Italie ou le Royaume Uni avaient déjà ouvert leur marché. En 2017, il y a eu 2,5 milliards d'euros misés en ligne, c'est à peu près ce qu'on peut trouver chez nos voisins européens, donc la France rattrape son retard.

Les paris rentrent de plus en plus dans les usages des Français. Il y a de moins en moins de caractère honteux à jouer de l'argent et à miser.

Clément Martin-Saint-Léon

Il y a un autre phénomène qui renforce cela pendant cette Coupe du monde, c'est la médiatisation du sport en général. Plus on parle du support du pari, plus on est incité à parier sur les événements sportifs. Là-dessus, les opérateurs jouent beaucoup. Pendant cette période de Coupe du monde, il n'y a pas un journal qui se déroule sans parler de sport, donc les opérateurs renforcent leurs stratégies commerciales pour recruter de nouveaux parieurs.

Les surprises de la phase de poule de cette Coupe du monde font-elles les affaires des opérateurs de paris sportifs ?

Cela dépend, mais les surprises en général sont plutôt au détriment des parieurs, puisqu'en moyenne, ils jouent plutôt sur les favoris et prennent peu de risques. Les joueurs ont tendance à se rassurer en jouant sur les favoris, et quand ils perdent, forcément les opérateurs gagnent plus d'argent. Mais, cela n'est pas forcément à l'avantage des opérateurs, car généralement, quand les joueurs gagnent, ils remisent leurs gains et réinvestissent, donc créent plus d'activité. Mais on est très attentif et on fait passer ce message aux joueurs : "Quand vous gagnez, ne vous enflammez pas !" Souvent quand un joueur débutant gagne, il a souvent envie de recréer cette émotion du gain et donc rejoue.

Le taux de "retour au joueur" a légèrement baissé en 2017. Cela veut dire qu'il y a plus d'argent pour les opérateurs, mais moins pour les joueurs ?

Tout à fait, cela dépend de plusieurs facteurs. D'abord la stratégie de cotation des opérateurs : plus les cotes sont élevées, plus vous rendez d'argent aux joueurs. Et il y a aussi les résultats sportifs : plus les favoris gagnent, plus vous rendez de l'argent aux joueurs qui misent massivement sur les favoris.

Plus de 360 millions d\'euros ont été misés en France pour ce premier tour de la Coupe du monde 2018.
Plus de 360 millions d'euros ont été misés en France pour ce premier tour de la Coupe du monde 2018. (XAVIER DE FENOYL / MAXPPP)