Le meilleur pronostiqueur de la Coupe du monde 2018, c'est lui : on a parlé à Rodolphe, le grand gagnant du jeu Mon petit prono

Ne cherchez plus, c'est lui. Avec 1 456 points au total, Rodolphe Garcia a remporté le concours de pronostics auquel ont participé 800 000 footeux. On l'a joint pendant ses vacances en Aveyron.

Le jeu Mon petit prono, lancé à l\'occasion de la Coupe du monde 2018 en Russie.
Le jeu Mon petit prono, lancé à l'occasion de la Coupe du monde 2018 en Russie. (RAPHAEL GODET / FRANCEINFO)

Lui, n'a pas eu droit à La Marseillaise, ni à la poignée de main avec le chef de l'Etat, ni à la Patrouille de France, et encore moins à la descente des Champs-Elysées à bord d'un bus à impériale. Pourtant, Rodolphe Garcia est l'autre grand gagnant de la Coupe du monde 2018, en tout cas aux yeux des 800 000 participants du jeu Mon petit prono. C'est lui qui a remporté ce concours de pronostics, dimanche 15 juillet, après la finale entre la France et la Croatie. "A part les félicitations de ma compagne, je n'ai eu droit à aucun comité d'accueil spécial", rigole-t-il, interrogé par franceinfo. 

Sur l'ensemble de la compétition, Rodolphe a obtenu un total de 1 456 points. On a fait le calcul : c'est deux fois plus que l'auteur de ces lignes (633 points), et six fois plus qu'une certaine Alix qui a terminé bonne dernière (201 points). Le père de famille de 39 ans a même fait mieux que le footballeur amiénois Thomas Monconduit, qui sait pourtant de quoi il parle.

Pour obtenir pareil score, Rodolphe Garcia a réussi à prédire l'issue de 41 des 64 matchs et a deviné le score exact de 9 rencontres (dont la victoire 2-0 des Bleus contre l'Uruguay en quarts de finale). "Et encorej'ai complètement zappé de pronostiquer sur le France-Argentine, dit-il en souriant. Je m'en suis rendu compte après le coup d'envoi mais c'était trop tard."

Capture d\'écran du classement général de Mon petit prono.
Capture d'écran du classement général de Mon petit prono. (MON PETIT PRONO)

"Mon métier de trader m'a bien aidé"

Ses deux plus belles surprises, c'est d'avoir vu le 1-1 entre la Russie et l'Espagne, et la victoire 2-1 de l'Arabie saoudite contre l'Egypte. A partir de là, ses amis également en lice ont commencé à le "détester".

Les potes avec qui je jouais étaient dégoûtés que je trouve tout ça. Parfois, je leur lâchais mon prono un quart d’heure avant le coup d'envoi. Mais sinon, c'était chacun pour soi.Rodolphe Garciaà franceinfo

Rodolphe Garcia est "le premier surpris" de sa victoire. "Je connais assez bien le foot, c'est vrai, mais ça ne fait pas tout, il y a une part de chance aussi", admet ce supporter du PSG, qui a longtemps été abonné en tribune Auteuil. Il n'a d'ailleurs pas toujours été aux avant-postes. "Au tout début, j'étais 32 000e, pas terrible. Puis j'ai remonté, remonté. Avant la petite finale entre la Belgique et l'Angleterre, j'étais 31e, là, j'ai commencé à y croire." 

Sa force, c'est d'avoir réussi à avoir trouvé le vainqueur (la France) et le meilleur buteur (l'Anglais Harry Kane) avant le début de la compétition. "C'est mon plus gros coup, clairement", explique celui qui est trader à Malte dans la vraie vie. Son métier l'a d'ailleurs "bien aidé" dans ses choix de scores. "Je jouais beaucoup sur les valeurs et sur les cotes." 

"En foot, c'est dur d'aller contre son cœur"

Ce qu'il a gagné au final ? "Rien", pas un kopeck (russe), "juste un peu de gloriole", se marre-t-il. Mais, c'était prévu dès le départ par les organisateurs de la plateforme de pronostics. "On ne voulait pas mettre en jeu des scooters, des consoles, des maillots, explique Martin Jaglin, cofondateur de Mon petit prono. On trouve ça chouette de revenir à l'essence même du jeu. Le type qui gagne le fait pour l'honneur, c'est tout."

Notre vraie satisfaction, c'est d'avoir vu des gens se ronger les ongles sur un Japon-Sénégal.Martin Jaglin, cofondateur de Mon petit pronoà franceinfo

Certains joueurs ne diraient d'ailleurs pas non à une déclinaison de Mon petit prono pour la Ligue 1. "C'est vrai que beaucoup nous le demandent. Mais on ne sait pas trop, se questionne Martin Jaglin. L'émulation ne serait peut-être pas la même d'août à mai...". Rodolphe Garcia est assez d'accord : "Pendant la Coupe du monde, il m'est arrivé de pronostiquer contre une équipe que je soutenais, je me sentais tiraillé. En foot, c'est quand même dur d'aller contre son cœur. En tout cas, le mien ne serait pas assez costaud sur toute une saison."