Coupe du monde : Messi méritait-il d'être désigné meilleur joueur du tournoi ?

La "Pulga" a été cherchée son trophée la mine dépitée, après la défaite de l'Argentine en finale. 

Manuel Neuer, désigné meilleur gardien du Mondial, pose à côté de Lionel Messi, désigné meilleur joueur, dimanche 13 juillet 2014, au stade Maracana de Rio (Brésil).
Manuel Neuer, désigné meilleur gardien du Mondial, pose à côté de Lionel Messi, désigné meilleur joueur, dimanche 13 juillet 2014, au stade Maracana de Rio (Brésil). (JUAN MABROMATA / AFP)

Un bien maigre lot de consolation. Quelques minutes après la défaite de l'Argentine face à l'Allemagne en finale de la Coupe du monde au Brésil, dimanche 13 juillet, Lionel Messi a été désigné meilleur joueur du tournoi par la Fifa. Le capitaine de l'Albiceleste a eu à peine le temps d'aller chercher son trophée, la mine dépitée, que des voix s'élevaient pour dénoncer un mauvais choix de la part de l'organisation, comme celle de ce journaliste.

Parmi elles, celle de Diego Maradona, qui a carrément crié au complot. "Messi ? Je lui donnerais le ciel si je le pouvais", a commenté la légende du foot argentin sur le plateau d'une émission de télévision. "Mais ce n'est pas juste quand quelqu'un remporte un prix qu'il n'aurait pas dû gagner, simplement à cause d'un plan marketing". Un pavé dans la mare qui visait à souligner que ce trophée, décerné en partenariat avec Adidas, a depuis sa création en 1998 toujours récompensé un joueur sous contrat avec la marque, comme le relève L'Equipe.fr.

Alors, méritait, méritait pas ? Réponse en quatre points, chiffres à l'appui.

Non, il n'a pas joué assez collectif

C'est la stat' qui tue. Lors du tournoi, Lionel Messi a réussi 242 passes, soit deux de moins que l'Allemand Manuel Neuer, qui gardait les cages de la Mannschaft. Certes, les défenseurs de Joachim Löw n'hésitaient pas à s'appuyer sur leur gardien de but pour garder la possession de balle. D'accord, Neuer ne subissait pas la même pression de la part de ses adversaires que Messi lorsqu'il touchait le ballon.

Il n'empêche. Dans un rôle de faux numéro 9, chargé de mener les attaques dès le milieu du terrain, celui qui est surnommé "la Pulga" (la puce) aurait dû peser bien davantage sur les défenseurs adverses.

Non, il n'est ni meilleur buteur, ni meilleur passeur

Dans ce Mondial, d'autres ont fait mieux que Messi lorsqu'il s'est agi de marquer ou de faire marquer. Le Colombien James Rodriguez, auteur de six réalisations et deux passes décisives, devance ainsi nettement le quadruple Ballon d'or (quatre buts, une passe décisive), tout en ayant joué deux matchs de moins. Avec cinq buts et quatre offrandes délivrées à ses partenaires, l'Allemand Thomas Müller n'aurait pas eu non plus à rougir en cas d'élection.

Non, il n'a pas su être décisif après la phase de poules

En fait, le capitaine argentin s'est progressivement éteint durant cette Coupe du monde. Son début de tournoi laissait pourtant envisager le meilleur : buteur lors des trois victoires de l'Albiceleste au premier tour, Messi a délivré face à la Suisse une balle de but à Di Maria, qui a permis à l'Argentine de se qualifier en quarts.

Ensuite ? Plus rien. Lors de l'ensemble de la phase finale, au cours de laquelle il n'a jamais été remplacé, le Barcelonais n'a cadré que trois frappes, sans jamais trouver le chemin des filets. 

Oui, il a porté l'Argentine à bout de bras

S'il n'a pas réalisé un Mondial aussi flamboyant qu'attendu, Messi n'a pour autant pas raté sa compétition. Que ce soit en tant que passeur ou en tant que buteur, il est impliqué sur les trois quarts des buts argentins.

Et lorsque le collectif albiceleste ne trouvait pas la faille, il n'a pas ménagé ses efforts pour éliminer ses adversaires et créer des occasions de but. Avec 46 dribbles réussis, il se place ainsi loin, très loin devant le Néerlandais Arjen Robben (29 dribbles). Skysport (article en anglais) relève que c'est seulement quatre de moins que Diego Maradona lors de sa Coupe du monde la plus aboutie, en 1986. Mais cette année-là, celui qui portait comme lui le numéro 10 sur son maillot avait ramené le trophée au pays.