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Haricots, vignettes Panini et tarte à la crème : le journal de bord du Costa Rica

Après avoir triomphé dans le "groupe de la mort", la "Sele" a battu la Grèce en huitièmes de finale. Avant d'affronter les Pays-Bas, samedi 5 juillet en quarts, l'équipe-surprise a des raisons d'y croire. Francetv info revient jour par jour sur son épopée.

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Des supporters costaricains célèbrent à San Jose la victoire de leur équipe nationale contre la Grèce en huitièmes de finale, le 29 juin. (EZEQUIEL BECERRA / AFP)

C'est la sensation du Brésil. Le Costa Rica s'est qualifié pour les quarts de finale, alors qu'il participe seulement à sa deuxième Coupe du monde. La fièvre a logiquement gagné les 4,5 millions d'habitants de ce pays d'Amérique centrale.

En attendant le match contre les Pays-Bas, samedi 5 juillet, francetv info vous fait revivre leur épopée avec de nombreuses anecdotes, jour après jour.

Cinquième match : un volcan, le pape et Pelé

3 juillet. Cinq jours avant de quitter son poste d'ambassadeur au Vatican, Fernando Sanchez offre un maillot des Ticos floqué au nom du pape François. En août 2013, déjà, ce dernier avait brandi un maillot costaricain pendant 8 secondes. Record battu. Aucun mot sur le volcan et la mystérieuse apparition.

2 juillet. Le club de Santos est tellement content d'accueillir la Sele qu'il offre des maillots à toute l'équipe. Un peu plus tard, les joueurs poursuivent leur doctorat ès Pelé avec la visite du musée consacré au joueur. A cette occasion, une très belle peinture à l'huile de l'ancien international est dévoilée.

1er juillet. Le Costa Rica sera champion du monde. En effet, les contours du trophée sont apparus dans le cratère du volcan Poas. La photo, non datée, est apparue sur Twitter. Mais des vulcanologues expliquent que ces formes sont provoquées par un écoulement continu de gaz et que des promeneurs ont déjà aperçu le visage du Christ ou de la Vierge. Rabat-joie.

30 juin. Une motion est adoptée à l'Assemblée nationale. A leur retour, les joueurs et l'entraîneur seront officiellement reçus par les parlementaires pour recevoir un hommage. Au passage, un projet de loi veut faire du 20 juin la journée nationale du football. C'est la date de la victoire contre la Suède en 1990 et de l'Italie cette année.

Quatrième match : des Grecs et une tarte à la crème

29 juin, jour de match. La rencontre contre les Grecs est éprouvante. Les Ticos se qualifient lors de la séance de tirs au but, ce qui arrange finalement Sokratis Papasthatopoulos. Le Grec avait programmé son mariage le 5 juillet, jour des quarts de finale. Le président Solis, lui, est toujours aussi en forme.

Le président du Costa Rica Luis Guillermo Solis fête la qualification de l'équipe nationale en quarts de finale, le 29 juin à San Jose. ([E]KENT GILBERT / XINHUA / AFP)

28 juin. Le service médical de la FIFA rend son verdict. Tous les résultats de tests antidopage sont négatifs. Cela "montre la bonne foi et l'honnêteté de nos joueurs et du personnel médical de la Tricolor", commente la fédération costaricaine.

27 juin. "Nous respectons beaucoup la Grèce", déclare Luis Marin. Mais pour la première fois du tournoi, le Costa Rica fait figure de favori. Du coup, deux-trois personnes attendent les joueurs à l'hôtel.

26 juin. En avril, l'attaquant Joel Campbell avait acheté une centaine de pochettes Panini, sans jamais trouver une vignette à son nom. Mais pour ses 22 ans, tout le monde pense enfin à lui. Sur Twitter, l'attaquant est félicité par Arsenal, la FIFA et le club brésilien de Santos. Et puis ses coéquipiers écrasent sa tête sur le gâteau, ça change un peu du riz et des haricots.

25 juin. Les joueurs n'ont toujours pas revu leurs proches et ils ont déjà parcouru plus de 12 000 km en avion, depuis le début du Mondial. Mais pas question de se plaindre. Souvent accusés de manquer d'ambition, les joueurs se sentent tout à coup pousser des ailes. "Nous voulons être en compétition jusqu'au 13 juillet", lance Umana.

24 juin, jour de match. Afin de porter chance à l'équipe, Guillermo Solis porte le bracelet brésilien offert par un enfant, lors d'une visite du palais présidentiel. Ce soir-là, sous les yeux du prince Harry, la Sele assure l'essentiel face à l'Angleterre (0-0). Seul bémol, malgré la pointe de vitesse de Christian Gamboa à 31,2 km/h, l'attaque reste muette. C'est seulement la troisième fois en treize matchs de Coupe du monde.

23 juin. La FIFA répond à Jorge Luis Pinto. "Nous n'allons tout de même pas nous excuser pour pratiquer un bon contrôle antidopage", explique le président du comité médical de la FIFA, Michel D'Hooghe.

21 et 22 juin. Dans les rues de San Jose, le maillot rouge est à la mode. Pendant le week-end, la police saisit 117 maillots contrefaits, sans doute en provenance du Panama. Au-delà des frontières aussi, les "Ticos" séduisent. La presse nicaraguayenne félicite Oscar Duarte, premier joueur né au pays à disputer des huitièmes.

Deuxième match : menu italien et contrôles antidopage

20 juin, jour de match. Face à des Italiens cramés, les Costaricains déjouent une nouvelle fois les pronostics et s'imposent 1-0. Après le match, sept joueurs sont appelés pour un contrôle antidopage, au lieu des deux prévus par le règlement. Jorge Luis Pinto est de nouveau agacé. "Au prochain match, vous pouvez même contrôler tous les joueurs et moi aussi !" La Sele est la première équipe qualifiée en huitièmes.

19 juin. L'entraîneur de Chelsea José Mourinho estime qu'il n'y a "rien de neuf" dans le schéma tactique des "Ticos" et mise sur l'Italie. "Je suis très surpris qu'il ait dit ça", répond le sanguin Jorge Luis Pinto. En 2009, "The Explosive One" avait été suspendu dix matchs pour avoir insulté et poussé un quatrième arbitre. En attendant, l'équipe suit l'autre rencontre du groupe à même le sol.

17 et 18 juin. Au stade de Santos, l'équipe entière se change tous les jours devant le casier jadis utilisé par la légende Pelé. Cristian Bolanos a le privilège de s'asseoir devant pour "s'imprégner d'ondes positives", commente l'agence Associated Press (en espagnol). Mais contrairement aux autres casiers du vestiaire, il est interdit d'ouvrir celui-ci, rappelle La Nacion (en espagnol), photo à l'appui.

16 juin. Avec la victoire, les "Ticos" ont les crocs. Daniel Cambronero s'enflamme pour son "copieux déjeuner", mais ne précise pas s'il s'agissait de riz et de haricots Don Pedro. Aucun mot non plus sur la sauce tomate Salsa Lizano, officiellement fournie à l'équipe. Ingrat.

15 juin. Le lendemain, les joueurs savourent leur exploit. "Je n'ai dormi qu'une heure", explique Eltsine Tejeda. "C'est quelque chose qui ne se vit pas tous les jours."

Premier match : des haricots et des blessés

14 juin, jour de match. L'Uruguay ouvre la marque mais bute ensuite sur l'une des meilleures mises en place tactiques du tournoi. Joel Campbell, Oscar Duarte et Marco Urena inscrivent chacun un but. Le président Guillermo Solis est en fusion. Au micro d'une radio locale, il qualifie Joel Campbell de "meilleur joueur du monde".La Fédération félicite la "Cendrillon du groupe D".


13 juin.
"J'ai une suprise pour vous." Après le dîner, le psychologue Jaime Perozzo diffuse une vidéo de 24 minutes à l'équipe, tournée deux semaines auparavant. Epouses, enfants et proches y encouragent les joueurs. Même le frère de l'entraîneur a joué le jeu, alors qu'il n'est plus en contact avec Jorge Luis Pinto. Le joueur Giancarlo Gonzales fond en larmes, suivi par toute l'équipe.

11 et 12 juin. A Sao Paulo, la presse brésilienne fait la connaissance de la journaliste Jale Berahimi, qui travaille pour la télé costaricaine. Comme elle pose parfois en petite tenue sur les réseaux sociaux, cela dope la cote d'amour de la Sele auprès des autres journalistes. Mais ne rapporte rien au classement FIFA.

10 juin. Premier entraînement et le défenseur Heiner Mora se fracture déjà le talon. Pour le remplacer, Dave Myrie embarque aussitôt sur un vol privé dépêché par la Fédération. Fin mai, Alvaro Saborio avait déjà été victime d'une fracture au pied droit. Venu soutenir l'équipe au Brésil, le jeune papa se fait parfois aider pour marcher.

9 juin. Arrivée au stade Urbano Caldeiro de Santos, camp de base de la Sele. La sélection débarque avec 35 sponsors, record inégalé dans ce Mondial. L'un de ces partenariats prévoit que les joueurs seront fournis en riz et en haricots de la marque Don Pedro pendant quatre ans.

8 juin. Les "Ticos" ont eu chaud, lors de leur préparation aux Etats-Unis. Face au Japon, le 2 juin, ils ont tellement transpiré que le maillot leur a littéralement collé à la peau. L'équipementier Lotto a dû trouver en urgence un nouveau tissu, finalement validé par la Fédération à six jours du premier match contre l'Uruguay.

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