Coupe du monde : Diego Maradona contre le reste du monde

"El Pibe de Oro" passe son Mondial à râler. Si, si. 

Diego Maradona lors d\'une conférence de presse, à Sao Paulo (Brésil), le 4 septembre 2013.
Diego Maradona lors d'une conférence de presse, à Sao Paulo (Brésil), le 4 septembre 2013. ( PAULO WHITAKER / REUTERS)

Besoin d'un avis énervé sur le Mondial ? Diego Maradona en fournit sept jours sur sept, avec, au choix, mauvaise foi, grossièreté, gestes obscènes, surnoms infantilisants, têtes de Turc et réflexions économiques de son cru. Best of de "Dieguito" au Mondial (arrêté au 1er juillet). 

Diego contre le tacle de Blaise Matuidi

Le tacle très appuyé de Blaise Matuidi sur le Nigérian Ogenyi Onazi (qui a fini avec une jambe dans le plâtre) n'a pas laissé indifférent Diego Maradona, lors de son émission quotidienne à la télé vénézuélienne"J'aimerais connaître, maintenant, après cette action, la réaction de la Fifa et la réaction de Beckenbauer. Qu'en disent-ils ? Qu'en pensent-ils ? Il faudrait être bien têtu pour dire que ce geste n'est pas pire que celui de Luisito [Luis Suarez]." Comme beaucoup, il trouve que la France bénéficie d'une grande mansuétude du corps arbitral : "Ce serait un précédent très moche de ne donner qu'un carton jaune à Matuidi." Photo à l'appui.  

Diego contre la suspension de Luis Suarez

"Pour qui se prennent-ils ? Pourquoi (une telle sanction) ? Qui Luis a-t-il tué ? C'est du football." "Et pourquoi ne pas l'envoyer à Guantanamo ?" Voilà la première réaction de Diego Maradona, jeudi 26 juin, aux quatre mois de suspension infligés à Luis Suarez, accusé d'avoir mordu un joueur italien. Dans son émission sur le Mondial diffusée sur la chaîne de télévision vénézuélienne Telesur, l'ancien n°10 de l'Argentine portait un t-shirt "Luisito, nous sommes avec toi." Pour lui, cette sanction "injuste" est aussi l'occasion de traiter à nouveau la Fifa de "mafia". Sa croisade continue...

Diego contre Cristiano Ronaldo

Non, Diego Maradona n'a pas critiqué le talent de Cristiano Ronaldo. Mais tout ce qu'il y a autour : "il se présente devant la caméra comme s’il voulait te vendre un shampoing". Pas totalement faux, cette fois.

Diego contre Neymar

L'attaquant vedette du Brésil, l'idole des jeunes, en a pris pour son grade. "Neymar, c’est comme Pelé. Tout le Brésil ne regarde que lui, c’est la star du football brésilien du moment, mais la force du Brésil c’est sa défense". Un journaliste lui demande avec gourmandise si Messi, la vedette argentine, est au-dessus de Neymar ? "Evidemment ! Il y a la même distance entre Messi et Neymar qu’entre Maradona et Pelé".

Diego contre Pelé

Entre les deux meilleurs joueurs de l'histoire du continent sud-américain, voire du monde, ce n'est pas le grand amour. En témoigne cette punchline recueillie par les journaliste de Olé"Comment on m’a reçu au Brésil ? Très bien, mieux que Pelé lui-même, mais ça ce n’est pas très difficile".

Diego contre le président de la fédération argentine

Julio Grondona, le président de la fédération argentine de football, a traité Maradona de "chat noir". C'est au moment où il a quitté sa place que Lionel Messi a marqué le but libérateur pour l'Argentine, opposée à l'Iran (1-0) samedi 21 juin. La réponse de Diego dans l'émission qu'il anime à la télévision vénézuélienne "anti-impérialiste" Telesur : "Pauvre stupide ! C'est le mérite de Messi, et non pas parce que je suis parti", lâche-t-il en faisant à l'antenne un doigt d'honneur. 

Quelques jours plus tôt, Olé lui avait demandé s'il voulait assister avec les anciens champions du monde argentins au match Argentine-Nigéria, invité par la fédération. "Moi, personne ne m’a rien proposé, même pas un café. Et quand bien même ils m’inviteraient à boire un café, dites leur bien que je le paierai de ma poche."

Diego contre le BTP

"El Pibe de Oro" se range du côté des opposants à ce Mondial (tout en profitant des tribunes VIP des nouveaux stades, on n'est pas à une contradiction près) : "ici, le Mundial n’a pas vraiment de saveur. C’est une erreur de ne rien donner au peuple, et d’investir tout l’argent dans du béton", déclare-t-il au quotidien argentin Olé.

Diego contre la Fifa

La Fifa a nié avoir blacklisté Diego pour le match de l'Argentine. Un de ses porte-paroles a même cru bon ironiser sur ses malheurs au Maracana : "Peut-être qu'il s'est juste trompé de porte ?". Entre Maradona et la Fifa, le torchon brûle depuis longtemps. Au début de la compétition, l'Argentin a ainsi réglé son compte à l'organisme qui gère le football mondial dans une interview au journal Al-Ittihad : "il y a d'énormes pots-de-vin à la Fifa et il faut demander des comptes à ceux qui en sont responsables."

Diego contre les stadiers du Maracana

A l'origine (peut-être) de la mauvaise humeur de Maradona depuis le début du Mondial, la mésaventure qui lui est arrivée lors du premier match de l'Argentine, au mythique stade Maracana de Rio. Alors qu'il dispose d'une accréditation lui autorisant l'accès à la tribune de presse, il se fait refouler par des stadiers trop tatillons. "Je n'ai pas été autorisé à rentrer pour voir le match. J'ai donc dû retourner dans mon hôtel pour voir la seconde mi-temps à la télévision", s'est-il plaint sur la télé argentine TYC Sports.

Diego contre les supporters brésiliens

A l'origine (peut-être) de la mauvaise humeur de Maradona depuis le début du Mondial, l'accueil peu amène que lui ont réservé des fans brésiliens à Sao Paulo, lors du match d'ouverture de la compétition. Diego, à la recherche de la tribune VIP, s'égare dans les couloirs, et tombe sur un groupe de supporters auriverde hostiles, rapporte le journal brésilien Folha de Sao Paulo. Le service d'ordre intervient mais le mal est fait. "Je ne regarderai plus les matches du Brésil au stade, grogne-t-il. Je les regarderai à la TV dans ma chambre d'hôtel."

Diego contre les sponsors tout-puissants

Ce best-of ne serait pas complet sans une petite théorie du complot. Voilà l'hypothèse de Maradona pour expliquer le fait que sept joueurs du Costa Rica ont dû se présenter à un contrôle antidopage après leur victoire contre l'Italie, alors que la procédure n'en prévoit que deux. "Ça arrive uniquement parce que certains sont ennuyés par le Costa Rica, que les grosses équipes [l'Italie, l'Uruguay et l'Angleterre sont en difficulté] ne se qualifient pas pour le tour suivant, du coup les sponsors ne paieront pas ce qu'ils ont promis de payer !"