Coupe du monde de foot 2014 : un groupe de BTP a participé à un cartel pour truquer les appels d'offres

Les marchés d'attribution des travaux de construction ou de rénovation "d'au moins cinq stades" brésiliens ont été truqués.

Le stade Maracana avant l\'ouverture de la Coupe du monde de football, à Rio de Janeiro (Brésil), le 7 août 2014.
Le stade Maracana avant l'ouverture de la Coupe du monde de football, à Rio de Janeiro (Brésil), le 7 août 2014. (YASUYOSHI CHIBA / AFP)

Un géant du BTP brésilien, Andrade Gutierrez, a reconnu avoir participé à un cartel pour truquer les marchés d'attribution des travaux de construction ou rénovation d'"au moins cinq stades" de la Coupe du monde 2014 de football au Brésil. L'annonce a été faite lundi 5 décembre, par le Conseil administratif de défense économique (Cade).

"Il existe des indices selon lesquels les marchés d'attribution des travaux d'au moins cinq stades du Mondial ont été manipulés par un cartel", selon l'organe anti-monopole brésilien, avec qui Andrade Gutierrez a signé un "accord de clémence". Ces indices ont été découverts dans le cadre de l'enquête tentaculaire sur l'affaire Petrobras.

Le stade Maracana concerné

Parmi les enceintes sportives concernées, le mythique stade Maracana de Rio de Janeiro. Il avait été rénové à grands frais pour le Mondial brésilien, dont il avait notamment accueilli la finale remportée par l'Allemagne. L'ardoise finale de la rénovation totale du Maracana s'était élevée à 600 millions de dollars, soit le double du budget initial. 

L'intégralité des marchés truqués a été surfacturé, avec la complicité de directeurs de Petrobras nommés sur indications de partis politiques de l'ancienne coalition au pouvoir. 

Des amendes contre les entreprises incriminées ?

Lors de l'attribution du Mondial 2014 au Brésil, le président Lula avait promis que les stades seraient financés à 100% par de l'argent privé. Faute d'engouement des investisseurs, les pouvoirs publics avaient finalement assumé l'intégralité de la facture, aux frais des contribuables.

Le Cade prononcera un jugement final à l'issue de son enquête. Il pourrait condamner les entreprises impliquées à des amendes allant jusqu'à 20% de leur chiffre d'affaires brut.