Coupe du monde : ce qu'il faut retenir de la difficile victoire des Bleues contre le Brésil (2-1) en huitièmes de finale

Les joueuses de Corinne Diacre ont dû faire le dos rond jusqu'au temps additionnel pour se défaire de la formation sud-américaine. L'aventure continue pour les Françaises, même si la copie n'a pas été parfaite.

Les Bleues célèbrent leur qualification en quarts de finale de la Coupe du monde après leur victoire en prolongation contre le Brésil, dimanche 23 juin 2019 au Havre (Seine-Maritime).
Les Bleues célèbrent leur qualification en quarts de finale de la Coupe du monde après leur victoire en prolongation contre le Brésil, dimanche 23 juin 2019 au Havre (Seine-Maritime). (FRANCK FIFE / AFP)

Elles l'ont fait, mais que ce fut compliqué ! Les Françaises sont parvenues à se qualifier pour les quarts de finale de la Coupe du monde après avoir battu les Brésiliennes en prolongation (2-1), dimanche 23 juin au Havre (Seine-Maritime). Pourtant invaincues contre la formation sud-américaine avant ce match, les joueuses de Corinne Diacre ont eu toutes les difficultés du monde à faire plier leurs adversaires devant les 23 965 spectateurs massés en tribunes.

Le film du match : âpre, disputé et besogneux

Les Françaises ont peiné à se créer des occasions tandis que les Brésiliennes réagissaient par contre, avec par exemple une frappe contrée de Debinha (15e). Les Bleues auraient pu prendre l'avantage, mais l'arbitre a sanctionné le choc entre la gardienne Barbara et Valérie Gauvin (23e), après un recours à l'assistance vidéo. Loin du spectacle attendu, l'enjeu a pris le pas et le match a été haché par les fautes et les Brésiliennes (Cristiane, 44e) ont pris plusieurs fois de vitesse la défense française. Bien lancée, Amel Majri a toutefois obtenu une opportunité avant la pause mais a manqué le cadre (45+3e).

Le match s'est emballé après la reprise, jusqu'à l'ouverture du score par Valérie Gauvin, qui a trompé Barbara d'un très joli but de la tête (52e). Un plaisir de courte durée, puisque les Brésiliennes ont répondu dans la foulée par une tête de Cristiane détournée de justesse sur la barre par Sarah Bouhaddi (55e) et ont fini par revenir au score après un but de Thaisa (62e), esseulée dans la surface. Les Brésiliennes ont encore fait trembler les filets un peu plus tard, mais le but a été justement refusé pour une position de hors-jeu (87e).

La défenseuse Kathellen Sousa Feitoza et l\'attaquante Valérie Gauvin à la lutte en huitièmes de finale de la Coupe du monde, dimanche 23 juin 2019 au Havre (Seine-Maritime).
La défenseuse Kathellen Sousa Feitoza et l'attaquante Valérie Gauvin à la lutte en huitièmes de finale de la Coupe du monde, dimanche 23 juin 2019 au Havre (Seine-Maritime). (FRANCK FIFE / AFP)

Les deux équipes ont paru fatiguées en prolongation – en témoigne la blessure de Cristiane sur une tentative de frappe lointaine (96e) – et les occasions ont été rares. Griedge Mbock, un peu courte (100e), n'a pas pu dévier le ballon dans le but brésilien mais elle s'est illustrée en détournant un ballon qui filait droit dans les buts. Au bout du suspense, Amandine Henry a finalement délivré tout un pays en déviant un long ballon dans les filets brésiliens (107e). Son deuxième but de la compétition et son treizième en bleu. Sans doute le plus important.

Le fait du match : le but refusé de Valérie Gauvin

Après un débordement puis un centre de Kadidiatou Diani côté droit, la Réunionnaise Valérie Gauvin a pensé avoir ouvert le score, mais l'arbitre a annulé son but après consultation de l'assistance vidéo, estimant qu'il y avait charge sur la gardienne de la Seleçao Barbara. L'épisode, qui a duré plusieurs minutes, a installé une certaine nervosité sur le terrain.

L\'écran géant du stade Océane du Havre annonce un recours à l\'assistance vidéo à l\'arbitrage, dimanche 23 juin, lors du huitième de finale entre la France et le Brésil.
L'écran géant du stade Océane du Havre annonce un recours à l'assistance vidéo à l'arbitrage, dimanche 23 juin, lors du huitième de finale entre la France et le Brésil. (FRANCK FIFE / AFP)

La femme du match : Kadidiatou Diani

Après une rencontre déjà très aboutie contre la Norvège, l'attaquante des Bleues a été une nouvelle fois excellente dans cette rencontre, en multipliant les courses qui ont semé la pagaille dans la défense brésilienne. Elle a également mené un pressing de tous les instants. C'est également elle qui prend le couloir et délivre la passe qui permet à Valérie Gauvin d'ouvrir le score. 

Kadidiatou Diani lors du huitième de finale contre la Coupe du monde, dimanche 23 juin 2019 au Havre (Seine-Maritime).
Kadidiatou Diani lors du huitième de finale contre la Coupe du monde, dimanche 23 juin 2019 au Havre (Seine-Maritime). (LOIC VENANCE / AFP)

Le geste du match : le sauvetage de Griedge Mbock

Tout s'est peut-être joué à la 105e minute, quand Debinha a lancé un raid solitaire en direction du but des Bleues. Une fois dans la surface, la Brésilienne a alors réalisé un dribblé impeccable avant de tromper la gardienne Sarah Bouhaddi, tout de même impeccable dans ce match. C'était sans compter sur le retour de Griedge Mbock, qui s'est jetée sur le ballon pour le détourner juste devant la ligne. Cela s'est joué à quelques centimètres. Tant mieux pour le Bleues. "Mon premier réflexe, ça a été de protéger la cage. Avec un peu de chance, je la sauve", a-t-elle commenté sur TF1. De la chance mais surtout un sacré sens du timing.

Le clin d'œil du jour : l'instrument de Marta

Musicienne dans l'âme, l'attaquante Marta est entrée dans le stade avec son traditionnel cavaquinho, une sorte de guitare composée de quatre cordes. Depuis le début de la compétition, la joueuse interprète régulièrement le titre Jogadeiras, de Gabriela Kivitz et Cacau Fernandes. 

Les mauvaises langues du match : Corinne "Ice" Diacre

La sélectionneuse Corinne Diacre a la réputation d'être sobre et spontanée, quelles que soient les circonstances. Cette image a inspiré pas mal d'internautes taquins lors de la première période longuette de ce match, sans l'ombre d'un tir cadré à se mettre sous la dent.

Pour être tout à fait honnête, la sélectionneuse a tout de même savouré la victoire des Bleues, en témoigne son sourire devant la caméra de TF1.

Le baromètre des prochains jours : des incertitudes, encore et toujours

L'objectif avoué de Corinne Diacre est de se hisser dans le dernier carré. Cela passe par un quart de finale à hauts risques face aux Etats-Unis, grandissimes favoris de leur 8e de finale contre l'Espagne, lundi 24 juin à 18 heures. Si ce scénario se confirme, les Bleues aborderaient ce match dans une position d'outsider. Ce qui leur enlèverait paradoxalement un peu de la pression qui semble les inhiber depuis le début du Mondial.