Coupe de France : cette victoire est "un vrai succès populaire, de gens simples", réagit François Pinault

La famille Pinault a enfin décroché un titre, 21 ans après avoir repris les rênes du Stade Rennais. Un titre à la saveur particulière pour François Pinault qui a eu l’honneur de soulever la Coupe avec les joueurs. 

François-Henri Pinault, et son père François Pinault, propriétaires du Stade Rennais, au stade de France, le 27 avril 2019.
François-Henri Pinault, et son père François Pinault, propriétaires du Stade Rennais, au stade de France, le 27 avril 2019. (DAMIEN MEYER / AFP)

"Les Bretons, ça ne baisse pas les bras" : l'industriel François Pinault était très ému dimanche 28 avril au micro de Jacques Vendroux pour franceinfo, alors que le Stade Rennais venait de remporter la finale de la Coupe de France contre le PSG.

L'homme d'affaires de 82 ans, qui a repris le club en 1999, se dit "très heureux" pour "les Bretons" et "les Rennais". Il qualifie cette victoire de "vrai succès populaire" en opposition aux succès des "grandes métropoles mondiales" "les gens sont gavés de succès plus ou moins frelatés".

franceinfo : Vous sentez-vous heureux, François Pinault ?

François Pinault : Les Bretons sont heureux, les Rennais sont heureux. C'est une grande nouvelle pour la Bretagne. La Bretagne est une région considérée comme rude. Les Bretons sont quelquefois oubliés. Ce sont des gens qui sont amoureux du football. C'est une terre de football. Je suis très heureux pour eux et tout va bien.

Quel chemin depuis 1999 lorsque vous "sauvez" le club. Est-ce une victoire qui vous touche aussi personnellement ?

Bien sûr, ça a mis 20 ans pour avoir ce premier succès important. Ça me touche bien sûr. C'est une longue aventure, avec beaucoup de ténacité, beaucoup de déception, beaucoup de joie aussi. La ténacité paye. Les Bretons ne baissent pas les bras. Je n'aime pas baisser les bras. C'est presque ma devise. On ne les a pas baissés et tout va bien.

Ce sont de grandes satisfactions, beaucoup d'émotions qu'on ne trouve pas toujours dans nos grandes villes comme Paris ou les grandes métropoles mondiales. Les gens sont gavés de succès plus ou moins frelatés, mais là, ce sont de vrais succès, de vrais succès populaires, de gens simples, qui ont des moyens faibles, qui en bavent pour finir les fins de mois, qui ont peu de choses à se mettre sous la dent et qui viennent aux matchs, qui se saignent aux quatre veines pour payer un billet de match, qui sont fiers d'avoir une équipe qui a gagné cette finale.

Mon fils a pris le relais depuis un an avec plus de succès que ce que j'ai pu avoir les années précédentes. Le club est là, en forme. J'espère qu'on grandira, qu'on pourra aller plus loin, que cela pourra durer.

Est-ce un grand moment de votre vie ?

Absolument parce que c'est d'abord beaucoup de souvenirs. Je suis né en Bretagne. François-Henri est né en Bretagne dans une maison en face du Stade Rennais. Il a été ramasseur de balle au Stade Rennais quand il était très jeune. Il a joué dans l'équipe minime. Je me souviens, un samedi, j'étais venu le voir. Il jouait allier gauche. Il a marqué un superbe but. C'est plein de souvenirs comme ça qui reviennent à la surface. Ça a un côté assez merveilleux.

Le Stade Rennais avait peut-être une soif de victoire plus importante ?

Ils avaient la rage au ventre. Ils voulaient gagner. Ils avaient envie d'avoir envie, de le faire pour eux, bien sûr, c'est normal, ce sont de jeunes joueurs qui veulent voler vers la victoire, mais également, j'en suis convaincu, pour Rennes, pour les Bretons parce qu'ils sont supportés par toute une région. Ça leur fait chaud au cœur. Ils avaient envie de gagner pour ce club et pour cette région qu'ils aiment beaucoup.

Vous allez garder Hatem Ben Arfa ?

Je ne vais pas répondre à cette question. Je ne suis pas le sélectionneur. Je le souhaiterais. Ça dépend aussi du joueur bien sûr, mais je ne suis pas sélectionneur. C'est Olivier Létang (président du Stade Rennais, ndrl) qui a cela en charge et qui décidera avec le joueur.

Le monde du football est un monde compliqué. Tout va très vite. Une équipe de football, c'est une entreprise à toute vitesse. Pour l'entreprise, il y a deux phases où c'est dangereux, c'est quand on perd beaucoup d'argent parce qu'on peut faire faillite et c'est quand on gagne beaucoup parce qu'on peut attraper la grosse tête et perdre la boule.

C'est la même chose au football. Si vous perdez, vos descendez en deuxième division, si vous gagnez trop facilement, vous vous prenez pour ce que vous n'êtes pas quelquefois. C'est ce qu'il faut éviter. Le football est une école de vie extraordinaire. C'est une école de l'humilité, de la ténacité et de la persévérance.