CAN 2024 : du "fond du trou" à la finale, l'immortelle Côte d’Ivoire veut croire à un troisième sacre

Quasiment éliminée dès le premier tour, la Côte d’Ivoire, hôte de la Coupe d’Afrique des Nations, n'est miraculeusement plus qu'à une marche de la consécration.
Article rédigé par Hortense Leblanc, franceinfo: sport
France Télévisions - Rédaction Sport
Publié
Temps de lecture : 4 min
Les Ivoiriens célèbrent leur qualification en finale de la CAN, à domicile, le 7 février 2021. (FRANCK FIFE / AFP)

Il est le symbole de la résilience ivoirienne. Revenu sur les terrains il y a un an après avoir surmonté un cancer, Sébastien Haller a offert à la Côte d’Ivoire le but de la qualification en finale de la Coupe d’Afrique des Nations. Les Eléphants, miraculés et passés de nombreuses fois au bord de l’élimination, conservent l’espoir d’un troisième titre, après ceux de 1992 et 2015. Ils tenteront de le décrocher, dimanche 11 février, contre le Nigeria.

Des scénarios invraisemblables, la Côte d’Ivoire en a connu presque à chaque tour de cette CAN. Leur victoire inaugurale contre la Guinée-Bissau (2-0) laissait pourtant présager moins de difficultés à se qualifier pour les huitièmes de finale. Mais les Eléphants se sont inclinés ensuite contre le Nigeria (1-0), et surtout contre la Guinée Equatoriale, avec une claque, 4-0, laissant quelques joueurs en pleurs à la fin du match, et des supporters en colère à l’extérieur du stade.

"On était dans un vestiaire dévasté avec des affrontements à l'extérieur. Je voyais les petits sur leurs portables pour prendre des nouvelles de leur famille. Ils avaient peur. Il ne faut plus jamais revivre ça ! On était au bord d'une catastrophe, franchement [...] Des gens allaient à notre hôtel, à la Fédération, il y avait des pneus sur la route plus des policiers partout", raconte l'ex-sélectionneur Jean-Louis Gasset à L'Equipe, trois semaines après la rencontre et sa démission en pleine compétition. Ce jour-là, la Côte d'Ivoire était troisième de son groupe avec trois points et son destin n'était plus entre ses mains. Pour être repêchée parmi les quatre meilleurs troisièmes, les Eléphants devaient alors compter sur un alignement de planètes favorable.

"On rasait les murs"

L'attente a duré deux jours, le temps que la phase de groupes se termine."C’était très très dur pour nous. On était à l'hôtel, on rasait les murs limite pour aller manger", a reconnu Serge Aurier à l'AFP. Le salut est venu du Maroc, qui grâce à sa victoire sur les Zambiens (1-0), a empêché ses adversaires du soir de dépasser et d'éliminer la Côte d’Ivoire. Alors que les Marocains étaient célébrés par les supporters ivoiriens, l'atmosphère était beaucoup moins festive en coulisses, la Fédération ivoirienne désignant Emerse Faé comme le nouveau sélectionneur après des heures de flottement.

L'ex-adjoint a eu à peine le temps d'entrer dans le bain qu'un gros morceau s'est présenté sur la route de sa sélection : le Sénégal, champion en titre. Il n'a d'ailleurs pas fallu plus de quatre minutes aux Sénégalais pour ouvrir le score grâce à Habib Diallo. Mais comme depuis le début de la CAN, les Eléphants sont encore revenus de loin. Ils ont arraché une prolongation grâce à un pénalty en fin de match transformé par Franck Kessié (86e). Toujours à égalité au panneau d’affichage après 120 minutes de jeu, les deux équipes se sont départagées aux tirs au but. Sous une pression terrible, les Ivoiriens ont alors tous converti leur tentative, au contraire de Moussa Niakhaté, frustré par le poteau. Une étape de plus de franchie.

Spécialistes du money-time

En quarts de finale, contre le Mali, les locaux ont remis le couvert. Menés 1-0 jusqu'à la 89e minute, en infériorité numérique depuis la pause, ils ont arraché la prolongation grâce à Simon Adingra (90e). Mais pas de tirs au but cette fois, Oumar Diakité surgissant dans le temps additionnel de la prolongation (120e+3) pour dévier une frappe de Seko Fofana dans le but des Aigles. L'euphorie est alors totale. Le joueur en perd son sang-froid et reçoit même un deuxième avertissement signe d'expulsion à cause de sa célébration.

Des scènes de liesse se sont alors produites dans tout le pays. "On sent qu’on est un pays uni, même si on a vécu des moments difficiles surtout après le match contre la Guinée équatoriale, où on a reçu des insultes, on était au fond du trou. Mais nous sommes heureux d’avoir écrit l’histoire", s'est félicité Seko Fofana avant d’aborder le dernier carré. "Ils ont cette énergie et aussi parce qu'il le faut dans le foot, ce petit brin de chance", a alors admis Eric Chelle, le sélectionneur du Mali.  

"Je pense que mentalement, quand tu es ressuscité comme on l'a été, il n'y a plus rien qui te fait peur, on fonce, on y va", a ensuite confié Serge Aurier avant la demi-finale contre la République démocratique du Congo. Comme si la Côte d'Ivoire avait retrouvé la maîtrise de sa barque, c'est sans tanguer qu'elle a validé son billet pour la finale en s'imposant certes par la plus petite des marges (1-0), mais dans le temps réglementaire.

"On a une grande équipe, on a des champions dans cette équipe, parce qu’on a su retrouver cette force mentale et apporter au peuple ce qu’il mérite", a savouré Seko Fofana après la demi-finale. Des champions d’Afrique, il n’y en a en réalité que deux dans l’effectif ivoirien, Serge Aurier et Max-Alain Gradel, déjà présents en 2015 lors du dernier sacre continental, et qui aimeraient bien partager un nouveau titre avec cette nouvelle génération.

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