Bundesliga : le Bayern Munich sacré pour la dixième fois d'affilée, un record mais des regrets

Le club bavarois a remporté un 32e titre de champion d'Allemagne, samedi, grâce à sa victoire contre Dortmund (3-1). Mais ce nouveau succès national ne sauve qu'en partie une saison marquée par une élimination précoce en Ligue des champions. 

Article rédigé par
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 4 min.
Kingsley Coman et Robert Lewandowski sont les deux grands artisans du titre du Bayern Munich cette saison. (SVEN HOPPE / DPA)

Le Bayern conserve son bien ! En s'imposant contre Dortmund (3-1) lors de la 31e journée de Bundesliga, samedi 23 avril, le club bavarois a décroché un 32e titre de champion d'Allemagne. Un dixième sacre d'affilée qui permet au Rekordmeister d'améliorer son propre record de titres consécutifs, devenant ainsi la première équipe des cinq grands championnats à réaliser une telle série. Mais ce nouveau succès national n'efface pas la douloureuse élimination en quarts de la Ligue des champions. Et les célébrations du titre n'empêcheront pas les suiveurs du football allemand de se questionner sur l'avenir du Bayern. 

Ligue des champions, un échec qui ne passe pas 

Quand on écrase la concurrence nationale depuis désormais une décennie, l'attention portée à la Ligue des champions est décuplée. Le PSG en sait quelque chose, mais le Bayern n'est pas en reste. C'est bien à l'aune de l'Europe qu'on juge une saison bavaroise. Et cette année, l'échec a été retentissant. Les Munichois se sont arrêtés en quarts de finale, éliminés par Villarreal (1-2 sur les deux matchs)

Outre le résultat, la manière a marqué. Vainqueurs lors du match aller (1-0), les Espagnols ont multiplié les occasions face un Bayern un temps tremblotant avant de retrouver ses esprits. Au retour, les vagues bavaroises ont fait craquer le "sous-marin jaune" mais n'ont pas réussi à le couler. Et Samuel Chukwueze a puni cette  inefficacité à la 88e, en envoyant son équipe en demi-finale d'un contre fulgurant (1-1). "S’arrêter en quarts de finale n’est pas suffisant pour le Bayern, la demi-finale était notre objectif minimal", avait reconnu Julian Nagelsmann, l'entraîneur bavarois, après la rencontre. 

Nagelsmann, le prodige doit encore convaincre 

Après ce revers, les doigts ont rapidement été pointés vers l'ancien coach de Leipzig, coupable designé. Devenu en 2016 le plus jeune entraîneur de l'histoire de la Bundesliga (à 28 ans avec Hoffenheim), le petit génie du coaching, arrivé en Bavière vierge de tout palmarès, doit encore s'adapter aux exigences du géant munichois. A Leipzig, qu'il a dirigé pendant deux saisons, son style de jeu offensif était encensé mais son manque de titres également souligné (une finale de Coupe d'Allemagne perdue contre Dortmund, 1-4, en 2021). 

De titre justement, le Bayern devra se contenter d'un seul. En Coupe d'Allemagne, le parcours bavarois s'est arrêté sèchement au 2e tour, avec une défaite 5-0 contre Mönchengladbach. Nagelsmann a prouvé sa capacité à pousser ses équipes à se surpasser, ce qui a permis à Hoffenheim de se qualifier pour la Ligue des champions (en 2017 et 2018) et à Leipzig d'en atteindre les demi-finales (en 2020). Il doit désormais gérer un effectif de stars, qu'il faut régulièrement convaincre d'accepter ses exigeantes idées de jeu. "Je n’ai pas peur, a sobrement déclaré le Bavarois à propos de son avenir. Il y a pire dans le monde."

Avec la meilleure attaque et la meilleure défense d'Allemagne, son collectif ne fait pas moins bien que ces prédécesseurs. Il reste néanmoins loin du sacre de la saison 2012-2013, le premier de la série de dix, où les hommes de Jupp Heinckes avaient fini avec une seule défaite au compteur en championnat, tout en réalisant un quintuplé Bundesliga-Ligue des champions-Supercoupe de l'UEFA-Coupe d'Allemagne-Coupe du monde des Clubs.

Lewandowski, buteur en série à l'avenir incertain 

Si Julian Nagelsmann concentre une partie des critiques, la construction de l'effectif du Bayern est également attaquée. Les départs d'anciens cadres (David Alaba, Thiago, Javi Martinez, Mats Hummels...) ont été remplacés numériquement, mais pas forcément qualitativement. L'international français Dayot Upamecano, arrivé de Leipzig, alterne les performances de haut niveau et les moments d'absence. Et les récents mercatos du Bayern comptent leur lot de déceptions : Bouna Sarr, Michaël Cuisance, Marc Roca... Résultat : la profondeur de banc du Bayern s'est largement réduite. Et les nombreuses blessures vécues cette saison n'ont fait que souligner ce problème. Cette fraîcheur, normalement apportée par les remplaçants, a fait défaut au Bayern contre Villarreal. 

Et la situation pourrait encore se compliquer. Le buteur polonais Robert Lewandowski, 48 buts en 42 matchs cette saison, n'aura plus qu'un an de contrat à la fin de la saison. Et les négociations piétinent pour une prolongation, alors que le Barça fait ouvertement la cour au sextuple vainqueur du Torjägerkanone (le trophée de meilleur buteur de Bundesliga). La direction du Bayern va devoir faire un choix. Prolonger à prix d'or sa star de 33 ans, le vendre cet été et tenter de le remplacer ou prendre le risque de le voir partir libre l'an prochain. Une décision capitale pour l'avenir du club aux six C1. 

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Bundesliga

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.