Karim Benzema condamné : "La sanction est totalement disproportionnée", dénonce l'un de ses avocats

 "Il y a beaucoup de considérations morales. On aurait dû s'en tenir au droit", objecte Me Antoine Vey.

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Karim Benzema, le 11 novembre 2021. (FRANCK FIFE / AFP)

"Il y a beaucoup de considérations morales", un "emballement médiatique et une volonté d'affichage", dénonce l'avocat de Karim Benzema, Antoine Vey, mercredi 24 novembre sur franceinfo, qui va faire appel de la condamnation de son client à un an de prison avec sursis et 75 000 euros d'amende du footballeur pour complicité de tentative de chantage dans l'affaire de la sextape. Selon lui, "la sanction qui est prononcée est totalement disproportionnée".

franceinfo : Pourquoi faites-vous appel de la condamnation de Karim Benzema ?

Antoine Vey : On fait appel pour trois raisons évidentes. La première est que le tribunal a lui-même reconnu que Karim Benzema n'était pas informé du projet sous-jacent des autres prévenus, donc c'est assez difficile d'envisager une complicité d'un acte que, par nature, on ignore. La deuxième raison est qu'on est dans la lecture, l'exégèse de formules qui sont prononcées au téléphone entre deux hommes dont on connaît ni le contexte, ni le contenu.

"Je crois qu'il y avait une volonté de condamner parce que c'est un dossier médiatique et qu'à partir de ce moment-là, on arrive toujours à tirer quelques ficelles pour le faire."

Antoine Vey, avocat de Karim Benzema

à franceinfo

Il n'en demeure pas moins que Karim Benzema n'était absolument pas informé d'un quelconque projet délictueux, qu'il maintient et qu'il continuera à dire qu'il n'est intervenu que parce qu'il voulait proposer une solution à son coéquipier et absolument pas pour le faire chanter. Il n'y a aucune démonstration du caractère de chantage dans l'action de Karim Benzema, il a voulu mettre Mathieu Valbuena en contact avec quelqu'un dont il pensait qu'il pouvait lui résoudre son problème. C'est l'inverse du chantage. Enfin, la sanction qui est prononcée est totalement disproportionnée au regard de la nature de cette affaire. On perçoit derrière ce jugement une forme d'emballement médiatique et une volonté d'affichage qui n'est pas justifiée.

Êtes-vous étonné que le jugement soit plus sévère que les réquisitions du parquet de Versailles ?

Quand on cherche à rendre un jugement équilibré, on ne cherche pas à afficher quelque chose qui de toute façon est disproportionné, donc je suis étonné mais pas surpris malheureusement de cette volonté d'affichage parce qu'on est en train de parler d'une affaire qui a passionné la France entière. Mais il faut quand même rappeler que Karim Benzema n'était pas informé du projet et que, de toute façon, une complicité dans ce cadre-là ne devrait pas donner lieu à une sanction à cette hauteur-là. C'est principalement de l'affichage et principalement une volonté de dire clairement ce qui avait été décidé dès le début de cette information judiciaire sans écouter ni la version de Karim Benzema ni les arguments de ses avocats. Il y a beaucoup de considérations morales qui dépassent le cadre strictement juridique dans le jugement. On s'est beaucoup questionné de l'intention amicale, inamicale... En réalité, on aurait dû s'en tenir au droit. Le délit pour lequel Karim Benzema a été condamné ne nous paraît pas juridiquement fondé et c'est ce que nous ferons valoir devant la cour d'appel.

Karim Benzema n'a pas pu défendre sa version devant le tribunal car il n'est pas venu à son procès. Viendra-t-il devant la cour d'appel ?

Il viendra parce qu'en réalité il n'a jamais cherché à fuir la justice. Il s'est toujours présenté à toutes les convocations. C'est le tribunal qui a audiencé ce dossier à un moment où professionnellement Karim Benzema ne pouvait pas s'y rendre. Il l'a fait valoir. Le juge aurait pu renvoyer ce procès ou demander explicitement à Karim Benzema de se présenter. Il ne l'a pas fait. On pensait que c'était parce que les déclarations nouvelles étaient inopérantes ou sans intérêt, manifestement ce n'était pas le cas. L'appel donnera probablement à Karim Benzema l'opportunité de s'expliquer et les arguments seront présentés différemment pour un jugement que nous espérons différent.

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