Affaire de la sextape : Karim Benzema condamné à un an de prison avec sursis et 75 000 euros d'amende

Le joueur de l'équipe de France a été reconnu coupable de complicité de tentative de chantage envers Mathieu Valbuena.

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Karime Benzema, le 3 octobre 2021 à Barcelone. (JOSE BRETON / NURPHOTO / AFP)

Le tribunal correctionnel de Versailles a tranché. Le footballeur Karim Benzema a été reconnu coupable de complicité de tentative de chantage envers son ancien coéquipier Mathieu Valbuena et condamné à un an de prison avec sursis et 75 000 euros d'amende, mercredi 24 novembre, soit l'amende maximale encourue. "Karim Benzema s’est personnellement impliqué avec insistance pour tenter de convaincre Mathieu Valbuena de rencontrer son homme de confiance", a affirmé le président du tribunal. 

Lors du réquisitoire, les procureurs avaient rappelé le devoir d'exemplarité de la star française, "porteur d'une image, d'espoir, de notoriété et de valeurs morales". Outre Benzema, quatre autres hommes ont été jugés à Versailles pour cette affaire. Concernant ces derniers, le tribunal a prononcé des peines allant de dix-huit mois d'emprisonnement avec sursis à deux ans et demi de prison ferme.

Benzema va faire appel

Les deux footballeurs étaient absents à l'énoncé du jugement, en raison du calendrier sportif, selon leurs avocats. Karim Benzema a annoncé quelques minutes après le délibéré, faire appel de sa condamnation. Pour son implication dans "l'affaire de la sextape", un chantage à la vidéo intime à l'encontre du footballeur Mathieu Valbuena en 2015, le ministère public avait requis à son encontre 10 mois de prison avec sursis et 75 000 euros d'amende. 

Le jugement est donc plus sévère que les réquisitions du parquet de Versailles. Les avocats se disent sidérés et dénoncent une peine "sévère", "injuste", une "condamnation sans preuve" et "d'affichage" ainsi qu'une "présentation tronquée des faits".

Le tribunal a jugé que le mobile de Karim Benzema n'était pas l'argent que pouvait rapporter l'amende mais son lien indéfectible avec son ami d'enfance Karim Zenati. Le président du tribunal a estimé que, si Karim Benzema n'a pas eu connaissance des manœuvres précises, la teneur de son entretien à Clairefontaine avec la victime démontre qu'il s'est personnellement impliqué avec des subterfuges. Il avait notamment dit à son coéquipier : "Sur la tête de ma fille, il n'y aura pas de copie de la vidéo."

Un enregistrement téléphonique, preuve de son implication selon le parquet

Le président rappelle aussi l'enregistrement téléphonique diffusé au cours de l'audience, il y a un mois, dans lequel on entend Karim Benzema parler avec son ami d'enfance Karim Zenati, également impliqué dans cette affaire. Tous deux se moquent de Mathieu Valbuena, l'insultent, puis Karim Benzema dit : "Il ne nous prend pas au sérieux" – ce "nous" étant considéré comme la preuve de son implication selon le parquet.

Il y a deux semaines, le patron de la Fédération française de football Noël Le Graët a expliqué que l'attaquant de 33 ans "ne serait pas exclu" de la sélection en cas de "sanction judiciaire". Interrogé sur cette question début octobre, le sélectionneur Didier Deschamps était resté évasif, répétant qu'il faisait "des choix sportifs" au moment de convoquer ses joueurs.

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