Cyclisme : la plainte pour harcèlement sexuel de Marion Sicot contre son ancien manager classée sans suite

La cycliste de 30 ans, testée positive à l'EPO en juin 2019 et suspendue quatre ans en mars, avait porté plainte contre son ancien directeur sportif pour harcèlement sexuel, tout en l'accusant de l'avoir poussée à se doper.

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La cycliste française Marion Sicot, lors de la Route France en 2016. (MAXPPP)

Le procureur de la République de Montargis (Loiret), Loïc Abrial, l'a annoncé, vendredi 5 août. La plainte pour harcèlement sexuel de Marion Sicot contre son ancien manager, le Belge Marc Bracke, a été classée sans suite. 

"Il s'agit d'un classement sans suite pour infraction insuffisamment caractérisée. Il n'y a pas d'intention de harcèlement sexuel de la part de Marc Bracke", a-t-il précisé à l'AFP. A l'origine de cette plainte, des photos en sous-vêtements que le manager belge de l'équipe Doltcini-Van Eyck sport demandait à la coureuse pour contrôler son poids. "Il y a pu avoir une incompréhension en lien avec une maîtrise limitée de l'anglais [de la part de Marc Bracke]", a précisé le magistrat. 

La plainte est liée à une affaire de dopage. Contrôlée positive à l'EPO le 27 juin 2019, Marion Sicot avait clamé son innocence huit mois durant. Toutefois, le 8 mars 2020, dans "Stade 2", l'Orléanaise a reconnu s'être injecté de l'EPO trois jours avant une course, assurant vouloir réaliser une performance qui lui permettrait de regagner la confiance de son manager. Elle a affirmé avoir été mise à l'écart de son équipe au printemps 2019 après avoir arrêté d'envoyer à Marc Bracke des photos d'elle en sous-vêtements. Elle a détaillé sa version des faits dans un livre intitulé Harcelée, dopée mais de retour !.

Suspendue deux ans, puis quatre

En janvier 2021, la coureuse française a été suspendue deux ans par la commission des sanctions de l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD). Cette commission indépendante a retenu le harcèlement sexuel pour alléger la suspension. De son côté, la commission de discipline de l'Union cycliste internationale (UCI) a pris la décision, en juin 2021, de suspendre pour trois ans l'ancien manager pour des faits de harcèlement sexuel, sans l'avoir entendu.

La coureuse souhaitait reprendre la compétition en 2022, comme elle l'a raconté à franceinfo: sport en mars 2021. Mais en mars 2022, après un appel formulé par l'AFLD, le Conseil d'Etat jugeait qu'il n'y avait pas de circonstance atténuante, et décidait de porter la suspension de la cycliste à quatre ans. Marion Sicot devra ainsi attendre mars 2024 pour reprendre le guidon.

La sportive de 30 ans va de nouveau faire face à la justice, mais cette fois en tant qu'accusée. Le manager belge a en effet porté plainte contre elle pour diffamation. L'audience est prévue le 14 septembre devant le tribunal judiciaire de Montargis.

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